ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 28 FÉVRIER 2025
médiaires suivent de très près l’évolution du marché et agissent en conséquence. Ils sont gagnants à tous les coups, quelle que soit la situation». De son côté, Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, a affirmé récem- ment, dans une conférence de presse en marge de la présen- tation du rapport annuel de son institution au titre de l’année 2024, que «cette catégorie de marchands peut gagner jusqu’à 50% du prix des produits agri- coles. Toutefois, il est difficile de les écarter, car ces derniers jouent un rôle de relais entre les producteurs et les consomma- teurs. De ce fait, ils sont incon- tournables dans les marchés structurés. Mais leur marge doit être bien encadrée pour ne pas dépasser les limites». In fine, Rahhou a recommandé de promouvoir la vente directe pour atténuer l’impact des intermédiaires. ◆ Le Conseil de la concurrence a préconisé la vente directe des produits agricoles. Cela per- mettra d’installer un circuit de distribution plus court et de contourner la hausse injusti- fiée des prix. Cette solution est bénéfique tant pour les agricul- teurs, qui pourront livrer leurs produits à leur juste valeur, que pour les consommateurs, qui achèteront à un prix réduit. Toutefois, cette méthode pré- sente des inconvénients. Car il ne sera plus possible de contrô- ler la salubrité et la teneur des produits, à la différence des marchés de gros où il est pos- sible de le faire par échantillon. Elle ne permet pas aussi d’assu- rer une certaine traçabilité des produits et de détecter facile- ment les points dans la chaîne de valeur où existent des pro- blèmes. Au niveau fiscal, de nombreuses recettes échappe- ront aux communes. La vente directe, est-ce une bonne solution ?
Le circuit de distribution des produits agricoles a besoin d’une profonde réforme pour mieux organiser la chaîne de valeur.
Produits agricoles Les intermédiaires, un casse-tête pour les consommateurs et les agriculteurs A Leurs marges peuvent atteindre 50% du prix à la consommation. Comment les encadrer pour valoriser la production et mieux maîtriser la flambée des prix ? Par C. Jaidani
l’approche du mois de Ramadan, les consommateurs redoutent la flambée des prix, particulièrement ceux des pro- duits à grande consommation. Le mois sacré est connu par la hausse de la demande et, face à une offre de plus en plus per- turbée, le spectre de la hausse des prix est plus que présent. Avec la sécheresse, certains produits, comme les fruits et légumes et les viandes, ont vu leurs prix augmenter nettement par rapport à la normale. A cela s’ajoutent des problèmes struc- turels au niveau de la distri- bution, notamment la présence d’une multitude d’intermédiaires sur toute la chaîne de valeur. Les autorités sont conscientes de l’effet du phénomène sur les prix, puisque de nombreux ministres et responsables se sont prononcés sur le sujet
sans pour autant trouver une issue favorable pouvant garan- tir les intérêts de toutes les parties. A ce sujet, Bouazza Kherrati, président de la Fédération nationale des associations de protection des consomma- teurs, estime que «les inter- médiaires biaisent fortement le marché. Pour les légumes les plus consommés, à savoir les tomates, les oignons et les pommes de terre, une diffé- rence de prix notoire existe entre les produits départ-ferme et ceux à la consommation. Cette différence n’est pas jus- tifiée par le coût du transport, de la logistique ou les autres charges. Mais parce que sou- vent, une cargaison de ces pro- duits passe par de nombreux intermédiaires avant d’atterrir au marché de gros où elle est
revendue encore plusieurs fois. A chaque étape, il y a une marge dégagée par un inter- médiaire qui se répercute sur le prix final. Il faut donc penser à de nouveaux dispositifs pour mieux organiser le circuit qui reste malheureusement dominé par l’informel». Selon lui, «excepté certains produits comme le sucre, la farine, le butane dont les prix sont fixés et strictement régle- mentés, le marché est libre pour les autres produits. Du coup, le risque de la hausse des prix demeure omniprésent. L’intermédiation rapporte un gain facile dans un laps de temps réduit. Cela incite beau- coup de gens à s’intéresser à cette activité. Contrairement aux producteurs qui prennent beaucoup de risques, dont les aléas climatiques, les inter-
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