BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 8 OCTOBRE 2026
Paiements BAM veut desserrer l’emprise du cash Avec 540 milliards de dirhams en circulation à fin juillet, la demande d’espèces continue de progresser malgré le développement des paiements électroniques, poussant Bank Al-Maghrib à agir sur leur acceptation chez les commerçants et leur tarification. Par Y . Seddik
pour l’inclusion financière en 2019 et mise en place du virement instantané en 2023. S’y ajoutent le relèvement des plafonds des comptes de paiement, l’assouplis- sement des règles applicables aux agents et la dématérialisation des aides sociales. BAM entend désormais renforcer l’utilisation quotidienne de ces ins- truments. L’acceptation des paie- ments numériques chez les com- merçants constitue, à ses yeux, «l’un des principaux maillons à renforcer». La stratégie consiste à encourager particuliers, entre- prises et administrations à les uti- liser, tout en élargissant le réseau de commerces où ces paiements sont possibles. Leur coût fait aussi partie des tra- vaux engagés. La Banque cherche à favoriser « un modèle écono- mique suffisamment incitatif pour le commerçant et l’utilisateur», tout en garantissant la viabilité des acteurs qui investissent dans les infrastructures et les services de paiement. Elle ne précise pas, dans sa réponse, de nouvelles grilles tarifaires ni de calendrier d’application. La dématérialisation des encais- sements et décaissements publics doit également contribuer à modi- fier les habitudes, de même que le développement du paiement élec- tronique dans les services publics. À moyen terme, BAM prévoit de poursuivre la modernisation du cadre réglementaire et ses travaux exploratoires sur une monnaie digitale de banque centrale. En parallèle, elle continue d’as- surer l’approvisionnement en espèces. La période de l’Aïd Al-Adha, du 13 au 27 mai 2026, a ainsi donné lieu à 27,2 milliards de dirhams de retraits nets aux guichets de BAM, contre 21,4 mil- liards durant la période compa- rable de 2024 et 19,3 milliards en 2023. Le taux moyen de disponi- bilité des guichets automatiques bancaires s’établissait à 95% à fin juin 2026. La Banque rappelle que la réduction de la dépendance au cash devra accompagner progres- sivement l’évolution des usages, tout en garantissant aux citoyens le libre choix de leur moyen de paiement. ◆
Le cash a doublé depuis l’avant-Covid et les paiements numériques n’ont toujours pas ralenti sa progression.
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accalmie n’aura duré qu’un an. Après une progression limitée à 5,2% en 2024, la circulation fidu- ciaire a bondi de 18% en 2025, puis de 10% sur les sept premiers mois de 2026. À fin juillet, son encours atteignait 540 milliards de dirhams, contre environ 491 milliards à la clôture de l’année précédente. Dans ses réponses à Finances News Hebdo, Bank Al-Maghrib décrit une demande de cash qui demeure forte, malgré la multiplication des solutions de paiement numérique. La rupture remonte à la crise sani- taire, puisqu’entre 2010 et 2019, les espèces en circulation augmen- taient à un rythme annuel proche de 6%. Cette cadence a doublé entre 2020 et 2023, pour atteindre 12% en moyenne. La régularisa- tion volontaire de la situation fis- cale des personnes physiques a ensuite contribué au ralentisse- ment observé en 2024. Mais dès
l’année suivante, la demande est repartie à la hausse. Fin 2025, l’en- cours représentait déjà le double de son niveau d’avant la pandé- mie. BAM tient toutefois à distin- guer cette progression de celle des paiements électroniques. La hausse du cash « ne traduit donc pas nécessairement un recul de ces derniers, mais reflète plutôt la persistance d’un recours structu- rel important au cash». Les usages numériques se développent, sans encore entraîner une modéra- tion suffisamment sensible de la demande d’espèces. Les données bancaires montrent que cette demande passe prin- cipalement par les retraits par carte aux guichets automatiques. Viennent ensuite les retraits directs ou par chèques aux guichets des banques, l’encaissement de la contre-valeur des transferts en devises des MRE et les cessions de billets étrangers. Quant aux raisons de cette préfé- rence, la Banque centrale cite la croissance économique, le poids de l’informel, la fiscalité, l’inclu- sion financière et les habitudes de
paiement. La thésaurisation inter- vient également, notamment dans les périodes d’incertitude comme celle de la crise sanitaire. BAM ne fournit cependant pas de ven- tilation permettant d’attribuer la hausse à chacun de ces facteurs. Leur impact «ne peut être déter- miné de manière isolée ni quantifié avec exactitude» , précise-t-elle, en raison des difficultés d’observa- tion et de mesure. Cette dépendance aux espèces a un coût. Sur le seul périmètre cou- vrant ses propres activités, celles des banques et des centres pri- vés de tri, BAM l’estime à environ 0,3% du PIB en 2023. Réduire le recours au cash permettrait, selon elle, de limiter ces charges et les risques de perte ou d’insécurité, mais aussi de canaliser davantage de liquidités vers le circuit formel pour soutenir le financement de l’économie. Les initiatives se sont pourtant succédé : ouverture des activi- tés de paiement à de nouveaux acteurs en 2017, introduction du paiement mobile en 2018, lan- cement de la Stratégie nationale
L’acceptation des paiements numériques chez les commerçants constitue pour BAM «l’un des principaux maillons à renforcer».
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