Reflet 2026 09 02

ACTUALITÉS L’ACFO ADOPTE UNE

LE REFLET

CHRONIQUE [ PAR YVON LEGAULT ]

NOUVELLE APPELLATION POUR MIEUX REFLÉTER LA COMMUNAUTÉ FRANCOPHONE GABRIELLE VINETTE INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL (IJL) gabrielle.vinette@eap.on.ca nouveaux arrivants, je les appelle les nou- veaux Franco-Ontariens. Ils font partie du “nous”. Ce n’est pas “nous autres” puis “eux autres”. C’est fini, ça », dit-il.

yvon.legault@eap.on.ca

LES BLEUS, LE JEU COLLECTIF ET LA GÉNÉROSITÉ DE DEMIDOV

Bon, retour au boulot ! Je suis très heureux de vous retrouver et j’espère que vous avez pleinement profité des premiers mois de la saison estivale. Avouons-le : l’été nous semble toujours trop court.

Pour ma part, le moment fort de ces dernières semaines a été un voyage en France avec la petite famille. Des vacances mémorables qui m’ont permis, entre autres, de découvrir, ou plutôt de redécouvrir, l’incroyable place qu’occupe le football dans le quotidien des Français. Si vous pensez que nous sommes des passionnés de hockey au Canada, l’engouement de nos cousins français pour le ballon rond et leur équipe nationale, les Bleus, est à un tout autre niveau. Lors des soirs de match impliquant la France lors de la Coupe du monde, il y avait des « Fan Zones » un peu partout à la grandeur du pays. Que ce soit dans de petits villages en Normandie ou en Alsace ou à Paris et Marseille, il y avait des rassemblements de supporteurs partout pour regarder le match en direct. Dans les bars, les lobbys des hôtels, sur les terrasses de restaurants ou sur les grandes places publiques. Peu importe l’heure de diffusion, ils étaient très, très nombreux au rendez-vous. C’était l’euphorie après la victoire contre le Maroc en quart de finale. Vraiment ! Puis sont venus la consternation, la tristesse et même le désespoir après la défaite face à l’Espagne en demi-finale. Les critiques étaient véhémentes à l’endroit de Kylian Mbappé, d’Ousmane Dembélé et de Désiré Doué, qui étaient considérés comme des dieux à peine quelques jours plus tôt. La seule personne à l’abri des critiques des partisans français : Didier Deschamps, le sélectionneur de l’équipe nationale. Cet homme-là est un monument en France. Il a été à la barre des Bleus au cours des 14 dernières années, un record de longévité à ce poste. Il est le seul Français à avoir remporté la Coupe du monde à la fois comme joueur et comme sélectionneur de l’équipe nationale. Son impressionnant palmarès lui vaut le respect et l’admiration d’une grande partie de ses compatriotes. L’essence même du jeu collectif Je l’avoue, je ne suis pas un grand connaisseur de foot. Cependant, je m’intéresse de plus en plus à ce sport qui gagne beaucoup en popularité au Canada. Surtout depuis l’ascension de notre équipe nationale parmi l’élite mondiale. Je me fais un devoir de regarder chacun des matchs de nos jeunes Canadiens. Ils sont vraiment beaux à voir jouer. Plus j’apprends à connaître le soccer, plus je suis impressionné par les habilités techniques des joueurs et l’aspect stratégique du sport. Le football est le sport d’équipe par excellence. Il représente l’essence même du jeu collectif. L’Espagne en a fait une brillante démonstration lors de la phase éliminatoire de la Coupe du monde, particulièrement en demi-finale contre la France, et ensuite en finale face à l’Argentine. Le collectif espagnol et son jeu de passes ont éclipsé les vedettes offensives des deux équipes. Les Mbappé, Dembélé, Messi et De Paul n’ont rien pu faire contre la stratégie chirurgicale de l’Espagne.

Ça m’a rappelé un peu la série Canadiens- Hurricanes dans la Ligue nationale de hockey (LNH) le printemps dernier. L’attaque du Tricolore s’est heurtée à une équipe bien rôdée et elle n’a jamais été capable de trouver une solution à l’échec-avant soutenu et au jeu collectif des Hurricanes. Peu importe le sport d’équipe, l’individualité l’emporte rarement sur l’effort collectif. La classe et la générosité de Demidov Je ne m’en cache pas, Ivan Demidov est devenu l’un de mes hockeyeurs préférés. J’apprécie évidemment ses belles habilités offensives, plus particulièrement sa lecture du jeu, sa vision périphérique et ses passes savantes. Aspect de son jeu à ne pas négliger non plus, sa hargne sur la glace. Il n’hésite pas à aller dans le coin de la patinoire en zone adverse et, plus souvent qu’autrement, il en ressort avec la rondelle. Il ne faut pas être devin pour affirmer que ce n’est qu’une question de temps avant qu’il devienne l’une des vedettes offensives du Canadien de Montréal. Si j’admire le jeune athlète, j’apprécie maintenant tout autant le jeune homme. Les commentaires que j’avais entendus à son sujet étaient tous très élogieux. Plus tôt cet été, j’ai pu le constater par moi- même. En juillet dernier, Demidov a accepté l’invitation de Bob Hartley et il a participé à la première édition de la Classique du Clocher au Club de golf de Hawkesbury. La générosité exemplaire de la jeune sensation du Tricolore a charmé un peu tout le monde cette journée-là. Une réaction accueillie avec soulagement par les organisateurs, forcés d’annuler la portion golf en raison des pluies abondantes. Tout au long de la matinée, Demidov s’est prêté de bonne grâce aux nombreuses sollicitations des convives, signant des autographes, prenant la pose pour d’innombrables photos et échangeant avec chaque personne qui s’adressait à lui. Ce qui m’a le plus impressionné, c’est le soin jaloux qu’il prenait lorsqu’il apposait sa signature sur les casquettes et les chandails à l’effigie du Canadien qu’on lui demandait d’autographier. Dans mon livre à moi, chers lecteurs, c’est une marque de respect indéniable à l’endroit des partisans. De la classe à revendre… à l’image du grand Jean Béliveau qui portait lui aussi une attention particulière à sa signature. « Par respect pour les fans qui ont la gentillesse de me demander mon autographe », disait-il. L’actualité sportive au quotidien En terminant, une petite parenthèse. L’automne est à nos portes et l’activité sportive reprend de plus belle partout dans la région. J’en profite pour vous inviter à télécharger notre application mobile et vous brancher sur les autres plateformes numériques des Éditions André Paquette afin de suivre, au quotidien, ce qui se passe sur la scène sportive locale.

