VOYONS VOIR
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 23 AVRIL 2026
Dialogue social
La valse des revendications
qui met en avant des avancées concrètes et qui porte en bandoulière l’impératif de préserver les équilibres budgétaires. De l’autre, des cen- trales syndicales qui estiment que ces avancées restent insuffisantes, voire en décalage avec la réalité vécue, et qui réclament toujours plus. Enfin, un patronat qui, lui, pousse pour des réformes structurelles du marché du travail. A cette situation, s’ajoute l’hétérogénéité des situations sectorielles. En effet, si certains sec- teurs, comme l’éducation ou la santé, ont béné- ficié de certaines avancées, d’autres continuent de dénoncer un dialogue qui «piétine». Cette fragmentation affaiblit la portée globale du dia- logue social et donne le sentiment d’un système à deux vitesses, où les progrès sont inégaux et parfois tardifs. Par ailleurs, il serait naïf d’ignorer le contexte politique actuel. A l’approche des élections législatives, le gouvernement avance avec prudence sur les dossiers sensibles. La réforme des retraites, en particulier, en est un. C’est une «patate chaude» qu’il manipule avec beaucoup de précaution, quand bien même cette prudence a un coût au regard de l’urgence de la réforme. Bref, s’il faut reconnaître que le dialogue social a gagné en maturité, en régularité et en visibilité, l’essentiel, pourtant, est que ce cadre de discussion et de concertation aboutisse à des résultats tangibles. A défaut, il risque de n’être qu’un espace de verbiage sans impact positif sur le quotidien de la collectivité. ◆ oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 48 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du Hors-série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ................................................................................... Adresse : ............................................................................................ Ville : ............................. Code Postal : ............................................ Tél : ........................................ Fax : ................................................. E-mail : ............................................................................................. Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc)
mobilisés pour un total de 4,25 millions de béné- ficiaires. L’effort budgétaire est réel. Mais le dialogue social ne se mesure pas uni- quement à l’ampleur des montants engagés. Il se juge, plutôt, à l’aune du ressenti des citoyens. Et c’est là que le bât blesse. Le pouvoir d’achat au cœur des tensions Les syndicats ne s’y trompent pas. Selon eux, malgré les mesures prises, le pouvoir d’achat des ménages est chahuté par la conjoncture économique. C’est pourquoi la revendication d’une augmentation générale des salaires revient comme un leitmotiv. Elle s’accompagne d’exi- gences fiscales (baisse de la TVA et réduction de l’IR) et sociales, avec notamment la revalo- risation des pensions ou encore la hausse des allocations familiales. Des demandes qui tendent à montrer simplement que les mécanismes de redistribution actuels ne suffisent pas à absorber le choc du coût de la vie. Comme toujours, le dialogue social pose une équation délicate. D’un côté, un gouvernement
L e dialogue social au Maroc n’est plus ce rituel épisodique que l’on convoquait en période de tension pour éteindre l’incendie. Il s’installe et s’institutionnalise. C’est, du moins, la promesse politique portée par le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, qui veut en faire un levier de construction de l’Etat social. Pour l’instant en tout cas, exécutif, syndicats et patronat se retrouvent autour de la table avec une certaine prévisibilité. Ce simple fait marque une rupture avec les pratiques passées. Mais le dialogue social produit-il aujourd’hui des réponses à la hauteur des attentes sociales ou se contente-t-il de pacifier les intelligences rebelles face à des tensions qui s’accumulent ? Par D. William
Ce qui est sûr, c’est que le gouvernement n’a pas participé à cette session d’avril 2026 l’escar- celle vide. Le bilan présenté est, à première vue, solide. Il est confirmé, au demeurant, par des augmentations salariales dans le public et le privé, la revalorisation du SMIG et du SMAG, la baisse de l’impôt sur le revenu, l’extension de la couverture sociale ou encore l’amélioration des pensions. Pour ses «largesses», l’Exécutif a dû sortir le chéquier : plus de 46 milliards de dirhams
Les demandes des syndicats tendent à montrer simplement que les mécanismes de redistribution actuels ne suffisent pas à absorber le choc du coût de la vie.
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