FNH N° 1232

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FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 23 AVRIL 2026

SPÉCIAL AGRICULTURE

Le GCAM en première ligne face aux défis agricoles Monde rural

des activités d’élevage et l’entre- tien de l’arboriculture. Enfin, nous avons renforcé une approche filière-territoire, qui per- met d’adapter nos interventions aux réalités locales, tout en déve- loppant un accompagnement non financier et en intégrant davantage les risques climatiques dans l’éva- luation des projets. La campagne agricole 2025- 2026 s’annonce plus favorable. Toutefois, cette amélioration ne remet pas en cause le diagnostic de fond : le stress hydrique est désormais structurel et impose une transformation durable des modèles agricoles. F. N. H. : Y a-t-il des mesures spécifiques au profit des éleveurs pour les aider à renouveler le cheptel natio- nal ? L. T. : La reconstitution du cheptel national est aujourd’hui un enjeu majeur, après plusieurs années de sécheresse qui ont fortement fra- gilisé les éleveurs. Dans ce cadre, le Crédit Agricole du Maroc joue un rôle central dans la mise en œuvre du programme national 2025-2026, doté d’une enveloppe globale de plus de 6 milliards de dirhams. Son inter- vention s’articule principalement autour du soutien financier, du rééchelonnement des dettes et de la facilitation de l’accès aux aides publiques pour les éleveurs tou- chés. Des mécanismes ont ainsi été déployés pour redonner de la visi- bilité aux exploitations, notamment à travers la prise en charge par- tielle de la dette par l’État et son réaménagement par la banque, permettant aux éleveurs de relan- cer progressivement leur activité. En parallèle, des aides ciblées ont permis de soutenir l’alimen- tation du cheptel et de préserver les femelles reproductrices, qui constituent le socle de la recons- titution. Il ne s’agit pas uniquement de reconstituer le cheptel, mais de permettre aux éleveurs de repar- tir sur des bases plus solides, dans un contexte qui impose une adaptation durable des systèmes d’élevage.

Dans un contexte marqué par la répétition des aléas climatiques, l’agriculture marocaine accélère sa transformation. A la croisée du financement, de l’accompagnement et de l’innovation, le Crédit Agricole du Maroc ajuste ses réponses pour soutenir le secteur. Entretien avec Lamya Taimouri, directrice centrale en charge du Pôle expertise agricole et développement durable au GCAM.

Propos recueillis par C. Jaidani

F. N. H. : Le secteur agricole national a subi plusieurs années successives de sécheresse. Quelles sont les mesures prises par le GCAM pour accompagner les agriculteurs marocains dans ces moments diffi- ciles ? L. T. : Notre dispositif s’articule autour de trois axes complémen- taires. Le premier vise à préserver la continuité des exploitations à travers des mécanismes d’ajus- tement financier, notamment les différés d’amortissement, les faci- lités de trésorerie et un traitement individualisé des situations selon les filières et les territoires. Le deuxième axe consiste à orien- ter les financements vers des sys- tèmes plus résilients, en soutenant notamment l’amélioration des sys- tèmes d’irrigation, le développe- ment de cultures adaptées aux contraintes hydriques, le maintien

montée en puissance, avec une participation internationale soute- nue et une forte mobilisation des acteurs du secteur. Mais au-delà de cette dimension, c’est surtout la transformation de sa vocation qui est marquante. Le SIAM est devenu un espace où se structurent les grandes dyna- miques du secteur, en réunissant l’ensemble de l’écosystème agri- cole et en favorisant des échanges à forte valeur ajoutée. Les thématiques mises en avant, notamment autour de la durabi- lité de la production animale et de la souveraineté alimentaire, traduisent les priorités actuelles dans un contexte marqué par le changement climatique. Le SIAM s’affirme ainsi comme un véritable levier stratégique, contribuant à orienter les transformations du secteur et à renforcer l’attractivité du Maroc à l’échelle internatio- nale.

Finances News Hebdo : Le SIAM entame cette année sa 18ème édition. Comment jugez-vous son évolution ? Lamya Taimouri : Le SIAM s’est progressivement imposé comme bien plus qu’un simple salon. Véritable carrefour des échanges agricoles, il constitue aujourd’hui une plateforme de référence au service du développement agri- cole, contribuant à consolider le positionnement du Maroc comme acteur majeur d’une agriculture durable, innovante et ouverte sur le monde. Depuis son lancement, son évolu- tion est particulièrement significa- tive. Le Salon a changé d’échelle, tant en termes d’envergure que d’ambition. L’édition 2026, pla- cée sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et mettant le Portugal à l’honneur, s’inscrit dans cette dynamique de

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