FNH N° 1143

10

JEUDI 7 MARS 2024 / FINANCES NEWS HEBDO

BOURSE & FINANCES

Réglementation bancaire

«A travers le SREP, BAM s'assure de la capacité de chacune des banques supervisées à s'autogérer»

Omar Chraibi, Senior manager chez PricewaterhouseCoopers (PwC) au Maroc, nous explique les enjeux du SREP pour le paysage bancaire marocain. Entretien.

Propos recueillis par A. Hlimi

régulateur national a décidé d'importer cette réglementa- tion au Maroc. Le SREP est non seulement le moyen pour notre régulateur de comparer les banques marocaines entre elles, mais aussi un outil qui lui permet d'adapter ses exi- gences en coussins de fonds propres et de liquidité en fonc- tion du profil de risque interne de chaque banque. D'autre part, le SREP se veut exhaustif dans sa couverture des activités de la banque. Cela comprend l'évaluation de son business model, de sa gouvernance, des risques pesant sur ses fonds propres et enfin des risques pesant sur la liquidité. Cette évaluation don- nera lieu à une note allant de 1 (pour la meilleure) à 4 (pour la moins bonne). Chaque note donnant à son tour lieu à une réponse proportionnée de BAM en termes de constitution de davantage de coussin de fonds propres, de coussins de liqui- dité ou même, dans les cas les plus extrêmes, conduire à des mesures de mise sous tutelle. Du point de vue des banques, le SREP peut être perçu comme une contrainte réglementaire de plus, mais cela deviendra la pierre angulaire du processus

de supervision. Mais nous pen- sons, au sein de PwC, qu'au contraire, cela devrait être l'oc- casion de revoir et optimiser son dispositif de gestion des risque au sens large, de car- tographier, formaliser et docu- menter les différentes activi- tés de la banque, d'impliquer encore plus la gouvernance et le Conseil d'administration dans les processus de revue et de prise de décision. Et enfin, l'occasion de lancer des chan- tiers structurants qui, en plus de rassurer le régulateur, per- mettront d'améliorer la gestion opérationnelle et quotidienne des établissements. Pourquoi la Banque centrale sou- haite-t-elle implémenter cette norme ? F.N.H. : O. Ch. : La réponse à cette question peut être vue sous deux prismes, un natio- nal et un international. Tout d'abord, intrinsèquement, Bank Al-Maghrib est le garant de «la bonne santé économique» de notre pays. Cela se traduit à la fois par une inflation maîtrisée, mais aussi par la robustesse des engrenages de cette éco- nomie qui sont les banques. A travers cette norme qu'est le

SREP, le régulateur s'assure de la capacité de chacune des banques supervisées à s'auto- gérer et à se projeter correcte- ment via son plan d'affaires ou, dans le cas contraire, s'assure de la capacité des banques à couvrir leurs risques en les quantifiant plus finement et en mettant suffisamment de fonds propres en face. Le second volet de cette réponse est le prisme inter- national, qui se traduit par le rôle important du Maroc au sein d'une économie africaine et mondiale en croissance. Les récentes assemblées annuelles du FMI tenues à Marrakech traduisent cette forte ambition de notre pays à faire partie des acteurs mondiaux de l'éco- nomie. Cela ne peut pas se

Finances News Hebdo : Comment définir le SREP ? Omar Chraibi : Le SREP est une réglementation pour l'amé- lioration de la gestion des risques et la pérennisation des établissements financiers, qui est déjà appliquée en Europe depuis plusieurs années. Notre

Du point de vue des banques, le SREP peut être perçu comme une contrainte réglementaire de plus, mais cela

deviendra la pierre angulaire du processus de supervision.

www.fnh.ma

Made with FlippingBook flipbook maker