FNH N° 1143

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FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 7 MARS 2024

BOURSE & FINANCES

tabilité ont été évoquées au niveau de la question précé- dente. F.N.H. : A l’instar de plu- sieurs secteurs, le sys- tème bancaire maro- cain capitalise sur le digital pour son déve- loppement. Comment jugez-vous cette tran- sition ? L. E. A. : Oui, le système ban- caire marocain s’est lancé, depuis plusieurs années déjà, dans le digital, pour se déve- lopper. L’introduction des nouvelles technologies s’est imposée pour deux objec- tifs : 1- gagner en efficience et en productivité; 2- réduire les coûts, et plus particuliè- rement le coût de la force de travail. Gagner des points sur ces deux objectifs permettrait à la banque non seulement d’améliorer sa rentabilité, mais aussi d’être compétitive et créer un avantage concur- rentiel l’autorisant à mieux se positionner sur le marché. Nous rentrons dans un para- digme de production nou- veau dont l’une des grandes conséquences est la réduc- tion de l’emploi bancaire, une question qui a été abordée dans notre ouvrage. F.N.H. : Quel est votre avis sur l’expérience des banques participa- tives au Maroc ? L. E. A. : Il faut rappeler

que les banques participa- tives sont de création récente (2017). De plus, il a fallu du temps pour compléter le dispositif réglementaire les concernant (dont la question des garanties). Si l’actif et l’activité des banques participatives connaissent une croissance régulière, elles ne repré- sentent en 2022 qu’une très faible proportion de l’actif et de l’activité de l’ensemble des banques. En effet, au cours de cette année (2022), l’actif total des banques parti- cipatives était de 27 milliards DH contre 1.680 milliards DH pour l’ensemble des banques, soit une part de 1,6%. Leur encours des crédits à la clien- tèle s’était élevé à 23,55 mil- liards DH contre un encours de 913,54 milliards DH pour l’ensemble des banques, ce qui correspond à une propor- tion de 2,57%. Plusieurs contraintes pèsent sur leur croissance, dont notamment :1- la faiblesse de leur capital (en 2022, leur capital social était de 3,93 milliards DH sur un total passif de 27 milliards DH; 2- l’offre limitée des produits; 3- les dépôts sont très faibles en comparaison avec l’encours du financement. Pour 2022, alors que les crédits à la clien- tèle avaient atteint un niveau de 23,55 milliards DH, les dépôts de la clientèle n’étaient que de 7,5 milliards DH. ◆

le secteur bancaire marocain a montré une certaine résilience. Quelle est votre expli- cation ? L. E. A. : Oui, malgré la suc- cession des crises que vous évoquez, le secteur bancaire a montré qu’il est résilient. J’ajoute que les banques font de bons profits même en période de croissance atone. Cela s’explique tout simple- ment par une série de fac- teurs dont l’augmentation de l’activité, les niveaux impor- tants des marges d’intérêts (intérêts débiteurs – intérêts créditeurs), étant précisé que l’essentiel des ressources des banques est constitué des ressources gratuites (dépôts non rémunérés), la diversité des commissions bancaires dont la liste s’allonge réguliè- rement, le refinancement pra- tiquement automatique et à très bon marché auprès de la Banque centrale.

F.N.H. : Comment expli- quez-vous les niveaux de rentabilité du secteur qui n'ont jamais été atteints auparavant ? L. E. A. : Au cours des deux dernières décennies, à l’exception de l’année 2020 (Covid 19), les niveaux de ren- tabilité du secteur permettent aux banques de se reproduire confortablement et d’étendre leurs activités. En fait, aupara- vant, elles réalisaient souvent des taux de rentabilité aussi sinon plus importants. Dans cet ouvrage, d’impor- tants détails ont été consa- crés à cette question de la rentabilité des banques. Les raisons à l’origine des niveaux atteints en matière de ren-

Le financement des opérations à l’étranger a connu au cours des 30 dernières années une expansion importante.

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