FNH N° 1143

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FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 7 MARS 2024

ÇA SE PASSE EN AFRIQUE

Kenya

Egypte

Le soutien financier à la Côte d'Ivoire a quintuplé en huit ans BAD

Les dépenses du gouvernement provoquent l'ire de la population

L’accord sur le développement de Ras Al-Hikma allégera les

pressions sur les liquidités

R ideaux dispendieux, garden-parties somptueuses, budget conséquent pour l'achat de voitures : les membres du gouvernement kényan, tout en cherchant tous azimuts des économies et en augmentant les impôts, se sont lancés dans une frénésie de dépenses, jugées ostentatoires par la popu- lation. Un rapport publié le mois dernier par l'audi- teur en charge des deniers publics a épinglé le bureau du vice-président qui a dépensé quelque 10,2 millions de shillings (environ 65.000 euros) pour des rideaux, et près de 46.000 euros pour des meubles. Ces dépenses étaient «en violation de la loi», selon l'auditeur, car contraires aux règles de marchés publics. Ces révélations ont provoqué l'ire dans le pays d'Afrique de l'Est, en proie à des difficultés économiques et confronté à de nombreuses hausses d'impôts depuis l'élec- tion du président William Ruto en août 2022. ■ «Le Zimbabwe a besoin d'une réforme monétaire pour assurer la stabilité macroéconomique» Banque mondiale L e gouvernement zimbabwéen doit mettre en place une réforme monétaire en adoptant un taux de change flot- tant et en régularisant le rôle de la Banque centrale, afin de retrouver le chemin de la stabilité macroéconomique, a indiqué la Banque mondiale (BM). «Ce pays d'Afrique australe a un accès limité au financement extérieur et est confronté à une faible col- lecte d'impôts, à une dépréciation rapide du taux de change et à une inflation élevée», a souligné la banque dans un nouveau rapport sur l’économie zimbabwéenne. Elle a précisé que la libéralisation du mar- ché des changes, l'adoption d'exigences de cession de devises et la réforme des opé- rations quasi-budgétaires de la Banque de réserve du Zimbabwe sont les mesures les plus urgentes pour établir l'équilibre macro- économique. ■

L a Banque africaine de développement (BAD), qui siège en Côte d'Ivoire, a vu son appui financier à ce pays quintupler en huit ans, a annoncé le président de l'institution, Akinwumi Adesina. «Notre soutien à notre pays hôte, la Côte d'Ivoire, a augmenté de plus de cinq fois depuis 2015, année où j'ai été élu président, passant de 460 mil- lions de dollars en 2015 à 3,1 milliards de dollars en 2023», a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec les ambassadeurs des pays membres à Abidjan. En 2023, le portefeuille de la BAD en Côte d'Ivoire portait sur 45 projets estimés à quelque 1.500 milliards de francs CFA (2,47 milliards de dollars), couvrant notamment les secteurs des infrastructures économiques (trans- port, énergie), de l'agriculture et de la gouvernance. ■

L’ Agence de nota- tion financière «Fitch Ratings» a estimé que l’accord de développement de la péninsule de Ras Al-Hikma, signé entre l'Égypte et la compa- gnie émiratie Abu Dhabi Developmental Holding PJSC (ADQ), pour un investissement de 35 mil- liards de dollars, devrait alléger les pressions de liquidité extérieure et faci- liter l’ajustement du taux de change. L’institution Fitch consi- dère toutefois que les grands défis économiques et financiers auxquels est confrontée l’Egypte, conti- nuent à peser lourd sur sa note de crédit, notant que la situation macroécono- mique restera difficile au cours des exercices 2024 et 2025, avec une inflation élevée et un taux de crois- sance relativement faible. Pour l'agence, les défis financiers persistent malgré les excédents budgétaires enregistrés par le gouver- nement, alors que la dette publique avoisine 95% du PIB en 2023 et le paie- ment des intérêts dépas- seront 50% des recettes publiques au cours de l’exercice 2025. ■

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