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FINANCES NEWS HEBDO
JEUDI 7 MARS 2024
FOCUS 8 MARS
que l’homme. Il s’agit d’un être humain qui assume et assure, et qui fait de son mieux pour concilier entre ses missions en tant que cheffe de foyer et ses engagements professionnels» , a-t-elle souligné. De même bord, Rajaâ Cherkaoui El Moursli, pro- fesseur, docteur en phy- sique nucléaire à l’Univer- sité Mohammed V de Rabat et membre de l’Académie Hassan II des sciences et techniques, a relevé que les normes de travail sont sou- vent conçues selon une pers- pective masculine, laissant les femmes confrontées à des défis supplémentaires. « Dans le milieu profession- nel, la façon de travailler est faite par l’homme pour l’homme, rien n’est fait pour la femme. En revanche, il ne faut pas croire que les hommes sont contre nous, c’est à la femme de se battre pour faire sa place. Mais en même temps, les entreprises doivent prendre en considération le fait que la femme a un foyer à gérer et qu’il faut lui créer les conditions nécessaires pour qu’elle puisse jongler effica- cement entre ses responsabi- lités familiales et sa carrière», estime la scientifique. S’agissant de l’égalité des sexes et du respect de la pari- té au sein des entreprises, Fatima Ouriaghli a affirmé que cela dépend largement du top management de l’entité, notant que si le comité diri- geant est en faveur de cette vision, celle-ci sera sans nul doute intégrée à tous les niveaux de l’organisation. «L’égalité de genre au sein d’une entreprise est étroite- ment liée au top management. Ainsi, les responsables des ressources humaines au sein de l'entreprise doivent avoir cette capacité à accorder les mêmes opportunités aux deux sexes, à leur faciliter la mis- sion et à les promouvoir en
Lors d’une table-ronde
organisée par le groupe Horizon Press, les intervenantes ont souligné la nécessité de batailler pour des conditions de travail plus adaptées aux femmes.
Parité dans le milieu professionnel
L’urgence de changer de paradigme
ors de son introduction en 2004, la Moudawana a été perçue comme une véritable révolution pour les droits des femmes au Maroc. Mais avec l’évolution de l’environ- nement socioéconomique, certaines dispositions de ce texte juridique se sont avérées «dépassées». Actuellement en cours, la réforme du Code de la famille promet d’apporter une bouffée d’air frais à la question de l’émancipation des femmes au Maroc. En plus des modifications liées au côté législatif, un change- ment des mentalités demeure indispensable pour parvenir à En quête de parité et d’égalité hommes-femmes dans le milieu du travail, le Maroc se heurte à des obstacles persistants. Par M. Ait Ouaanna L assurer la parité au sein du milieu professionnel. C’est le constat fait, mardi 5 mars, par les différentes intervenantes d’une table-ronde organisée par le groupe Horizon Press sous le thème : «Femmes en entreprise : le défi de l’égalité des chances». En dépit des efforts déployés par les différents acteurs privés et publics, le Maroc demeure à la traîne en matière d’égalité des genres. Selon un rapport publié en juin der- nier par le Forum économique mondial, le Royaume se classe à la 136 ème place sur un total de 146 pays indexés, avec un score de 0,621. Derrière ce retard sur la pari- té hommes-femmes, figurent des normes culturelles et des schémas éducatifs qui per- pétuent une vision différen- ciée de la femme par rapport à l’homme. C’est le constat dressé par Fatima Ouriaghli, vice-présidente du Conseil national de la presse (CNP). «Le regard porté sur les femmes est souvent teinté du stéréotype qui les cantonne aux engagements familiaux, ce qui entraîne parfois une réticence à leur confier cer- taines missions. Or, la femme n’est pas moins intelligente
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