Cetim infos n° 280 - Janvier-Février 2026

Décryptage

Fabrication additive Les procédés Sinter-Based évalués et comparés

Les équipes du Projet thématique transversal « Fabrication additive métallique à coût accessible », ont passé au banc plusieurs technologies de type « impression puis frittage ».

L es technologies de fabri- cation additive métal- lique dites Sinter-Based sont-elles économiquement intéressantes et comment se situent-elles les unes par rap- port aux autres ? Ces questions ont été posées aux spécialistes du Cetim dans le cadre du pro- jet thématique transversal Fabrication additive métal- lique à coût accessible (Famca), qui a pris fin en décembre 2025. Pour y répondre, ils ont tout bonnement mené une étude sur le sujet. Une fabrication en deux temps Les procédés « Sinter-Based » sont basés sur l’impression de pièces à vert, frittées dans un second temps pour obtenir les pièces finales. Intéressantes sur le papier, en particulier pour la fabrication de pièces de petites dimensions en grands nombres, elles se sont longtemps confrontées à une barrière économique. « Aujourd’hui, on observe encore une grosse barrière à l’in- vestissement due au cumul du prix des imprimantes et des fours de frittage », déclare Paul Calvez, spécialiste de ces tech- nologies au Cetim. D’où l’en- jeu de son étude : identifier des solutions (imprimante + four) économiquement abor- dables pour les PME, tout en étant capables de répondre aux exigences d’une produc- tion en série. Et en s’attardant sur un autre point crucial, la

Point commun à tous les procédés étudiés : ils génèrent des pièces qui doivent ensuite être frittées dans un four.

pièces ont été fabriquées et 3 000 éprouvettes analysées, permettant de calculer des intervalles de tolérance pour chaque technologie. La capabi- lité géométrique a également été évaluée en s’appuyant sur plusieurs démonstrateurs industriels, afin d’observer la finesse des détails et la résolu- tion obtenues. L’étude s’est également penchée sur l’évaluation des fours de frittage (avec une barrière de prix à 250000 euros). Un point essentiel car « le frittage repré- sente environ 50 % du coût de production, mais aussi 50 % du coût de l’installation », note

maîtrise de la répétabilité dimensionnelle, « talon d’Achille » de ces procédés en raison des retraits subis lors du frittage. Méthodologie de l’étude L’étude a été conçue pour être la plus neutre et complète pos- sible, en s’articulant autour de trois axes principaux. D’abord, l’évaluation des imprimantes elles-mêmes. L’équipe a testé la capabilité industrielle de plu- sieurs machines (avec un prix inférieur à 200 000 euros), à travers un protocole rigoureux. Pour mesurer la répétabilité dimensionnelle, plus de 135

Paul Calvez. Elle a en particu- lier cherché des alternatives aux fours industriels classiques de l’industrie MIM (Metal Injec- tion Molding), aux perfor- mances déjà validées et qui coûtent souvent entre 300000 et 500000 €. Quatre fours (des constructeurs Nanoe, Rapidia et TAV) ont été sélectionnés et testés selon un protocole com- mun (homogénéité thermique, retraits, chimie). Enfin, le troisième volet de l’étude s’est concentré sur l’analyse technico-écono- mique de chaque procédé. Une feuille de chiffrage multi- technologies a été développée

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CETIM INFOS N° 280 I JANVIER/FÉVRIER 2026

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