ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 28 FÉVRIER 2025
En grandes surfaces, une barquette de 250 g de tomates cerises d’origine marocaine est vendue à 0,99 € , soit 3,96 € le kilo, contre 8 à 10 € le kilo en rayon pour les tomates cerises françaises.
tomates rondes, notamment en été, fait savoir le rapport. Cette offre marocaine séduit d’autant plus qu’elle s’affiche à des prix très compétitifs. En grandes surfaces, une barquette de 250 g de tomates cerises d’origine marocaine est vendue à 0,99 €, soit environ 3,96 € le kilo. A l’inverse, les tomates cerises françaises, plus coû- teuses à produire, s’écoulent entre 8 et 10 € le kilo en rayon, un écart qui limite leur attracti- vité pour les consommateurs. En cela, la colère des agricul- teurs français s’est déjà traduite par plusieurs manifestations. L’an dernier, des tonnes de tomates marocaines avaient été déversées sur les routes et les parkings de supermarchés en guise de protestation. Au-delà des tensions Face à cette situation, les autorités françaises cherchent des leviers pour rééquilibrer la donne, notamment dans le cadre de l’accord commer- cial entre l’Union européenne et le Maroc. Une révision des prix d’entrée pour les tomates cerises pourrait ainsi être envi- sagée. De même, le député LR Antoine Vermorel-Marques a récemment proposé une loi pour interdire l’importation de
produits alimentaires cultivés avec des pesticides bannis en France. Soutenant la cause des agriculteurs, il a pris l’exemple de la tomate du Maghreb, traitée avec le dichloropropène, interdit en France depuis plus de 15 ans. Pourtant, malgré ces tensions, la coopération agricole entre la France et le Maroc continue de se renforcer. La signature, en marge du SIA, d’un partenariat entre La Ferme Digitale et le ministère marocain de l’Agricul- ture illustre cette volonté de col- laboration. Objectif : développer l’agriculture à travers des solu- tions basées sur l’intelligence artificielle, l’IoT (Internet des objets) et le Big Data pour mieux gérer les ressources hydriques et améliorer la traçabilité des produits. L’innovation est au cœur des ambitions marocaines, comme l’explique El Bouari : «notre objectif est d’optimiser l’utilisa- tion des ressources, d’amélio- rer la traçabilité des produits et de faciliter l’accès aux marchés grâce aux outils numériques». C’est dire que malgré les cri- tiques, la mise à l’honneur du Maroc au SIA reste une réussite diplomatique et économique. Le Royaume a su démontrer qu’il est un acteur clé du secteur agricole international, avec une offre diversifiée et compétitive. Pour autant, si Paris et Rabat entretiennent des relations stra- tégiques solides, le dossier agri- cole reste un terrain de friction potentiel. ◆
Inauguration du Salon de l’agriculture par le président Emmanuel Macron et le chef de gouvernement, Aziz Akhannouch.
offre de plus en plus compé- titive, notamment sur le seg- ment des tomates cerises. Traditionnellement dominé par la production française, ce mar- ché est en pleine mutation. Les producteurs hexagonaux ont cherché à se différencier en pri- vilégiant des variétés premium, note l’étude. Sauf que cette montée en gamme n’a pas suffi à compenser les écarts de com- pétitivité. En effet, les producteurs français dénoncent une distorsion de concurrence alimentée par plu- sieurs facteurs, dont notamment une main-d’œuvre bien moins chère au Maroc, un climat plus favorable (le Royaume peut pro- duire des tomates en dehors de la saison française), des coûts énergétiques moindres ainsi que des normes sanitaires diffé- rentes, avec certains pesticides interdits en Europe qui seraient encore utilisés au Maroc, bien
que Rabat ait fait des efforts en matière de réglementation. Selon les estimations du sec- teur, le coût de la main-d’œuvre est 14 fois plus élevé en France qu’au Maroc. Par ailleurs, les producteurs marocains se sont adaptés aux besoins des consomma- teurs européens. Ces dernières années, une partie de leurs cultures a été réorientée vers la tomate cerise, plus prisée sur les marchés internationaux. L’essor des tomates cerises marocaines se traduit aussi par une présence accrue en pleine saison de production française. Autrefois plus saisonnières, les importations s’étalent désormais sur toute l’année. Selon les don- nées de la plateforme St Charles International, principale porte d’entrée des tomates maro- caines en France, les volumes de tomates cerises importées dépassent désormais ceux des
Si plus de 50% du blé tendre importé par le Maroc sont français, le Royaume chérifien est, pour sa part, premier fournisseur de la France en ce qui concerne les tomates fraîches.
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