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ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 18 JUIN 2026

Coupe du monde 2030 «L'objectif est de faire de ce tournoi une gigantesque campagne mondiale de promotion territoriale»

transformer un événement sportif mondial en un véritable moteur d'inclusion économique. Pour les jeunes, le Mondial consti- tue également une opportunité de montée en compétences dans des secteurs à forte valeur ajou- tée tels que le digital, la cybersé- curité, la gestion événementielle, l'intelligence artificielle appliquée aux services ou encore le marke- ting sportif. F.N.H. : Le pouvoir d’achat des Marocains peut-il, à terme, bénéficier indirec- tement des retombées du Mondial 2030, ou s’agit-il d’un impact surtout macro- économique et sectoriel ? Kh. K. : À court terme, les retom- bées seront effectivement davan- tage visibles au niveau macroéco- nomique à travers la croissance, l'investissement et l'emploi. Cependant, à moyen et long terme, les effets peuvent se dif- fuser vers les ménages. Lorsque les infrastructures améliorent la mobilité, réduisent les coûts logistiques et favorisent l'activité économique, elles contribuent indirectement à soutenir le reve- nu des ménages et la création d'emplois. L'amélioration des transports, la modernisation des services publics, le développement du numérique et l'augmentation des flux touristiques peuvent éga- lement générer davantage de recettes fiscales permettant à l'État de financer des politiques sociales plus ambitieuses. Le véritable impact sur le pouvoir d'achat dépendra toutefois de la capacité du Maroc à transfor- mer la croissance générée par le Mondial en croissance inclusive. C'est là que réside le principal défi économique.

À cinq ans de la Coupe du monde 2030, le Maroc accélère la réalisation de projets structurants. L’enjeu est désormais de savoir comment convertir cette dynamique en retombées économiques concrètes pour les Marocains. Entretien avec Khalid Kabbadj, économiste et expert en investissement et en gestion de patrimoine.

Propos recueillis par Ibtissam Z.

Finances News Hebdo : Le Maroc s’engage dans des investissements majeurs pour le Mondial 2030. Comment évaluer aujourd’hui le rap- port entre ces dépenses et les retombées économiques attendues pour le pays ? Khalid Kabaddj : L'évaluation de la rentabilité économique d'un évé- nement comme la Coupe du monde 2030 ne peut se limiter à une simple comparaison entre les montants investis et les recettes générées durant la compétition. Le véritable enjeu réside dans l'héritage éco- nomique, social et territorial laissé au pays plusieurs décennies après l'événement. Le Maroc a fait le choix stratégique d'intégrer les investissements liés au Mondial dans une vision de développement déjà engagée. Les infrastructures ferroviaires, por- tuaires, aéroportuaires, routières, touristiques et numériques étaient pour beaucoup prévues dans les orientations du Nouveau modèle de développement (NMD) et dans la vision royale visant à renforcer la compétitivité du Royaume.

Le Mondial agit donc comme un accélérateur de projets plutôt que comme un générateur de dépenses exceptionnelles. À titre d'exemple, l'extension du réseau LGV, la modernisation des aéroports, la montée en gamme des infrastruc- tures sportives et l'amélioration des capacités hôtelières répondent à des besoins structurels qui dépas- seront largement l'échéance de 2030. L'expérience internationale montre que les pays qui tirent le meilleur retour sur investissement sont ceux qui utilisent la Coupe du monde comme un levier de transformation économique durable. C'est préci- sément la trajectoire que semble suivre le Maroc aujourd'hui. F.N.H. : Dans quelle mesure ces investissements peuvent- ils se traduire concrète- ment en création d’emplois, notamment pour les jeunes et les TPME marocaines ? Kh. K. : L'impact sur l'emploi

constitue probablement l'un des bénéfices les plus tangibles du Mondial 2030. Durant la phase préparatoire, les grands chantiers mobiliseront des dizaines de milliers d'emplois directs dans le bâtiment, les tra- vaux publics, les infrastructures de transport, l'ingénierie, les télé- communications et les services associés. Mais le véritable enjeu concerne les emplois indirects et pérennes. Le tourisme, l'hôtellerie, la res- tauration, les transports, la sécu- rité, l'événementiel, les services numériques et l'économie créa- tive bénéficieront durablement de cette dynamique. Les TPME marocaines repré- sentent plus de 90% du tissu éco- nomique national. Elles devront être pleinement intégrées aux appels d'offres et aux chaînes de sous-traitance afin que la valeur créée reste majoritairement au Maroc. Cette stratégie permettrait de

La co-organisation avec l'Espagne et le Portugal constitue une innovation géoéconomique majeure.

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