SANTÉ
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 28 FÉVRIER 2025
Protection sociale
Où en est la généralisation de l’AMO au Maroc ? Deux ans après la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), ce chantier royal visant à offrir une couverture santé universelle à tous les citoyens, a connu des avancées significatives. Mais plusieurs défis sont encore à relever. Par Désy M. L ’
AMO qui, à son lancement, ne concernait que les tra- vailleurs salariés, a été élar- gie à d’autres catégories. La généralisation de cette der- nière a consisté à étendre la couverture santé aux travail- leurs non-salariés, incluant agriculteurs, commerçants et professions libérales, ainsi qu’aux bénéficiaires du régime Ramed. Ceci a per- mis d’atteindre des chiffres impressionnants en termes d’adhésion et de gestion des prestations. «Depuis fin 2022, nous avons intégré 26 à 27 catégories de travailleurs non salariés, ainsi que 4 millions d’anciens bénéficiaires du Ramed dans l’AMO Tadamon. Le nombre d’assurés immatriculés à la CNSS est passé de 7-8 mil-
ceux qui n’ont pas réglé leurs cotisations, un enjeu central dans la pérennité du système. Parallèlement, pour gérer cette transformation, la CNSS a investi dans la modernisa- tion de ses systèmes d’infor- mation. «Nous avons mis en place plus de 3.000 points de dépôt en partenariat avec des établissements de paie- ment. Ajoutez à cela la créa- tion d'un centre de relation client à Mohammedia, opéra- tionnel avec 300 positions, qui répond à une demande crois- sante de service à distance» , assure Hassan Boubrik. Par ailleurs, l’augmentation du nombre d’assurés s’est traduite par un afflux massif de patients dans les établis- sements de santé, notam- ment publics. Les Centres hospitaliers universitaires (CHU) constatent une hausse importante des demandes de prise en charge des maladies lourdes et des interventions coûteuses, forçant les hôpi- taux à prioriser les urgences et les pathologies graves, dixit
Raouf Mouhcine, directeur du CHU Ibn Sina à Rabat.
lions à 25 millions, et le volume des dossiers traités quoti- diennement a été multiplié par cinq, atteignant 110.000 par jour», a déclaré Hassan Boubrik, Directeur général de la Caisse nationale de sécu- rité sociale (CNSS), lors d’un débat organisé récemment par La Vie Eco. Malgré ces avancées, des lacunes persistent. Un rap- port du CESE, présenté en novembre 2024 par son pré- sident Ahmed Réda Chami, révèle qu’ «environ 8,5 millions de citoyens demeurent exclus de cette protection essen- tielle». Toutefois, Boubrik nuance ce chiffre : «il s'agit de per- sonnes qui ne se sont pas encore immatriculées ou dont les droits sont fermés faute de paiement des cotisa- tions. L'accès à la couverture repose sur une responsabi- lité contributive». Il précise également qu’il est crucial de faire la distinction entre ceux qui n’ont pas encore entrepris les démarches nécessaires et
Le secteur privé : Une option
Face à cette pression, le Maroc a entrepris une réforme profonde de son système de santé. Selon Abdelkrim Meziane Belfkih, secré- taire général du ministère de la Santé et de la Protection sociale, cette réforme s’arti- cule autour de quatre piliers majeurs : l’extension de l’offre sanitaire, avec une augmen- tation des capacités hospita- lières et des infrastructures; la gouvernance, renforcée par la création d’institutions comme la Haute autorité de la santé et les Agences du sang et du médicament; l’optimisation des ressources humaines et de la fonction publique; et, enfin, la digitalisation, essen- tielle pour assurer la traçabilité et l’efficacité des rembourse- ments. Le système national ne pou- vant reposer uniquement sur le secteur public, l’implication
La révision de la tarification nationale de référence (TNR), qui date de 2006, est devenue indispensable, car elle ne reflète plus les coûts réels des prestations médicales actuelles.
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