Cette approche se reflète également dans les événements organisés par l’ACFO. L’objectif est de ne pas simplement inviter les nouveaux membres de la communauté à participer, mais de leur permettre de jouer un rôle actif dans les activités. Le banquet de la Francophonie, qui sera de retour en avril 2027 après trois ans d’absence, constituera notamment une occasion de mettre cette vision en pratique. « Quand on organise des événements comme, par exemple, le banquet, c’est notre activité incontournable, on les inclut là-dedans. On ne fait pas juste les inviter, on les inclut, on leur demande de jouer un rôle aussi », explique M. Malo. L’ACFO souhaite également encourager davantage l’utilisation du français dans la vie quotidienne, notamment dans les commerces et les services. L’organisme travaille ainsi sur le pro- gramme « Bonjour Welcome », qui vise à encourager les commerces à offrir un service minimal en français. Une trousse comprenant notamment un lexique fran- çais-anglais et des autocollants permettant aux commerces d’indiquer leur capacité à offrir des services en français fait partie de l’initiative. Pour M. St-Pierre, l’objectif n’est pas de contraindre les commerces, mais plutôt d’encourager les francophones à utiliser leur langue dans l’espace public. « On ne peut pas forcer le français sur les gens », dit-il. « Ce qu’on veut faire, c’est encourager. Puis encourager aussi, surtout, les francophones à l’utiliser, leur langue maternelle. » Il estime que l’utilisation du français dans les commerces, les restaurants, et les services peut également contribuer à renforcer la confiance des francophones à utiliser leur langue à l’extérieur de la maison. « C’est beau d’être francophone puis de le parler à la maison, mais il faut le parler dans la rue aussi. Il ne faut pas s’excuser parce qu’on parle français », ajoute-t-il. Pour l’ACFO, le changement d’appellation représente plus qu’une modification admi- nistrative. Il s’agit d’une volonté de faire évoluer l’organisme avec la communauté qu’il représente et de reconnaître la diversité grandissante de la francophonie de Prescott et Russell.

L’Association canadienne française de l’Ontario de Prescott et Russell porte désormais un nouveau nom, l’Associa- tion de la communauté franco-onta- rienne de Prescott et Russell. Le changement a été adopté par les membres lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisme. L’acronyme ACFO demeure le même mais sa signification évolue afin de mieux représenter la diversité de la communauté francophone actuelle. Pour Gérard Malo, vice-président de l’ACFO, cette modification vise principale- ment à rendre l’organisme plus inclusif. « Le but de tout ça, c’est vraiment pour faire l’inclusivité », explique-t-il. Selon M. Malo, l’ancienne appellation, qui faisait référence aux « Canadiens-français », ne reflétait plus entièrement la réalité de la francophonie contemporaine de Prescott et Russell. Il donne notamment l’exemple d’une per- sonne francophone provenant de l’extérieur du Canada. « Si tu viens de Douala, au Cameroun, puis tu parles français, tu es francophone, mais tu n’es pas Canadien-français. Alors, il fallait être plus inclusif », explique-t-il. Cette volonté d’inclusion ne se limite tou- tefois pas au changement de nom. L’ACFO souhaite également que ses actions et ses activités reflètent cette nouvelle vision de la communauté franco-ontarienne. « Être inclusif, ça ne veut pas juste le dire. Il faut l’être aussi », affirme M. Malo. Sylvain St-Pierre, directeur général de l’ACFO, souligne que l’organisme travaille déjà à offrir des services et des activités qui peuvent répondre aux besoins d’une communauté francophone de plus en plus diversifiée. L’ACFO a notamment offert des services gratuits de déclaration de revenus à des nouveaux arrivants l’an dernier. L’organisme collabore également avec différents parte- naires communautaires afin de favoriser leur intégration et leur participation à la vie francophone régionale. M. Malo estime que les nouveaux arri- vants francophones doivent être considé- rés comme faisant partie intégrante de la communauté. « Ceux que moi, je n’appelle plus les

L’ACFO de Prescott et Russell a adopté une nouvelle appellation afin de mieux refléter la diversité de la communauté franco-ontarienne. (Association de la communauté franco- ontarienne de Prescott et Russell, site web)

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