ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 8 OCTOBRE 2026
Programme économique Les grands arbitrages qui attendent le nouvel exécutif
F. N. H. : Le prochain gouver- nement devra exécuter un PLF qu’il n’a pas élaboré. Peut-on s’attendre à plu- sieurs amendements ? M. A. : Par le passé, les amende- ments ont marqué tous les PLF. Ils sont déposés à l’initiative de l’exécutif ou des partis représen- tés au Parlement, notamment ceux de l’opposition. Pour le PLF 2027, il faut s’attendre aux deux. Pour le gouvernement, il s’agit de se conformer à son programme et prendre les dispositions néces- saires. F. N. H. : Dans quelle mesure ce programme sera réaliste et réalisable ? M. A. : La réalisation du programme dépend essentiellement du finan- cement. Il y a toujours dans toutes les démocraties du monde un décalage entre les engagements et les réalisations. La politique, il faut le rappeler, est l’art du possible. S’inspirant du nouveau modèle du développement (NMD), le PAM capitalise sur les investissements privés pour générer davantage de recettes au trésor public. Il mise également sur un taux de crois- sance moyen de 5% pour atteindre ses objectifs. Ils sont certes très ambitieux, mais sont toutefois réa- lisables sous certaines conditions, notamment que la conjoncture soit favorable, comme une abondance de la pluie et l’apaisement des tensions géostratégiques à l’inter- national. F. N. H. : Quid des méga chantiers de la Coupe du monde 2030 ? M. A. : Le mandat du prochain gouvernement expire en 2030. Une date qui coïncide avec la co-orga- nisation du Royaume de la Coupe du monde. Tous les partis sont conscients de cet enjeu et ils ont manifesté leur soutien. Le prochain gouvernement est appelé à réaliser les chantiers dans le temps. En plus des infrastructures sportives, l’exé- cutif doit travailler certains secteurs particuliers comme le transport, le tourisme, la sécurité et l’environne- ment non seulement pour respecter le cahier des charges de la FIFA, mais pour soigner la notoriété et l’image de marque du pays. ◆
Le futur programme gouvernemental devra concilier ambitions sociales, soutien
à l’investissement, contraintes de financement et accélération
des grands chantiers à l’horizon 2030. Pour l’économiste Mohamed Amrani, sa mise en œuvre dépendra notamment de la capacité de l’exécutif à stimuler la croissance et à mobiliser davantage de recettes fiscales.
Propos recueillis par C. Jaidani
dont l’exécution sera étalée sur 5 ans.
F. N. H. : Pourrait-il y avoir des divergences entre les partis sur la finalisation ce programme ? M. A. : Les divergences font partie de la vie politique. Chaque formation voudra impo- ser sa propre vision, quand bien même elles partagent de nom- breuses similitudes. Chacune d’elles veut donner une nouvelle impulsion aux secteurs sociaux comme la santé et l’éducation, la hausse du pouvoir d’achat, l’emploi et l’amélioration des services publics, le renforce- ment des infrastructures. Le volet socioéconomique est la partie la plus importante du programme. Les citoyens ont beaucoup d’attente à ce niveau. Le PAM se démarque par sa proposition de financement de ce programme qui est une pre- mière au Maroc. Il table sur l’augmentation des recettes fiscales pour financer les diffé- rents chantiers structurants que le Maroc a lancés.
Finances News Hebdo : Comment pourrait être le programme économique du nouveau gouvernement ? : Nouvellement nommée cheffe de gouvernement, Fatima Zahra Manouri poursuit les discussions avec les partis politiques. La pre- mière étape consiste à choisir les formations qui acceptent de former le gouvernement avec le Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM). La deuxième porte sur la distribution des por- tefeuilles et la dernière a trait à la conception du programme du gouvernement. La feuille de route comporte plusieurs volets et différents objectifs. Elle sera inspirée essentiellement du pro- gramme que la formation du tracteur a véhiculé lors de la campagne électorale. Celle-ci est basé sur 20 engagements Mohamed Amrani
F. N. H. : Peut-on s’attendre à la reconduction de la coa- lition sortante ? M. A. : C’est le scénario le plus probable. Les trois partis sont arri- vés en tête du scrutin. Certes, l’ordre n’est pas le même, mais les formations ont une certaine ressemblance dans leur structure et leur identité politique et par- tagent les mêmes valeurs morales. Pour avoir une majorité confor- table, la coalition peut être élar- gie à d’autres formations à faible taille comme le PPS ou l’USFP, le Mouvement populaire ou l’Union constitutionnelle. Le PJD et la Fédération de gauche préfèrent se positionner dans l’opposition. Plus le nombre de partis formant le gouvernement est élevé, plus la distribution des portefeuilles sera compliquée et plus un compromis sur le pro- gramme gouvernemental prendra du temps.
Plus le nombre de partis formant le gouvernement est élevé, plus la distribution des portefeuilles sera compliquée.
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