Application
cotyles », explique Pierre Bernat. Le polissage manuel des cotyles est très technique et n’est mai- trisé que par deux polisseurs sur les 13 que compte Evolutis. En outre, c’est un travail très physique qui génère une forte pénibilité au niveau du dos, des bras, des épaules et des poi- gnets. Une autre raison pour chercher à automatiser ces opé- rations. Pour développer la cellule robotisée, Evolutis a fait appel au Cetim via la plateforme Quatrium. « Nous travaillons de longue date avec le Cetim sur d’autres projets. Ses équipes ont des compétences sur la tribofi- nition, sur le polissage, mais également sur toute la partie robotique. C’était l’occasion de bénéficier de leurs conseils notamment pour la rédaction du cahier des charges qui allait nous permettre de consulter les différents intégrateurs possibles sur ce projet », note le directeur de production. Un accompagnement complet de Quatrium « Dès les premières étapes du projet, nous avons été accompa- gnés par une équipe du Cetim pour définir les grands volumes de pièces à privilégier, les réfé- rences à traiter, etc., puis sur la rédaction du cahier des charges
Gérer la prise et le maintien de la pièce pendant le polissage, mais aussi la gestion de la qua- lité finale en particulier pour le polissage intérieur des cotyles. « Un robot n’a pas d’œil comme l’opérateur humain, il ne peut pas cibler spécifiquement les défauts. Il a donc fallu conce- voir un programme pour un enlèvement de matière très régulier, agissant “ à l’aveugle ” sur l’ensemble de la surface afin de couvrir tous les défauts pos- sibles d’usinage. Mais le robot est très répétable et parvient même parfois à améliorer la sphéricité des pièces », explique Melody Besson. Chaque pièce nécessite un programme adapté, créé par les équipes d’Evolutis elles-mêmes, notamment grâce à un gros travail de concert entre Melody Besson et Morgan Duvert, polisseur sénior chez Evolutis, qui a permis de « transférer » son savoir-faire au robot. La qualité est au rendez-vous. « Le robot couvre jusqu’à 95 % des défauts que l’on rencontre habituellement. Des retouches manuelles sont toujours envisa- gées pour les 5 % restants », commente la cheffe de projet. Et surtout, la machine peut tra- vailler 24h/24, peut enchaîner les opérations quand un polis- seur chevronné doit s’arrêter après une cinquantaine de pièces, souvent épuisé par la tâche, et elle supporte les tem- pératures élevées atteintes sur la pièce lors du polissage, qu’un humain ne peut pas supporter. Vers d’autres opérations automatisées Morgan Duvert voit deux béné- fices majeurs à l’emploi d’un robot en polissage. D’abord la quantité de pièces que l’on peut produire, beaucoup plus importante qu’en manuel et, surtout, en termes d’image pour Evolutis. « On polit nos cotyles avec un robot, c’est vrai- ment valorisant pour l’entre- prise ». Et bientôt, cette cellule
et la consultation des fournis- seurs, à partir d’une liste de fournisseurs qui nous a été pro- posée. Le Cetim nous a aussi accompagné sur le choix du fournisseur jusqu’aux premiers échanges de conception avec lui , détaille Melody Besson, cheffe de projet robotique chez Evolutis. Les échanges avec les roboticiens du Cetim ont per- mis de gagner un temps consi- dérable lors de la pré-étude et de rentrer rapidement dans les spécificités techniques de la cel- lule. » L’entreprise a ensuite travaillé seule avec Arcos, le fournisseur choisi, pour la mise au point de la cellule. A noter, le choix de l’intégrateur a notamment reposé sur sa capacité à maîtriser la manière de saisir et de maintenir les pièces sous la forte pression du polissage. Des performances satisfaisantes La cellule robotisée, première implantée chez Evolutis, est désormais opérationnelle. Elle assure l’ébavurage et le polis- sage intérieur et extérieur sur quatre gammes de cotyles, incluant chacune une dizaine de tailles différentes. Le temps de polissage varie entre 3 et 5 cotyles par heure. Les difficul- tés majeures à surmonter ?
L’apport du Cetim a été précieux. Bénéficier du support de personnes expérimentées en robotique nous a fait gagner beaucoup de temps au niveau de la pré-étude et pour la sélection des fournisseurs de solution. Melody Besson, cheffe de projet robotique pourrait ne pas être unique dans l’usine. « Le futur, ce sera d’utiliser cette connaissance du premier robot implanté chez Evolutis pour de la robotisation, soit sur du chargement/déchar- gement de machines d’usinage, soit à nouveau sur des opéra- tions de polissage, de tige de hanche, de tige d’épaule, par exemple, en fonction de nos besoins dictés par la croissance souhaitée par le groupe », annonce Pierre Bernat. n JSS
Contact : Stéphane Guérin
Cliquez pour découvrir la vidéo
La machine mise au point avec Arcos peut travailler 24h/24 et supporter les températures élevées atteintes sur la pièce lors du polissage.
9
CETIM INFOS N° 279 I NOVEMBRE/DÉCEMBRE 2025
Made with FlippingBook - professional solution for displaying marketing and sales documents online