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JEUDI 7 MARS 2024 / FINANCES NEWS HEBDO
ECONOMIE
Commerce
Pourquoi de plus en plus de franchises baissent le rideau La succession des crises a mis à mal la trésorerie de plusieurs franchises au Maroc qui ont été contraintes de mettre la clé sous la porte. La Fédération marocaine de la franchise plaide, entre autres, pour la révision de la taxe professionnelle afin de garantir une «concurrence loyale». Par M. Ait Ouaanna U
ne petite virée dans les centres commerciaux ou au niveau des principaux boulevards de Casablanca ou Rabat suf- fit pour constater que bon nombre de boutiques ont mis la clé sous le paillasson. H&M, Charles & Keith, New Yorker, Terranova ou encore Accessories, sont quelques- unes des franchises interna- tionales qui ont décidé du jour au lendemain de quitter définitivement le Royaume. Selon les données dispo- nibles, le secteur de la fran- chise au Maroc est représenté par plus de 500 enseignes et plus de 3.000 points de vente, opérant notamment dans l’habillement et le textile, la restauration, la beauté et les services. Le chiffre d’affaires du secteur est, quant à lui, estimé à plus de 20 milliards de dirhams. Depuis l’implémentation des toutes premières fran-
chises étrangères au Maroc, celles-ci ont réussi à sus- citer un fort enthousiasme auprès des consommateurs. Progressivement, cet engoue- ment s’est accru, incitant ainsi plusieurs marques internatio- nales à étendre leur réseau de franchises sur le sol maro- cain. Sauf que ces dernières années, cette tendance s’est inversée : le secteur semble perdre de plus en plus de ses couleurs. D’après Mohamed Elfane, président de la Fédération marocaine de la franchise (FMF), les crises en cascade ont mis en péril la pérennité des franchises. « Les facteurs ayant conduit à la fermeture de certaines franchises et de pas mal de commerces en général, opérant notamment dans le secteur du prêt-à- porter, de la restauration ou des accessoires, remontent à 2019. C’est à partir de cette
année que les crises se sont succédé les unes après les autres, particulièrement celle provoquée par la pandémie», explique-t-il.
séisme d’Al Haouz ainsi que la guerre à Gaza. Ces multiples crises ont rendu la survie de certains commerçants et fran- chises extrêmement difficile» , déplore-t-il. En plus de ces crises impac- tant directement la trésorerie des entreprises, la baisse du pouvoir d’achat des ménages a considérablement réduit la fréquentation des centres commerciaux, ce qui n’est pas sans conséquence sur la rentabilité des franchises. Comme nous le confirme le président de la FMF, l'obten- tion d'une marge dans de telles conditions relève du parcours du combattant. «Ce qui tue l'entreprise, c'est la trésorerie. En analysant la situation en profondeur et en prenant en considération le business model, le prix de location ou encore les diffé- rentes taxes que paient les commerçants et les fran-
Une reprise semée d'embûches
Relevant que le Covid-19 a porté un coup dur aux fran- chises et aux commerçants indépendants, Elfane précise que, sauf de rares exceptions, ces activités n’ont pas été soutenues, ce qui a conduit à l'aggravation de leur situation financière. «Suite à la pandémie, les entreprises ont été lourdement endettées, surtout que leur activité n’a réellement repris qu’en 2022 à Casablanca et jusqu’à la fin de cette même année pour les autres villes. Outre le Covid-19, la trésore- rie de ces entreprises a forte- ment été impactée par l’infla- tion, la guerre en Ukraine, le
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