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ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 25 JUIN 2026

Streaming et réseaux sociaux Qui capte réellement l'attention des Marocains ? N Entre Netflix, YouTube, TikTok, Spotify et les plateformes sportives, les habitudes de consommation évoluent rapidement au Maroc. Derrière cette transformation, se cache un enjeu majeur pour les médias et les créateurs : convertir une audience toujours plus connectée en revenus durables. Par K. A.

diants et 45 dirhams pour l'offre individuelle. Ces tarifs illustrent la volonté des plateformes d'adapter leurs offres au pouvoir d'achat local. Pour autant, le passage au paiement régulier reste un défi. Beaucoup de consommateurs acceptent de payer pour leur connexion Internet, mais hésitent encore à multiplier les abonne- ments pour la vidéo, la musique ou le sport. Le frein n'est donc pas uniquement technologique; il est aussi économique et culturel. La progression du paiement élec- tronique pourrait toutefois accélé- rer cette évolution. Le nombre de cartes bancaires en circulation a dépassé les 21 millions à fin 2025, tandis que les paiements numé- riques poursuivent leur croissance. Cette tendance facilite l'accès aux services par abonnement et réduit progressivement les obstacles liés au paiement en ligne. Les médias face à la bataille de l'attention Pour les médias, le risque n'est pas seulement de perdre de l'audience, mais également de perdre la relation directe avec le public. Sur TikTok, YouTube ou Instagram, l'utilisateur ne recherche plus nécessairement une marque média, mais un conte- nu, un créateur ou une recomman- dation algorithmique. Cette évolution fragilise certains modèles historiques. Toutefois, les médias conservent des atouts importants : la crédibilité, la vérifi- cation de l'information, l'analyse et la capacité à produire des conte- nus à forte valeur ajoutée. Encore faut-il adapter ces contenus aux nouveaux usages et aux nouvelles plateformes. Le Maroc entre ainsi dans une nou- velle économie du contenu. Si la gratuité continue de dominer une partie des usages, les consom- mateurs semblent progressive- ment accepter l'idée de payer pour des contenus qu'ils jugent exclusifs, pratiques ou de qualité. Pour les plateformes comme pour les médias, le véritable défi n'est plus de conquérir l'audience, mais de transformer cette audience en revenus durables. ◆

etflix, YouTube, TikTok, Spotify, Shahid ou encore les plateformes sportives ont profondément modi- fié les habitudes de consomma- tion des Marocains. Le contenu n'est plus consommé à heure fixe devant un téléviseur, mais à la demande, sur smartphone, ordi- nateur ou télévision connectée. Cette transformation repose sur un socle technologique solide. Selon DataReportal, le Maroc comptait 35,3 millions d'internautes au début de 2025, soit un taux de pénétra- tion de 92,2%. L'ANRT estime, de son côté, le nombre d'internautes à 31,5 millions en 2024, en hausse de 22,5% par rapport à 2019. Mais au-delà des usages, une autre question émerge. Si les Marocains regardent davantage de contenus en ligne, sont-ils pour autant prêts à payer pour y accéder ? Entre culture de la gratuité, piratage encore répandu et progression du paiement électronique, le marché semble aujourd'hui engagé dans une phase de transition.

riques conservent leur place, mais doivent désormais partager l'at- tention du public avec des acteurs mondiaux particulièrement perfor- mants dans la recommandation de contenus. Le phénomène est mondial. Neal Mohan, Directeur général de YouTube, résume cette évolution en affirmant que «YouTube est la nouvelle télévision». Selon lui, les créateurs de contenus ne sont plus de simples influenceurs, mais de véritables entreprises médiatiques capables de produire, distribuer et monétiser leurs contenus à grande échelle. Dans sa lettre annuelle publiée en 2025, il estime même que «les créateurs deviennent les startups d'Hollywood», soulignant leur capacité à développer de nou- veaux modèles économiques et à concurrencer les acteurs tradition- nels du divertissement. Cette évolution trouve un écho particulier au Maroc, où les plate- formes vidéo occupent une place importante dans les usages numé- riques. Instagram comptait près de 15,9 millions d'utilisateurs à fin 2025, tandis que TikTok revendi- quait déjà 14,6 millions d'utilisa- teurs adultes au Maroc. L'audience ne garantit pas les revenus Si l'audience est bien présente, la monétisation reste plus com- plexe. Au Maroc, les plateformes payantes évoluent dans un envi- ronnement où la gratuité demeure fortement ancrée dans les habi- tudes de consommation. Netflix propose ainsi des abonnements allant de 35 à 95 dirhams par mois. Spotify Premium est disponible à partir de 23 dirhams pour les étu-

La vidéo et les réseaux sociaux changent les règles du jeu Les plateformes numériques ont imposé une nouvelle logique : le consommateur choisit désormais le moment, le format et la durée de consommation. Cette évolu- tion profite particulièrement aux réseaux sociaux et aux plate- formes vidéo. Selon DataReportal, le Maroc comptait 21,3 millions d'identités actives sur les réseaux sociaux début 2025. YouTube reste l'une des principales portes d'entrée vers la vidéo en ligne, tandis que TikTok poursuit sa progression, notamment auprès des jeunes publics. La plateforme revendiquait 14,6 millions d'utili- sateurs adultes au Maroc début 2025, selon ses données publici- taires. L'information, le divertisse- ment et même le sport circulent désormais sous forme de vidéos courtes, d'extraits et de conte- nus personnalisés. Les chaînes de télévision et les médias histo-

 Dans l'économie de l'attention, les plateformes numériques rivalisent pour capter le temps disponible des consommateurs marocains.

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