20
JEUDI 7 MARS 2024 / FINANCES NEWS HEBDO
BOURSE & FINANCES
la collecte des dépôts, de l’extension du champ d’inter- vention, que de l’exportation du capital particulièrement en Afrique. Le système bancaire se trouve en bonne position au sein du Maghreb et dans le continent africain tant par la taille du capital engagé que par la densité du réseau ban- caire. S’agissant du capital engagé, le rapport c bancaire (Actif total) / PIB pour le Maroc est le plus élevé au niveau des pays du Maghreb. Il s’élève en 2020 à 138% contre 82% dans le cas de l’Algérie et 129% pour la Tunisie. Ce ratio ne fait qu’augmen- ter avec le temps; la crois- sance du capital bancaire est supérieure à celle du PIB. Dans le cas de la France, pays développé à degré de développement de la sphère bancaire élevé, le ratio s’est établi la même année à 423%. La position du Maroc sur la base du crédit intérieur four- ni au secteur privé par les banques en pourcentage du PIB, est assez bonne. Le ratio concerné s’élève à 70% contre 62,4% pour l’Afrique du Sud, 27,1% pour l’Egypte, 29,7% pour l’Algérie, 70,2% pour le Brésil, 54,8% pour l’Inde, 69,2% pour la Tunisie, 57% pour l’Afrique du Nord et Moyen-Orient, 54,7% pour le monde arabe, 45,6% pour les pays à revenu intermédiaire tranche inférieure. Les trois premières banques marocaines (AWB, BCP et BOA) qui ont exporté leur capital à différents pays du monde et plus particulière- ment en Afrique, s’imposent de plus en plus dans ce continent comme de grands groupes financiers et comme de grands acteurs écono-
miques. En 2020, le clas- sement Jeune Afrique des 200 premières banques en Afrique indique que AWB est à la 7 ème position, la BCP et BOA ont occupé respective- ment le 9 ème et le 12 ème rang du classement. En tête du classement se trouvent posi- tionnées trois banques de l’Afrique du Sud. Les crédits à la clientèle ont certes connu un développe- ment important, mais une bonne proportion du tissu productif national est ou sous financée ou exclue du finan- cement. Bien que différentes mesures aient été prises par l’Etat pour encourager le financement des TPME, la réalité sur le terrain montre qu’une grande proportion de ces dernières ne bénéficient pas de financement bancaire ou n’en bénéficient que très peu. Le coût du financement bancaire demeure encore relativement élevé. Malgré les progrès réalisés sur différents plans par le système bancaire, le Maroc enregistre un grand retard en matière d’inclusion financière. Le marché bancaire est carac- térisé par une concentration de plus en plus élevée, et ce au niveau du capital engagé, des crédits et des dépôts. C’est un oligopole asymé- trique en ce sens que très peu de banques concentrent l’essentiel du capital et de l’activité bancaire. La concen- tration des crédits sur un petit nombre de gros débi- teurs n’est pas sans inquiéter les régulateurs sur le plan de la stabilité financière. La concentration géographique caractérise aussi le système bancaire national. Tout en supervisant régulière- ment l’activité des banques, la Banque centrale apporte un soutien régulier et consi- dérable à ces dernières. Nous considérons que Bank Al-Maghrib peut de loin faire mieux sur différents plans,
dont la supervision bancaire (ex : améliorer la surveillance des expositions bancaires sur les gros débiteurs, un suivi régulier et minutieux des expo- sitions des banques à l’étran- ger, notamment en Afrique), le financement (mécanismes pour pousser les banques à améliorer le financement en direction des TPME, coût du financement…). F.N.H. : Quels sont les services de la banque dans lesquels notre pays a réalisé de nettes avancées. Et à contra- rio, quels sont ceux où il y a encore du chemin à parcourir ? L. E. A. : Au niveau de l’activi- té d’intermédiation classique (crédits, dépôts), le système bancaire marocain a réalisé d’importantes avancées : l’offre de produits est de plus en plus diversifiée, plus parti- culièrement pour les crédits :
différentes formules pour les crédits à l’investissement et de même pour les crédits d’exploitation ou de fonc- tionnement. Le financement des opérations à l’étranger a connu au cours des 30 der- nières années une expansion importante. S’agissant des opérations dites de marché (émission de titres, achats et ventes de titres …), leur part dans le bilan des banques pèse de plus en plus. Concernant les opérations hors-bilan (enga- gements de financement et engagements de garanties, reçus et donnés), les produits adéquats à destination des petites et microentreprises et les produits participatifs (des banques participatives), il y a encore du chemin à parcourir. F.N.H. : Malgré la suc- cession des crises (pandémie, guerre en Ukraine, sécheresse…),
Le marché bancaire est caractérisé par une concentration de plus en plus élevée, et ce au niveau du capital engagé, des crédits et des dépôts.
www.fnh.ma
Made with FlippingBook flipbook maker