ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 18 JUIN 2026
Hausse des prix L'Alliance des économistes istiqlaliens propose des pistes pour protéger le pouvoir d'achat L Alors que la hausse des prix continue de peser lourdement sur les budgets des ménages, l'Alliance des économistes istiqlaliens propose un changement d'approche. Réforme des circuits de distribution, réduction du nombre d'intermédiaires, création de structures dédiées à la commercialisation des produits de base et renforcement de la souveraineté alimentaire figurent parmi les pistes avancées pour protéger durablement le pouvoir d'achat des Marocains. Par Z . A. ’
la concurrence cités lors de la présentation, les intermédiaires captent en moyenne 34% du prix final des produits agricoles, une part qui peut atteindre près de la moitié du prix payé par le consom- mateur. Pour Nizar Baraka, il s’agit d’un «paradoxe». «L'agriculteur ne vend pas à un prix juste et le consommateur n'achète pas non plus à un prix juste, tandis qu'une part importante de la valeur est absorbée au milieu de la chaîne» , explique-t-il. Et d’insister sur un point : il ne s'agit pas, selon lui, de revenir à une économie administrée ou de fixer les prix par décret. La priorité est de «renforcer la souve- raineté alimentaire». Parmi les principales propositions avancées par le ministre, figurent une meilleure mobilisation des res- sources hydriques grâce aux bar- rages, au dessalement de l'eau de mer et aux économies d'eau, la garantie d'un quota de production réservé au marché national pour certains produits stratégiques, le soutien, lorsque cela est néces- saire, aux intrants agricoles desti- nés aux filières produisant pour le marché intérieur, et surtout réfor- mer en profondeur les circuits de distribution. S'inspirant d'expériences interna- tionales, Nizar Baraka plaide pour la création de sociétés publiques, sociétés à capital mixte, ou parte- nariats public-privé qui seront char- gés d'organiser certaines filières agricoles sensibles. Ces structures permettraient d’acheter directe- ment auprès des producteurs et des coopératives, de développer les capacités de stockage, d’amé- liorer la logistique et du transport frigorifique, de réduire le nombre d’intermédiaires, de limiter les pertes et le gaspillage et de créer des outils de surveillance des prix. En outre, conclut-il, il faudrait constituer des stocks stratégiques de produits de base, mettre en place des mécanismes d'alerte économique et numérique, créer un Observatoire national des marges bénéficiaires des produits essen- tiels, réformer les marchés de gros et de l’assurance agricole, et avoir une traçabilité complète des prix, du producteur jusqu'au consom- mateur final. ◆
Alliance des économistes istiqla- liens a organisé une rencontre sous le thème : « Protection des familles marocaines face à la hausse crois- sante du prix des produits de base : mécanismes institutionnels et mesures citoyennes», le jeudi 11 juin, à Casablanca. Cet événement est le quatrième depuis le mois de février. Il fait suite à une série de rencontres organisées par l’Alliance où des problématiques à caractère économique sont abordées. L’événement a connu la présence de grandes figures du parti, notam- ment le secrétaire général, Nizar Baraka, et le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, ainsi que le président de l’Alliance des économistes istiqlaliens, Abdellatif Maazouz. Des acteurs de la société civile étaient également présents, comme le président de la Confédération marocaine de l'agri- culture et du développement rural (Comader), Rachid Benali.
spéculation» , affirme le ministre de l’Eau et de l’Equipement. Selon lui, il est nécessaire de mettre en place une politique qui va permettre «d’avoir un prix juste de ces pro- duits alimentaires essentiels, pour garantir à l’agriculteur un revenu à la hauteur et au citoyen un pouvoir d’achat convenable» . D’après les données qu’il a avan- cées, 75,1% des ménages maro- cains estiment que leurs conditions de vie se sont dégradées au cours des douze derniers mois. Seuls 2,5% des foyers parviennent encore à épargner une partie de leurs reve- nus, tandis que 87,8% ne pensent pas pouvoir épargner à l'avenir. La situation est directement liée à la hausse persistante des prix alimen- taires. D’ailleurs, toujours d’après Baraka, les dépenses alimentaires représentent désormais 38,5% du budget des ménages marocains et dépassent 45% pour les familles les plus modestes. Pourquoi cette hausse continue des prix ? Le secrétaire général du parti de l'Istiqlal attribue cette situation à plusieurs facteurs, comme les années successives de sécheresse, la hausse du coût des intrants agricoles, la baisse de l'offre destinée au marché intérieur, l’inefficacité des marchés de gros et la multiplication des intermé- diaires dans les circuits de distri- bution. Renforcer la souveraineté alimentaire Selon les chiffres du Conseil de
«L'idée est de pointer du doigt les éléments anormaux qui agissent sur cette hausse des prix, notam- ment l'excès d'intermédiation, qui font que malgré l'intervention de l'État, parfois coûteuse et mas- sive, le citoyen ne le ressent pas» , déclare Abdellatif Maazouz. Et d’ajouter que l’objectif de cette rencontre est de «présenter des solutions qui permettent d'assu- rer l'efficience de l'intervention de l'État et de réduire ces comporte- ments non citoyens qui pèsent sur la poche du citoyen» , assure-t-il. Conditions de vie dégradées Le secrétaire général de l’Istiqlal, Nizar Baraka, confie que l’une des grandes problématiques à traiter réside dans la hausse du niveau de vie, «surtout des produits alimen- taires». «Nous considérons qu’il est essentiel de travailler sur les méca- nismes de commercialisation pour stopper l’économie de rente et la
Nizar Baraka, lors de sa présentation pendant la rencontre organisée par l’Alliance des économistes istiqlaliens.
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