Magazine Daniel Féau et Belles Demeures de France

D ’or et de pierres. C’est le titre qu’a choisi Marie-Hélène de Taillac pour le beau livre qu’elle publie chez Rizzoli. Un titre sobre et poétique, qui lui ressemble et qui évoque bien son univers. Quand elle s’est lancée dans la création de bijoux en 1996, son positionnement a tout de suite été celui du luxe sans ostentation. Si elle affirme déjà un goût immodéré pour les pierres de couleurs - saphir, rubis, améthyste, émeraude, tourmaline, aigue- marine -, elle les sertit d’un sobre jonc d’or 22 carats. Ses créations sont multicolores, mais pas question de verser dans le kitsch. Elle revient alors d’un voyage en Inde où elle a eu une véritable révélation. La découverte des ateliers du Gem Palace à Jaipur a relancé le désir qu’elle avait, adolescente, de créer des bijoux. « Mon livre préféré était La Vallée des rubis, de Kessel. » Un rêve qu’elle avait commencé à réaliser à Londres, aux côtés de Nicky Butler, puis de Dinny Hall, avant de se consacrer à la mode, en travaillant avec le couturier Victor Edelstein et le modiste Philip Treacy. Ce n’est plus le swinging London, mais la capitale britannique bouillonne. Elle croise Boy George, Alexander McQueen, Diana… « Je me suis beaucoup amusée. » Toutefois, après une dizaine d’années, elle décide de tourner la page et de se lancer. Dès sa première collection, c’est le succès. À l’époque, personne ne propose ce genre de bijoux simples, épurés, bariolés, aux allures de bonbons. Colette et Barneys passent commande aussitôt. Les Japonaises en raffolent et Marie-Hélène ouvre sa première boutique à Tokyo en 2003, suivie par Paris un an plus tard, puis par New York. Au fil des années, elle étend son domaine de création, s’intéresse aux perles qu’elle pique de spinelles, dessine de petits perroquets de jade ou des tortues en or et opale. Deux fois par an, au moment des défilés de prêt-à-porter à Paris, elle présente une nouvelle collection. Une vingtaine de pièces qu’elle est allée réaliser dans des ateliers indiens. La prochaine déclinera le

Hymne à la couleur Elle a été la première à imaginer des bijoux multicolores où la sobriété de la monture en or met en valeur la beauté de la pierre. La signature d’un luxe discret, élégant et intemporel. Par Eric Jansen Marie-Hélène de Taillac

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