Finances News Hebdo N° 1070

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ECONOMIE

FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 23 JUIN 2022

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Stratégie énergétique

◆ Le Royaume va bientôt signer son premier contrat d’achat de gaz naturel sur le marché international. ◆ Au-delà des actions ponctuelles, l’enjeu à long terme est d’assurer sa sécurité énergétique. Le Maroc met les gaz

centrales à cycles combinés de Tahaddart et Ain Beni

dans le cadre du partenariat public-privé s’inscrit dans cette veine, tout comme les programmes à développer par les opérateurs privés en vue de réaliser une capacité globale de stockage des pro- duits pétroliers de quelque 777.000 m 3 pour un investis- sement de 2,7 milliards de dirhams à l'horizon 2023. De même, le Maroc ambi- tionne d’ériger une infrastruc- ture gazière forte qui com- prendra des gazoducs, des ports et des unités de stoc- kage et de regazéification. Objectif : garantir une éner- gie compétitive au secteur de l’électricité et au secteur industriel, lequel a du mal à accéder au gaz naturel. Dans sa quête de souverai- neté économique (alimentaire, énergétique, sanitaire…), le défi de la souveraineté éner- gétique du Maroc reste sans aucun doute de loin le plus important. Surtout au regard de l’impact sur les finances publiques de la dépendance du Maroc de l’extérieur. Durant les quatre premiers mois de l’année, la facture énergétique a plus que doublé pour se situer à 43,79 Mds de DH. Cette évolution fait suite, essentiellement, à la hausse des approvisionnements en gas-oils et fuel-oils (+12,14 Mds de DH), due à l’éléva- tion des prix qui ont presque doublé (8.833 DH/T contre 4.490 DH/T), explique l’Office des changes, qui souligne qu’en parallèle, les quantités importées ont enregistré une hausse de 15,8%. ◆

Mathar, à l’arrêt depuis la fermeture du GME. Le Royaume a ainsi «reçu des dizaines d’offres qui ont été

Objectif du Maroc : mettre en place une infrastructure gazière forte.

examinées par une commis- sion ad hoc, et va signer un premier contrat d’achat dans le courant de cette semaine», informe Benali, qui s’exprimait lundi dernier au Parlement. Ces offres ont fait l’objet d’une procédure accélérée et minutieuse d’examen et de négociation avec des com- pagnies internationales, qui a été menée par une commis- sion spéciale créée à cette fin, poursuit-elle. Parallèlement, un plan d’ur- gence a été mis en place pour assurer l’approvisionnement en électricité, qui nécessite un demi milliard de m 3 en gaz naturel par an. Sécurité énergétique Au-delà des actions ponc- tuelles menées pour assu- rer les besoins énergétiques du pays, dans un contexte international défavorable marqué par la guerre russo- ukrainienne, le Maroc déve- loppe une stratégie beaucoup plus globale pour garantir sa sécurité énergétique. Et ce, à travers la multiplication des partenariats, la diversifica- tion des sources d’approvi- sionnement, la densification des investissements dans les infrastructures… La mise en place d'un nouveau mode de gestion du stock de réserve

nationaux afin de mettre en place un système pérenne et efficace pour la gestion des approvisionnements natio- naux en gaz naturel. Et selon Benali, il y a deux sources pour approvisionner le marché national en gaz naturel : la première est liée à la production nationale, alors que la seconde concernait le gaz naturel fourni par le GME, et qui était utilisé exclu- sivement dans la production d'électricité dans la centrale de Tahaddart, près de Tanger, et la centrale d'Ain Beni Mathar, dans la province de l'Est. C’est dans cette optique que le Maroc a effectué sa première sortie sur le mar- ché international du gaz. En avril dernier, Benali annonçait qu’un appel d’offres restreint a été lancé pour la fourniture de gaz naturel liquéfié (GNL), lequel pourrait par la suite être regazéifié en Espagne. Ces contrats d’approvision- nement vont permettre jus- tement de relancer les deux

L’ Algérie a lamen- tablement raté son pari d’as- phyxier l’écono- mie marocaine, voire de la mettre à genou. C’est ce que voulait en effet le pouvoir algérien en déci- dant unilatéralement la fer- meture, en octobre dernier, du gazoduc Maghreb-Europe (GME). Sauf que, comme le confirme la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, cette décision n’a eu aucun impact sur la produc- tion de l’électricité au Maroc, et n’a provoqué aucune pénu- rie ou manque en matière de satisfaction des besoins du Maroc en électricité. Et paral- lèlement, le Royaume, qui importe de l’étranger environ 90% de ses besoins éner- gétiques, a su promptement réagir. Plusieurs consultations ont été ainsi lancées avec des acteurs régionaux et inter- Par D. William

Un plan d’ur- gence a été mis en place pour assurer l’approvision-

nement en électricité,

qui nécessite un demi mil- liard de m 3 en gaz naturel par an.

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