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ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 9 & VENDREDI 10 AVRIL 2026

la nécessité de réduire les inégalités et de favoriser une meilleure diffusion de la crois- sance au sein de la société. Cette dimension sociale est aujourd’hui au cœur des poli- tiques publiques marocaines, notamment à travers la géné- ralisation de la protection sociale. Ce chantier majeur, lancé ces dernières années, vise à étendre la couverture médicale et les mécanismes de protection aux catégories les plus vulnérables. Il s’inscrit dans une logique d’inclusivité économique, essentielle pour garantir la stabilité sociale et accompagner la transforma- tion du modèle de dévelop- pement. Une trajectoire ambitieuse confrontée à ses propres limites Si la convergence entre les recommandations du FMI et les politiques publiques maro- caines est indéniable, elle ne doit pas occulter les défis per- sistants. Le marché du travail reste sous tension, avec un taux de chômage qui, bien qu’en légère baisse selon les projections, demeure élevé, en particulier chez les jeunes diplômés. Cette situation révèle un décalage entre la dynamique de croissance et la capacité de l’économie à créer des emplois en nombre suffisant. Par ailleurs, la structure même de la croissance pose ques- tion. Tant que celle-ci restera dépendante de facteurs exo- gènes tels que la pluviométrie ou des événements excep- tionnels comme la Coupe du monde, elle peinera à s’ins- crire dans une trajectoire plei- nement structurelle. L’enjeu pour le Maroc est donc clair.

Transformer cette croissance en un moteur durable, fondé sur la productivité, l’innova- tion et la montée en gamme industrielle. Dans ce contexte, le position- nement stratégique du Maroc comme hub régional consti- tue une opportunité majeure. À la croisée de l’Europe, de l’Afrique et de l’espace atlan- tique, le Royaume dispose d’atouts uniques pour attirer les investissements et déve- lopper des chaînes de valeur intégrées. Les succès enre- gistrés dans les secteurs de l’automobile et de l’aéronau- tique en sont la preuve. De même, l’essor de Casablanca Finance City illustre l’ambi- tion du Maroc de devenir une plateforme financière de réfé- rence sur le continent africain. Mais pour concrétiser plei- nement cette ambition, des réformes supplémen- taires seront nécessaires. L’intégration de l’économie informelle, la facilitation de l’accès des TPME aux marchés publics, ainsi que la poursuite des efforts de simplification administrative apparaissent comme des leviers essentiels. Il ne s’agit plus seulement de consolider les acquis, mais de lever les contraintes structu- relles qui freinent encore le potentiel de l’économie. Au final, le diagnostic du FMI ne doit pas être inter- prété comme un simple exer- cice technique. Il constitue un miroir stratégique. Il valide les choix opérés, rassure les investisseurs et conforte le positionnement du Maroc sur la scène régionale. Mais il rap- pelle également, avec lucidité, que la prochaine étape sera décisive. Celle d’un passage d’une croissance portée par des dynamiques sectorielles à une croissance structu- relle, inclusive et durable. Une transformation qui détermi- nera, dans les années à venir, la capacité du Royaume à s’imposer comme une véri- table puissance économique régionale. ◆

 Le Maroc consolide sa trajectoire économique tout en faisant face à des défis majeurs pour une transformation durable et inclusive.

volonté de repositionner l’en- treprise au cœur du modèle de croissance. L’objectif est clair. Attirer davantage d’investisse- ments, nationaux et étrangers, tout en favorisant l’émergence d’un tissu entrepreneurial plus dynamique et plus innovant. Le FMI met également en avant la nécessité de moderniser l’administration et de réduire les lourdeurs bureaucratiques qui freinent l’activité écono- mique. Cette recommandation fait écho aux efforts enga- gés par le Maroc en matière de digitalisation des ser- vices publics. La simplifica- tion des procédures adminis- tratives, la dématérialisation des démarches et l’améliora- tion de l’environnement des affaires constituent des chan- tiers prioritaires, inscrits dans une logique de transformation de l’État vers un modèle plus agile et plus efficace. Sur le plan budgétaire, l’insti- tution internationale souligne l’importance de maintenir une discipline rigoureuse afin de

préserver la soutenabilité de la dette publique. Les projec- tions du FMI, qui anticipent un ratio d’endettement autour de 60% du PIB à l’horizon 2030, reposent sur l’hypothèse de politiques budgétaires pru- dentes. Là encore, les orien- tations nationales convergent. La réforme progressive du sys- tème de compensation, visant à rationaliser les dépenses publiques et à cibler plus effi- cacement les aides sociales, s’inscrit dans cette logique de consolidation budgétaire. Elle traduit un choix straté- gique : passer d’un modèle de subventions généralisées à un système plus ciblé, plus équitable et plus soutenable. Le FMI insiste par ailleurs sur

• Croissance projetée à 4,4% en 2026, tirée par l’agriculture, le tourisme et le BTP; • Inflation maîtrisée autour de 2% malgré les tensions énergétiques; • Maintien de l’éligibilité à la Ligne de crédit modulable, gage de crédibilité internationale; • Baisse progressive du chômage, mais niveau encore élevé; • Appel à accélérer les réformes structurelles : capital humain, secteur privé, administration. À retenir du rapport du FMI

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