VENTE CHRISTIE’S
2 l Hôtel de Ville et pont d’Arcole, Paris, Édouard Baldus, vers 1855.
Images iconiques Il a été pendant des années l’œil de Paris Match. Roger Thérond était plus que le directeur de la rédaction du magazine, il a incarné son identité grâce à sa sélection des photos. Un talent qui lui a aussi permis de réunir une très importante collection de clichés historiques. Christie’s les disperse aujourd’hui. Par Éric Jansen
Le poids des mots, le choc des photos… Tout le monde connaît le célèbre slogan qui a accompagné le magazine Paris Match pendant des années. Il résumait d’une formule l’importance que le directeur de la rédaction Roger Thérond accordait à un bon cliché. Le succès des ventes lui donnait raison et ce n’est pas un hasard si dans la profession, on l’avait baptisé « L’œil » ! Mais curieusement, alors que les photos choisies étaient saisissantes, parfois dures à regarder, souvent liées à des drames, dans l’intimité l’homme se constituait une collection des plus sereines… Passionné par ce médium et son histoire, il commença par s’intéresser aux balbutiements de la photographie et se passionna pour les clichés du XIX e siècle et du début du XX e siècle. Quand il se met à leur recherche dans les brocantes, les ventes aux enchères, ils ne sont pas encore considérés comme des pièces muséales et Roger Thérond acquiert des merveilles à un prix modique : les monuments parisiens par Édouard Baldus, l’Égypte encore enfouie dans les sables par Félix Teynard, l’autoportrait de Nadar en famille, des marines de Gustave Le Gray, les fameuses filles publiques immortalisées en 1920 par Eugène Atget, le Baiser de Man Ray, les premiers instantanés de Jacques‑Henri Lartigue, sans oublier les femmes photographes de cette époque, Florence Henri, Germaine Krull, Dora Maar... Autant dire la quintessence
1 l Roger Thérond dans son bureau de Paris Match.
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