Argenteuil 2025 08 15

ACTUALITÉS

UNIS CONTRE LES COMPRESSIONS EN ÉDUCATION place après cette adoption.

FRANCIS LEGAULT Initiative de journalisme local (IJL) Argenteuil francis.legault@eap.on.ca

Le tôlé provoqué par ces compressions a incité le ministre Drainville à faire un semblant de marche arrière : le 16 juillet, on annonçait un investissement de 540 M$ dans le système d’éducation pour les services aux élèves. Il s’agit quand même de 30 M$ de moins que les compressions budgétaires qui avaient été demandées précédemment aux centre de services scolaires. Se faire entendre C’est pour faire entendre leur opposi- tion à ces coupures qu’une soixantaine d’enseignants, élèves et parents ont pris part à une manifestation à Lachute le 24 juillet dernier. Partis du stationnement du magasin Wal-Mart, ils ont descendus l’ave- nue Béthany pour rejoindre le bureau de la députée d’Argenteuil, Agnès Grondin, où ils ont laissé plusieurs messages avant de revenir à leur point de départ. Il s’agissait de la seconde manifestation du genre à se tenir dans les Laurentides après celle tenue à St-Jérôme au début du mois de juillet. C’est d’ailleurs après avoir pris part à cette première manifestation que les orga- nisateurs de celle de Lachute ont décidé de tenir celle-ci. Kimberly Lanthier-Wilson, technicienne en travail social à la polyvalente Lavigne, et Audrey Singher-Lalande, ensei- gnante de français en secondaire 1, 2 et 5 à Lavigne, majoritairement avec des groupes d’élèves en difficultés d’apprentissage, sont d’ailleurs aux premières loges pour

Une soixantaine de citoyens, élèves, enseignants et membres du personnel scolaire ont manifesté le 24 juillet der- nier à Lachute contre les compressions budgétaires dans le système d’édu- cation prévues par le gouvernement provincial. Ils demandent plutôt que Québec réin- vestisse dans ce domaine. Rappelons qu’en juin dernier, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, avait demandé aux centres de services scolaires et aux commissions scolaires anglophones de réduire leurs dépenses de près de 570 millions de dollars pour la prochaine année. Plusieurs observateurs s’étaient inquiétés qu’un des premiers secteurs touchés par ces compressions seraient les activités parascolaires. Dans un article publié par La Presse le 4 juillet dernier, on rapportait qu’au Centre de services scolaires de la Rivière-du-Nord (CSSRDN), plusieurs activités avaient été mises sur pause en prévision de la rentrée, notamment les camps de football, en raison de ces compressions. Selon le CSSRDN, il s’agit d’une suspension temporaire de ces activités d’ici l’adoption officielle des budgets finaux à la fin du mois d’août. Cer- taines activités pourraient reprendre leur

Une soixantaine de personnes ont pris part à la manifestation. (Francis legault, EAP)

