ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 28 FÉVRIER 2025
publiques et une gouvernance plus rigoureuse pour éviter le gaspillage des ressources. L’ambition affichée est de struc- turer un modèle qui pourrait ins- pirer d’autres régions marocaines. «Si nous réussissons à prouver que l’investissement régional peut être autonome et performant, nous créerons un précédent qui pourrait transformer la gestion des collecti- vités au Maroc» , conclut-il. ◆
notre capacité à mener des projets structurants», explique-t-il. Dans cette même logique, le Conseil régional a également obtenu un financement de 100 millions d’euros de l’Agence française de dévelop- pement (AFD). «Nous avons négocié des financements à des taux préfé- rentiels pour des projets alignés sur les objectifs climatiques», précise Maazouz. Le responsable de la région insiste sur la nécessité d’une meilleure ges- tion des fonds publics afin d’optimi- ser l’impact des projets d’infrastruc- ture. Ainsi, pour maximiser l’effet de levier des investissements, la région applique une règle stricte : « pour chaque Dirham investi, nous devons mobiliser trois dirhams supplémen- taires via des partenariats avec l’État, les collectivités locales ou les bailleurs de fonds» , explique-t-il. Plutôt que de se contenter d’ac- corder des subventions, la région adopte une approche mixte. «Nous ne faisons pas que financer les pro- jets : en complément, nous entrons aussi dans leur capital, afin d’assu- rer leur rentabilité et d’en tirer des revenus futurs pour la région» , pré- cise-t-il. Le pôle économique du Royaume teste également de nouveaux méca- nismes de financement, notamment des obligations régionales et des instruments financiers adaptés aux critères ESG. « Nous devons diver- sifier nos sources de financement et structurer nos projets de manière à attirer des investisseurs institu- tionnels internationaux» , estime Maazouz. Enfin, concernant la réforme de la gouvernance, il plaide pour une meilleure coordination entre les différents acteurs publics afin de mettre fin aux doublons adminis- tratifs. «Nous avons encore trop d’interférences entre les établisse- ments publics, ce qui ralentit la mise en œuvre des projets» , regrette-t-il. Casablanca-Settat, un modèle pour les autres régions ? Avec cette approche, Casablanca- Settat vise à devenir un modèle de gestion régionale performante, où les investissements publics sont mieux orientés et plus rentables. «Nous avons l’opportunité de mon- trer qu’une région peut être un
La Banque mondiale a accordé un prêt direct à la région Casablanca-Settat sans garantie de l’État, une première en Afrique.
sur plusieurs piliers : une gestion plus efficace du foncier pour attirer les investisseurs, une diversifica- tion des financements pour réduire la dépendance aux subventions
moteur économique à part entière, et pas seulement un simple exé- cutant des politiques nationales» , affirme Maazouz. En clair, cette stratégie repose
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