FNH N° 1143

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FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 7 MARS 2024

ECONOMIE

Mohamed Elfane souligne l’importance de miser sur le volet «promotion» , notam- ment à travers la mise en place d’un salon dédié à la franchise, en marge duquel les participants pourront débattre des différentes pro- blématiques qui se posent. Notre interlocuteur a égale- ment appelé à la création de «champions nationaux» . « Aujourd’hui, pas mal de marques ont du mal à per- cer, certaines d’entre elles sont inconnues alors qu’elles existent depuis des dizaines d’années. Il est donc néces- saire d’accompagner ces entreprises, de les renfor- cer et de les encourager», insiste-t-il. En outre, le pré- sident de la FMF note qu’il est indispensable d’effectuer une étude autour du modèle économique de la franchise en vue d’identifier les points à traiter pour permettre à cette entreprise d’être rentable. «Un investisseur cherche entre 12 à 25% de rentabi- lité, il faut donc trouver les moyens pour lui permettre d’atteindre son objectif», note-t-il. In fine, Mohamed Elfane plaide également pour la révision de la taxe pro- fessionnelle afin de «garan- tir une concurrence loyale» et souligne la nécessité de revoir le processus douanier, de combattre la contrefa- çon ainsi que l’informel et de remédier à la problématique des friperies. ◆

franchises ne représentent pas la production locale, mais elles sont gérées par des sociétés marocaines. Il est donc tout à fait normal de taxer un produit non maro- cain, mais il faut d’abord avoir son substitut», suggère-t-il. Dans le même ordre d’idées, le président de la FMF explique que la promotion du Made in Morocco ne consti- tue aucunement une menace à l’existence des franchises au Maroc. «Cette tendance se confirme à l’étranger où la pré- sence de plusieurs marques locales et de nombreuses marques internationales ne nuit pas à l’essor des unes ou des autres. Le Made in Morocco doit donc venir com- bler un vide qui existe actuel- lement. Quand on a deux offres, une locale et une autre internationale, le consomma- teur a plus de choix. Cela va par conséquent permettre au Made in Morocco de se challenger et d’être même meilleur. Si le produit maro- cain est conforme et répond à certaines normes, il réussira sans nul doute à séduire les consommateurs» , précise-t-il.

 Covid-19, guerre en Ukraine, séisme d’Al Haouz, guerre à Gaza…, les crises provoquées par ces événements ont mis en péril la pérennité des franchises.

chises en réseau structuré, il est très difficile de réaliser une marge bénéficiaire. Une marge pour survivre, oui pos- sible, mais pas une marge qui va permettre à l’entreprise de se développer et de liquider ses dettes» , insiste-t-il.

notamment sur le plan fiscal. Au Maroc, le modèle fiscal change pratiquement chaque année, ce qui porte atteinte au développement de l’entre- prise. Cela dissuade même les investisseurs internatio- naux, qui se sentent hésitants à venir engager des capi- taux dans le marché maro- cain. Par exemple, en 2019, la taxe douanière se situait à 25% et, soudainement, ce taux s’est élevé de 15% pour atteindre 40% en 2021, ce qui est énorme et excessif» , s’insurge-t-il. Affirmant qu’il est légitime de taxer un produit étranger, Mohamed Elfane souligne la nécessité d’avoir d’abord un substitut local. «En tant que fédération, la promotion du Made in Morocco fait partie de nos priorités et en même temps, nous portons la voix des investisseurs qui choi- sissent le Maroc. Certes, les

Des taxes douanières «excessives»

Par ailleurs, Mohamed Elfane fait remarquer que l'introduc- tion régulière de modifica- tions au régime fiscal maro- cain crée une incertitude qui freine les investisseurs inter- nationaux dans leur volonté d’investir dans le pays. «La situation actuelle est le reflet d’une conjoncture mon- diale, pas uniquement natio- nale. Ce contexte n’est pas spécifique au Maroc, certes, mais ailleurs, les franchises ont au moins été soutenues et ont bénéficié d’un cer- tain nombre d’avantages,

De nombreux maux à soigner…

Pour favoriser le développe- ment de ce secteur au Maroc,

En 2019, la taxe douanière se situait à 25%, avant de passer soudainement à 40% en 2021.

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