FNH N° 1249

POLITIQUE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 8 OCTOBRE 2026

répondre à la question «qui entre au gouvernement ?», mais surtout répondre à trois autres : sur quel programme, avec quelles priorités et avec quels engagements ? Car la victoire électorale offre un avantage considérable à Fatima Ezzahra El Mansouri, d’autant qu’elle dispose, au début de cette législature, d’un capital politique neuf. Mais ce capital se déprécie vite. Dans quelques mois, personne ne comptera plus les sièges remportés en sep- tembre. On comptera les emplois créés, les réformes

engagées, les investisse- ments réalisés, les prix sup- portés par les ménages et les promesses effectivement tenues. La bataille des alliances est donc importante. Mais elle n’est que la première étape, car Fatima Ezzahra El Mansouri doit réussir une équation autrement plus complexe que celle des 198 sièges : transformer une victoire électorale en dyna- mique politique et imposer un cap suffisamment clair pour mettre en œuvre les réformes difficiles. ◆

Quelques alliances possibles

* PAM (97) + RNI (66 ) + Istiqlal (65) : 228 sièges C'est la reconduction arithmétique de la coalition sortante, mais avec le PAM aux commandes. Marge au-dessus de la majorité : +30 sièges. C'est une majorité confortable : 57,7% de la Chambre. Elle permettrait surtout à El Mansouri de gouverner avec seulement trois partis. Le RNI a officiellement indiqué qu'il était disposé à participer au prochain gou- vernement, tandis que l'Istiqlal a mandaté Nizar Baraka pour négocier. * PAM (97) + Istiqlal (65) + USFP (26) + PPS (19) : 207 sièges C'est la configuration de la «Koutla autour du PAM», évoquée ces der- niers jours dans les négociations. Marge : +9 sièges seulement. Elle représenterait 52,4% des députés. * PAM (97) + Istiqlal (65) + MP (29 ) + UC (17) + MDS (8) : 216 sièges Marge : +18 sièges, soit 54,7% de la Chambre. Cette solution permettrait au PAM de se passer à la fois du RNI, de l'USFP et du PPS, mais elle imposerait une coalition à cinq composantes. * PAM (97) + Istiqlal (65) + MP (29 ) + USFP (26) : 217 sièges Marge : +19 sièges. Cette combinaison est arithmétiquement solide avec quatre partis seu- lement. * PAM (97) + Istiqlal (65) + MP (29 ) + PPS (19) : 210 sièges Marge : +12 sièges. Autre variante possible autour du tandem PAM-Istiqlal, qui apparaît comme la charnière de nombreuses combinaisons. Avec leurs 162 sièges cumulés, ces deux partis n'ont besoin que de 36 députés supplémentaires pour atteindre 198. C'est précisément ce qui donne à l'Istiqlal un poids considérable dans les négociations. * PAM (97) + RNI (66 ) + USFP (26) + PPS (19) : 208 sièges Marge : +10 sièges. C'est mathématiquement viable et cela permettrait au PAM de gouver- ner sans l'Istiqlal. Mais la coalition nécessiterait quatre formations et associerait le RNI aux deux partis de gauche que sont l'USFP et le PPS. Elle montre surtout quelque chose d'intéressant : l'Istiqlal est puissant dans la négociation, mais il n'est pas mathématiquement indispensable.

 Les tractations s’annoncent intenses pour former une majorité gouvernementale après les législatives.

éducation, protection sociale, stress hydrique, finances publiques, compétitivité des entreprises ou encore prépa- ration de 2030, la liste d’at- tente est déjà longue. Et certains dossiers sont poli- tiquement inflammables. La réforme des retraites en est l’exemple parfait. Repoussée, discutée, rediscutée et fina- lement transmise au gouver- nement suivant comme on laisse discrètement un colis encombrant dans le bureau de son successeur, elle attend désormais la nouvelle équipe. La future majorité devra donc être davantage qu’une coali- tion électorale. Et c’est là que Fatima Ezzahra El Mansouri joue une partie beaucoup plus importante que la distri- bution des ministères. Elle doit éviter deux pièges. Le premier serait celui du gouvernement pléthorique construit pour satisfaire tout le monde. Quelques ministères par-ci, quelques secrétariats

d’Etat par-là, une présidence de commission pour calmer les derniers mécontents, et chacun repart avec son mor- ceau du gâteau institutionnel. La recette est ancienne et rassasie les partis beaucoup plus que les électeurs. Le second serait celui d’une coalition sans contrat poli- tique suffisamment précis. Additionner PAM, RNI et Istiqlal ou n’importe quelle autre combinaison est facile sur une calculatrice. Faire travailler ensemble des for- mations ayant des intérêts, des ambitions et parfois des visions différentes pendant cinq ans est une tout autre affaire. Les consultations en cours ne devraient donc pas seulement

Les gouvernements où presque tout le monde gouverne finissent parfois par produire une opposition introuvable et une responsabilité politique difficile à attribuer.

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