voir comment les activités parascolaires, premières victimes de ces coupes, jouent un role essentiel pour éviter le décrochage scolaire. « Le parascolaire est très important. On est une école dans un milieu défavorisé, ce ne sont pas toutes les familles qui ont les moyens d’inscrire leur jeune à des activités sportives, culturelles et artistiques, explique madame Singher-Lalande. D’avoir ces activi- tés avec l’école, c’est une motivation pour ces jeunes. D’aller à une pratique de football le matin et se défouler pour être prêt pour le reste de la journée ou encore de savoir qu’on a un entraînement de danse sur l’heure du dîner et se motiver pour ça, c’est très important pour nos jeunes. » « Je vois des élèves qui ont du 50, 60 % d’absence dans leur année et ce qui les raccroche, ce sont les activités, les sports, les arts et l’accès aux profs qu’ils aiment », ajoute madame Lanthier-Wilson. Maéva Boucher-Pineda sera en secon- daire 4 lors de la prochaine rentrée à la polyvalente Lavigne. Il est important pour elle que les activités parascolaires restent au programme. « Le sport parascolaire est vraiment important dans une école. Ça nous per- met de vivre notre passion, explique-t-elle. Quand tu es stressé, ça permet de libérer ton stress, tes émotions. Tu vas te sentir bien après. » Elle-même prenait déjà part aux activités d’haltérophilie et comptait bien embarquer dans le programme de flag-football avec ses amies lors de la prochaine année. Elle se dit déçue de devoir mettre ce projet sur la glace. Pas que le parascolaire Ce ne sont pas que les activités paras- colaires qui risquent d’écoper avec ces compressions. Marie-Christine Faubert, vice-présidente aux communications et relations de travail du Syndicat du personnel de soutien en éducation de la Rivière-du-Nord (SPSERN), qui représente 1800 membres dans 36 corps d’emploi au CSSRDN, indique que certains de ses membres ont été remer- ciés suite à ces coupures. « Quand l’annonce du réinvestissement de 540 M$ a été faite, on a trouvé ça bien mais combien le CSSRDN va recevoir? On ne le sait pas, déplore-t-elle. C’est clair qu’il y aura encore de la sélection à faire. Le directeur-général du centre de services scolaires aura encore un casse-tête à faire. Il n’y a rien de garanti. Je ne peux pas dire à mes membres s’ils seront rappelés. Il y a énormément d’inquiétude. » De son côté, Donna Anber, vice-présidente de la Commission scolaire anglophone Sir- Wilfrid-Laurier, était sur place pour manifester contre ces compressions qui se chiffreraient à 12,1 M$ pour son organisation. « Si on avait voulu fermer notre siège social, on n’aurait économisé que 10

M$!, illustre-t-elle. On n’arrive pas du tout à atteindre les objectifs de Québec. On a donc adopté une résolution demandant au gouvernement de pouvoir faire un déficit car on ne serait jamais capable de couper autant sans faire de déficit. » Elle ajoute que malgré les réinvestisse- ments annoncés par Québec, il sera quand même difficile pour la commission scolaire de réduire ses dépenses. Le territoire qu’elle couvre est plus grand que la Belgique, ce qui fait en sorte que le service de transport scolaire est déjà déficitaire depuis de nom- breuses années. « Ça va être difficile mais on va tout faire pour couper ailleurs que dans les services aux élèves, confirme-t-elle. Le gouvernement ne sait pas compter : s’il pense assainir ses finances en coupant en éducation, il n’a pas choisi la bonne voie. » Optimisation La députée d’Argenteuil, Agnès Grondin, a réagi à la tenue de cette manifestation. Elle explique que ces demandes de compression sont une façon pour optimiser l’argent qui est dépensé dans le réseau d’éducation mais que les cibles finales n’étaient pas encore décidées. « J’ai transmis mes préoccupations au premier ministre, indique-t-elle. L’enjeu avec cet exercice est qu’on pourrait mettre à risque toutes nos activités parascolaires. J’ai demandé que dans cet exercice d’opti- misation, on puisse le faire en tenant compte des réalités locales. On est un milieu défavo- risé et je crois qu’il faut aussi tenir compte de la croissance démographique. Ce n’est pas pareil un centre de services scolaires en croissance par rapport à un qui est en décroissance. » La députée indique être d’accord avec cet exercice d’optimisation tout en se disant inquiète que si celui-ci ne se fait pas en éducation, d’autres ministères pourraient écoper dont celui de l’Environnement. Cependant, madame Grondin indique qu’elle trouve que c’est tout à l’honneur des manifestants de se faire entendre sur ce sujet. Elle dit également comprendre leurs inquiétudes. D’ailleurs, les participants à cette manifestation se disaient contents de voir qu’autant de personnes s’étaient déplacées pour y prendre part. « Je trouve ça bien de voir cette mobilisa- tion, surtout que l’on est en plein cœur des vacances de la construction. C’est vraiment chouette », a déclaré Marie-Christine Faubert. « On voit que chaque mobilisation crée quelque chose. L’accumulation de chaque mobilisation va faire en sorte que ça va bouger », croit de son côté Kimberly Lanthier-Wilson. Reste à voir ce qui adviendra des activités parascolaires lors de la prochaine rentrée le 28 août prochain.

Kimberly Lanthier-Wilson, une des coorganisatrices de cette manifestation, indique que les activités parascolaires aident beaucoup de jeunes à ne pas décrocher. (Francis Legault, EAP)

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