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ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 9 & VENDREDI 10 AVRIL 2026

qui évalue les performances dans plusieurs domaines afin de les ériger en normes internationales. Cet outil mobilise des modèles de machine learning (apprentissage automatique), reposant sur l’intel- ligence artificielle et l’exploitation massive de données. Autrement dit, il confère aux systèmes auto- matisés une capacité d’analyse et d’orientation dans des sec- teurs aussi sensibles que la santé. Le risque d’une telle approche réside dans la confusion entre technologie et logique capitaliste, qui tend à réduire chaque réa- lité à un simple objet de calcul et de rentabilité, au détriment des spécificités locales. Ce type de modèle s’est largement diffusé après la pandémie de Covid-19. Dans un essai paru en 2021, j’ai évoqué le rôle problématique de l’OMS durant cette période ainsi que la menace d’une approche déshumanisée de la santé qui sacrifie le soin au profit du pro- grès technologique et la renta- bilité des grands groupes phar- maceutiques. Ignorer une telle réalité ouvrirait la voie à l’entrée de grands groupes financiers internationaux dans le capital du système de santé, comme on l’observe déjà aux États-Unis. Ce qui va acter la fin du soin et le règne des algorithmes sur la santé individuelle. F. N. H. : Le ministre de la Santé, Amine Tahraoui, a affirmé que l’ouverture du capital des officines à des non-professionnels «n’est pas à l’ordre du jour». Comment percevez-vous l’encadrement et la protec- tion du métier par les auto- rités sanitaires face à ces évolutions potentielles ? Dr A. B. : Le pharmacien d’offi- cine n’est pas reconnu à sa juste valeur au Maroc. Ce métier a besoin d’être soutenu et mieux encadré pour améliorer les condi- tions d’exercice des pharmaciens et leur rapport avec les patients. Il faut souligner que certains textes de loi obsolètes datent du début du siècle dernier et entraînent une absence de sécurisation dans la dispensation de certains médi-

du droit de substitution, réclamé par les pharmaciens depuis des années. Il est donc paradoxal d’écarter d’un revers de main une proposition qui reviendra tôt ou tard sur le tapis. La logique glo- bale de telles décisions implique que le problème est loin d’être exclusivement marocain. En ce moment, les pharmacies alle- mandes demandent une revalo- risation de leur modèle de rému-

Entre risques de financiarisation et fragilisation du maillage territorial, la profession s’inquiète d’une réforme jugée incompatible avec les réalités de la santé publique au Maroc.

caments, en exposant le phar- macien à des risques graves et inutiles. En ce sens, repenser le modèle de la pharmacie est loin d’être une mauvaise chose. On ne peut que saluer la proposition

d’introduire un mode de rému- nération mixte, comme c’est le cas en France par exemple, avec valorisation de l’acte pharmaceu- tique et honoraires de dispensa- tion, ainsi que la mise en place

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