BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 18 JUIN 2026
capitaux est resté tributaire de sa capacité à capter l’épargne nationale et à lever les barrières à l’entrée pour les flux interna- tionaux. Interpellé sur la mobilisation de la circu- lation fiduciaire (dont l’encours s’élève à 513 milliards de dirhams), Tarik Senhaji a défendu l’attractivité des dispositifs fis- caux en vigueur en qualifiant la taxation à 15% sur les plus-values pour les per- sonnes physiques, et l’exonération trien- nale d’impôt sur les sociétés (IS) accordée aux entreprises s’introduisant en Bourse, de mécanismes particulièrement incita- tifs. Pour appuyer son propos, le patron du régulateur a cité l'exemple de la dette obligataire privée dont les encours ont nettement progressé en quelques années, démontrant qu’une structuration finan- cière adaptée peut canaliser d’importants volumes de capitaux. Par ailleurs, Senhaji a rappelé que l’attrac- tivité de la place financière marocaine s’évalue à l’aune des exigences réglemen- taires mondiales. En tant que membre du Conseil d’administration de l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV), il a souligné que l’AMMC prépare activement les prochaines échéances de contrôle internationales. Les évaluations à venir du Groupe d’action financière (GAFI) et l’audit du Financial Sector Assessment Program (FSAP), menés par la Banque mondiale et le FMI, constitueront des étapes décisives pour valider la résilience du système financier national. Enfin, pour répondre au défi de l’acces- sibilité linguistique souvent soulevé par les gestionnaires de fonds internationaux, le président de l'AMMC a révélé une ini- tiative technologique menée en interne. L'institution teste actuellement des outils de traduction automatisée de haute pré- cision basés sur l’IA pour les documents financiers officiels et les rapports finan- ciers. Cette solution vise à standardiser la diffusion de l'information financière en anglais, simplifiant ainsi l’analyse des émetteurs nationaux pour les investisseurs étrangers sans alourdir les obligations administratives des entreprises nationales faisant appel au marché. En clair, la liquidité commence déjà à affluer, comme le prouvent les chiffres de 2024 et de 2025. Le marché a d'ailleurs fait preuve d'une grande résilience ces derniers mois malgré les tensions géopo- litiques, confirmant que cette croissance repose sur des fondamentaux solides, avec notamment une base d’investisseurs institutionnels stable, un tissu économique plus diversifié et des entreprises engagées dans des cycles d’investissement longs. ◆
Cette modernisation est complétée par le déploiement du marché à terme. Débutant par des contrats à terme sur actions, ce marché a vocation, selon Tarik Senhaji, à intégrer à terme les contrats sur taux. Ce chaînon manquant permettra de lier orga- niquement le marché des bons du Trésor et le marché actions, tout en favorisant l’émergence de fonds à performance abso- lue capables de générer du rendement, indépendamment des cycles de marché. Le virage du Risk-Based Supervision Face à un marché élargi et plus com- plexe, Tarik Senhaji a formalisé l'évolution de la doctrine de contrôle de l’AMMC vers le Risk-Based Supervision (RBS). Cette approche permet de cibler en prio- rité les zones de vulnérabilité systémique. L’infrastructure globale de la place étant désormais stabilisée, les équipes du régu- lateur privilégient des contrôles théma- tiques et transversaux afin d’identifier les points d’ancrage sensibles et les opportu- nités d’arbitrage. Tarik Senhaji a mis en exergue la dualité temporelle forte qui caractérise le posi- tionnement de son institution : si les opé- rateurs de marché sont légitimement inci- tés à réaliser des performances de court terme, le régulateur inscrit son action dans
le long terme, veillant à la solidité de la jurisprudence du marché. C’est dans cette optique de transparence qu'il introduit le respect des «déclarations d’intention» en amont de l’application stricte des textes réglementaires, permettant aux opérateurs d’assimiler l’esprit de la règle et son impact avant son application technique. Cette recherche de transparence encadre également le développement du Conseil en investissement financier (CIF) et de la ges- tion sous mandat, deux activités en phase de structuration qui visent à élargir la base des investisseurs, notamment particuliers, tout en limitant les dérives spéculatives. Le marché des particuliers affiche par ailleurs une maturité certaine en termes de taille, représentant plus de 30% des volumes boursiers lors de l’exercice précédent, mais une population d’investisseurs crois- sante qu’il est nécessaire d’accompagner, d’acculturer et de valoriser. Épargne fiduciaire et verrous internationaux Le débat sur l’efficience du marché des
Face à un marché élargi et plus complexe, Tarik Senhaji a formalisé l'évolution de la doctrine de contrôle de l’AMMC vers le Risk-Based Supervision (RBS).
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