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FINANCES NEWS HEBDO
JEUDI 7 MARS 2024
FOCUS 8 MARS
«Nous avons aujourd’hui au Maroc des profils de haut niveau de femmes dirigeantes» Gouvernance
F.N.H. : Comment se pré- parent les émetteurs APE à cet exercice d’entrée en vigueur des seuils imposés par la loi ? S. E. Q. : Il y a certains émet- teurs qui ont pris les devants en modernisant leurs instances et en forçant la représentativité des femmes, notamment dans le sec- teur financier. Et il y en a d’autres qui ont déjà anticipé ce sujet en réorganisant leurs conseils par le changement de mandats d’admi- nistrateurs personnes physiques et aussi les représentants des per- sonnes morales qui sont pris en compte. L’impact concerne essentielle- ment les émetteurs où il n’y a pas ou peu de femmes, que ce soit au niveau des conseils ou du top management. Ils vont être ainsi amenés à les recruter et à les for- mer dans un délai de 3 à 6 mois ! Ce sujet de représentation des femmes est un sujet d’actualité qui est débattu actuellement au sein des conseils. Les administrateurs sont conscients de l’importance de se conformer à cette nouvelle obligation, d’autant plus qu’il est assorti de sanctions dissuasives au niveau de la loi (non versement des jetons de présence et nullité des nominations n’ayant pas pour objectif de régulariser la situation). F.N.H. : Y a-t-il suffisamment de candidates femmes pour combler ce besoin en admi- nistratrices ? Comment faire leur promotion ? S. E. Q. : Les profils et les com- pétences existent (club CFA, lauréats CAS IMA-UIR, experts- comptables…). Nous avons
Sara El Quatli, directrice de mission chez OFinance, nous parle des conclu- sion du dernier focus «Gouvernance au féminin»
réalisé par le cabinet à l’occasion du 8 mars.
Propos recueillis par A. Hlimi
Finances News Hebdo : Quel état des lieux faites-vous aujourd’hui de la représen- tativité des femmes au sein des organes de gouver- nance au Maroc ? Sara El Quatli : A l’heure où les enjeux de RSE et de déve- loppement durable s’inscrivent de plus en plus dans les agendas des conseils et suscitent l’intérêt des parties prenantes, la question de la représentativité des femmes au sein des Conseils d’administration devient un sujet d’actualité. En effet, en juillet 2021, le Maroc a fait un progrès important en faveur de la représentativité des femmes dans les instances de gouvernance des sociétés anonymes faisant
appel public à l’épargne à travers l’entrée en vigueur de la loi 19.20. A l’horizon 2024, la proportion des membres des Conseils d’adminis- tration de chaque sexe ne pourra être inférieure à 30%. Dans une approche graduelle, elle devra atteindre 40% à partir de janvier 2027. Ainsi, la composition des comi- tés constitués au sein du Conseil d’administration, notamment ceux prévus par la loi (Comité d’au- dit, Comité des investissements, Comité des traitements et rému- nérations…) devra aussi compor- ter, dès janvier 2024, au moins un représentant de chaque sexe. C’est dans ce contexte que nous avons décidé de consacrer notre
dernier focus «Gouvernance au féminin» à ce sujet et qui fait res- sortir quelques ratios révélateurs : • Une part de femmes administra- trices de 22% avec un nombre de mandats de 178 sur un total de 659 mandats. • 8% des sièges de présidences de Conseil d’administration occupés par des femmes. • 50 mandats d’administrateurs indépendants sont détenus par des femmes, représentant un taux de 36% du total des mandats indé- pendants au sens de la loi sur les SA. Ces chiffres restent inférieurs par rapport au minimum de 30% prévu par la loi et qui sont en vigueur à partir de janvier 2024.
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