Argenteuil 2025 09 19

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FRANCIS LEGAULT Initiative de journalisme local (IJL) Argenteuil francis.legault@eap.on.ca LES MUNITIONNETTES HONORÉES AU PARC DES VÉTÉRANS Robert Simard, elles gagnaient entre 12 et 15 sous en 1918, puis entre 28 et 52 sous entre 1941 et 1945, soit près de la moitié du salaire de leurs collègues masculins. Barbara Dickson, fondatrice de la Bomb Girls Legacy Foundation, souligne aussi combien le travail à l’usine a eu un impact sur les familles, autant bon que mauvais. « J’ai rencontré une famille de Browns- burg dont 12 des 17 enfants ont travaillé à l’usine lors des deux guerres, raconte- t-elle. Cette famille a servi son pays en manipulant de dangereux explosifs afin de mettre un terme à la guerre. Un des garçons est mort dans une explosion à l’usine en 1939 tandis qu’une de ses sœurs a subi des blessures qui ont laissé des séquelles permanentes. On souligne souvent combien les hommes au front étaient braves mais on oublie trop souvent ceux qui ont servi ici au Canada et qui ont risqué leur vie pour s’assurer que ceux qui étaient outremer aient de quoi mettre dans leurs fusils. » C’est pour rendre hommage à ces femmes et ne pas oublier le rôle qu’elles ont joué que madame Dickson a créé la Bomb Girls Legacy Foundation en 2023. Elle a d’ailleurs écrit un livre sur le sujet et rencontré d’innombrables munitionnettes au fil des ans pour recueillir leur témoignage. Le fait saillant des célébrations du 150e anniversaire d’Orica et de son usine de Brownsburg, le 13 septembre dernier, fut le dévoilement d’un monu- ment en l’honneur des munitionnettes, aussi connues sous le nom des « Bomb Girls », dans le parc des Vétérans. Le monument rend hommage aux femmes qui ont travaillé à l’usine d’explosifs de Brownsburg lors des deux Guerres mon- diales avec des photos d’époque gravées dans la pierre. Une roue dentelée provenant d’une des machines de l’usine y a aussi été fixée. Le monument a été financé par Orica alors que la Ville de Brownsburg-Chatham a fourni la base en béton sur lequel il repose. Le projet s’est échelonné sur plus d’un an. Pourquoi rendre hommage à ces milliers de femmes qui ont travaillé à l’usine de Brownsburg? Leur rôle a souvent été occulté alors que leur travail était plutôt dangereux puisqu’elles manipulaient tous les jours des explosifs et ce, pour une fraction du salaire des hommes. Selon l’historien Un monument rendant hommage aux munitionnettes, gracieuseté d’Orica, a été dévoilé au parc des Vétérans de Brownsburg-Chatham. (Francis Legault EAP)

« Aujourd’hui, nous honorons des muni- tionnettes canadiennes. Je suis fière de voir ce qui a été accompli et encore plus de ce que nous ferons dans l’avenir avec votre aide. » L’apport des femmes Au plus fort de la Deuxième Guerre mon- diale, plus de 4800 personnes travaillaient à l’usine d’explosifs de Brownsburg-Chatham. De ce nombre, la moitié étaient des femmes mais difficile de dire exactement combien d’entre elles y ont travaillé au total. Le roulement de personnel était assez impor- tant, notamment lorsqu’elles tombaient enceintes. L’usine de Brownsburg ne chômait jamais. À la place où se trouve aujourd’hui l’aréna Gilles-Lupien, une quarantaine de dortoirs abritaient une trentaine de lits cha- cun qui étaient continuellement occupés : pendant qu’un employé y dormait, un autre allait travailler avant que chacun ne prenne la place de l’autre pour le quart suivant. « En 1939, au début de la guerre, les gens venaient de partout pour travailler ici, de la Nouvelle-Écosse au Nouveau-Brunswick en passant par l’Ontario, rappelle Robert Simard. Des jeunes filles de 16, 17 ans quittaient leur famille pour venir travailler ici pour fabriquer des cartouches. Plus de 120 millions de cartouches de calibre .303 étaient fabriquées ici annuellement durant la guerre. On y fabriquait aussi des obus de un et de deux pouces. » « Toutes ces femmes travaillaient jour et nuit tout en ayant des enfants, enchaîne-t-il. Même des grands-mères venaient travailler à l’usine. Parmi les ‘Bomb Girls’, il y a eu des jeunes mais aussi des grands-mères. » Au terme de la guerre, plusieurs de ces femmes ont pris mari parmi les hommes d’Argenteuil. « Ce sont ces gens qui ont aidé à développer la communauté de Brownsburg.

Prenons un moment aujourd’hui pour célé- brer cette mémoire de notre histoire. » Souvenirs Lors de ce dévoilement, plusieurs familles de munitionnettes étaient pré- sentes. La Bomb Girls Legacy Foundation leur a d’ailleurs chacune remis un certificat personnalisé soulignant l’apport de leur proche. Diana Lagrois, de Oakville, Ontario, est la fille d’une munitionnette qui a travaillé à l’usine de Brownsburg pendant un peu plus d’un an avant d’aller travailler à Dorval pour la fabrication d’avions. « Elle ne parlait jamais de ce qui se passait à l’usine, raconte madame Lagrois. Tout ce que l’on a, c’est une petite boîte de souvenirs qu’elle a gardée et qui contenait entre autres des cartouches. Il faut dire qu’on leur disait de garder le secret pour ne pas donner d’informations à l’ennemi. » Le dévoilement du monument est pour elle une façon de découvrir ce que sa mère a fait pendant la guerre. « J’ai 85 ans et j’apprends aujourd’hui ce que ces femmes fortes ont fait durant les années de guerre. Elles ont protéger le pays à partir d’ici et c’est une histoire que je vais partager avec mes petits-enfants. » Pour sa part, Genice Connolly était venue de Kanata, en Ontario, avec son mari pour assister à la cérémonie. Son père a travaillé à l’usine de Brownsburg pendant près de 50 ans. Elle raconte que son grand-oncle est mort dans une explosion à l’usine alors qu’il n’était qu’un adolescent. « C’était important pour moi d’être ici. Mon cœur est encore à Brownsburg. On a un chalet dans le secteur Dunany mais être ici, c’est encore plus important. » Pour en savoir plus sur la Bomb Girls Legacy Foundation, visitez le www.bomb- girlslegacyfoundation.ca.

Éric Leroux Électrique CARTES D’AFFAIRES ESPACE ENTREPRISE DE LACHUTE Plusieurs familles de descendants des munitionnettes sont venues assister à l’événement rendant hommage à leurs aïeules. La Bomb Girls Legacy Foundation leur a remis un certificat personnalisé soulignant l’apport de leurs proches. (Francis Legault, EAP)

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