Évaluation - Focus RH

APPORTS DE L'INNOVATION COGNITIVE DANS LA CONDUITE DE L'ÉVALUATION ET DU DÉVELOPPEMENT DES COMPÉTENCES Les recherches en sciences cognitives permettent de repenser les processus traditionnels d'évaluation et de développement des compétences des individus, pour les augmenter. Ainsi, penser une expérience différente de l'évaluation permettrait de mieux révéler la réalité des aptitudes comportementales, et l'utilisation de leviers cognitifs favoriserait l'implication et la prise de conscience pour amorcer un développement. En 1925, le futur roi George VI prononce un discours radiodiffusé pour clôturer la British Empire Exhibition. Il butera continuellement sur les mots pendant les 5 minutes de son discours. En 1939, dans sa volonté de travailler pour mieux maîtriser ses émotions, George VI parviendra à lire d’une traite la tirade d’Hamlet, alors qu’un casque vissé sur sa tête jouait le Mariage de Figaro. L’histoire du roi George VI démontre la redoutable capacité de l’Homme à être perturbé par lui-même et par son écosystème . Mais aussi l’étonnante adaptabilité de son comportement, sa capacité à apprendre, à se transcender pour dépasser ses limites. Les émotions impactent notre façon d'appréhender les expériences Publié initialement le 18/06/2019 sur Focus RH

Notre quotidien est régi par la même vérité : l’environnement, notre manière de l’anticiper, de nous y projeter, d’en imaginer les impacts, agit sur notre façon d’appréhender chaque expérience à vivre. Le contexte agit sur nous avant même que nous ne réagissions, car, comme nous le confirment les neurosciences : “Au commencement était l’émotion.” En effet, grâce aux travaux du professeur Antonio Damasio, les émotions gagnent enfin leurs lettres de noblesse aux yeux de la Science et de l’Entreprise. Damasio révèle que toutes nos prises de décision possèdent une coloration émotionnelle. Et l'assessment dans tout ça ? L’ assessment plonge les participants dans des mises en situation, où leurs comportements sont observés pour évaluer leurs potentialités. Plusieurs facteurs sont de nature à perturber l’ensemble de l’expérience : la situation sous forme d’examen hors-sol, son enjeu, la posture des consultants impliqués, la crainte (voire le refus) du jugement. Comment alors dépasser ce format pour créer une expérience : • plus engageante – pour que les participants mettent toute l’énergie qu’ils portent aux sujets qui leurs tiennent à cœur • plus authentique – pour qu’ils expriment une attitude qui leur corresponde • plus immersive – pour qu’ils oublient les barrières mentales que peut créer une évaluation • plus utile – pour que chacun puisse y inscrire sa propre volonté de progresser Les sciences cognitives nous éclairent et nous incitent à intégrer de nouvelles dimensions dans l’expérience de l’assessment. Provoquer une implication émotionnelle Lorsque l’on crée les conditions pour provoquer l’ engagement émotionnel , les personnes sont plus promptes à libérer leur potentiel, à s’impliquer entièrement, et donc à livrer le meilleur d’elles-même. “Humaniser” la démarche

- au travers d’interactions multiples, physiques ou digitales - permet de créer les conditions pour cet engagement. Vivre des expériences “créatrices de sens”, pour contourner l’effet “rat de laboratoire” L’assessment est une démarche globale qui promeut la mise en action. Elle doit permettre au participant de venir “comme il est”, tout en proscrivant l’approche de type diagnostic. Pour cela, les différentes séquences de l’assessment doivent permettre l’intégration incrémentielle de la réalité chez le participant. Par ailleurs, la démarche doit susciter assez de proximité afin que le participant s’engage pleinement dans la démarche. Prendre en compte l’individu réseau L’assessment, par nature, a pour objet d’ évaluer le potentiel managérial – c’est à dire des aptitudes dites transférables – et réussir à détacher le participant de ses expertises, le poids de la hiérarchie, ses réflexes corporate … Pour autant, il faut projeter les résultats dans son contexte futur. L’assessment doit donc intégrer l’écosystème du participant comme facteur déterminant dans la modulation de ses capacités cognitives. Cette approche intégrative permet de mieux apprécier le potentiel comportemental du participant, en prenant en compte à la fois les facteurs dispositionnels et situationnels. Valoriser l’effet miroir Notre manière de questionner le potentiel des autres, est un reflet de nos propres mécanismes d’action. Au-delà de l’ évaluation directe du potentiel exprimé, le process de l’assessment doit permettre au participant d’identifier ses ressources latentes et ses zones d’amélioration en s’appuyant sur des attentes spécifiques (bases de compétences). Par ailleurs, l’assessment doit s’articuler sur une approche réflexive (positionnement “méta”) afin de permettre au participant de travailler en profondeur sur ses axes de développement.

L’assessment de demain doit donc devenir une véritable expérience pour le participant afin de donner à cette matière un surplus de sens, de valeur et d’impact.

Article rédigé par Yannick VITZIKAM

Yannick VITZIKAM est partner chez SBT Human(s) Matter. Diplômé de l’ESSEC, il accompagne depuis 12 ans de grandes entreprises dans leurs transformations en y associant les enjeux d’engagement et d’empowerment des individus et des collectifs. Il pilote les activités d’évaluation de SBT Human(s) Matter et y développe notamment de nouvelles expériences d’assessment pour générer une mise en mouvement individuelle et collective toujours plus impactante.

Version originale

Page 1 Page 2 Page 3 Page 4

sbt-human.com

Made with FlippingBook - professional solution for displaying marketing and sales documents online