FNH N° 1249

POLITIQUE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 8 OCTOBRE 2026

Gouvernement

Le jeu très ouvert des alliances Avec 97 sièges, le parti de Fatima Ezzahra El Mansouri doit désormais trouver les partenaires qui lui permettront d’atteindre le seuil des 198 députés. Plusieurs combinaisons sont possibles, chacune avec son poids numérique, ses équilibres et ses contraintes

politiques. Par D. William A

u-lendemain de sa nomination à la tête du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri a engagé les consultations avec les différentes forma- tions politiques en vue de bâtir la future majorité. Ces rencontres ont permis de son- der les intentions des uns et des autres et de commencer à dessiner les contours des alliances possibles. Car si le PAM est arrivé en tête des législatives, il ne peut évidem- ment gouverner seul. L’enjeu est donc de construire une coalition qui ait une véritable cohérence politique. Sur le papier, la solution la plus confortable serait aussi la plus simple : PAM, RNI et Istiqlal. Une coalition solide numériquement, com- posée de formations qui se connaissent, ont gouverné ensemble et disposent de cadres rompus à l’exercice du pouvoir. Bref, une méca- nique presque prête à redé- marrer. Mais alors, pourquoi avoir organisé des élections ? La question est légitime, quand

bien même elle peut paraître provocatrice. Car le scrutin du 23 septembre a modifié le rapport de force. Les élec- teurs ont placé le PAM devant ses anciens partenaires et sanctionné le RNI, passé de première force politique en 2021 à deuxième formation six ans plus tard. Reconstruire quasiment à l’identique la majorité sortante, en chan- geant simplement le nom inscrit sur la porte du chef du gouvernement, risquerait donc d’installer l’idée que le verdict des urnes a rebattu les cartes sans pour autant imprimer un véritable change- ment de cap. Politiquement, ce serait délicat. Fatima Ezzahra El Mansouri doit ainsi arbitrer entre deux impératifs contradictoires : la stabilité et le renouvellement. La stabilité plaide pour une coalition resserrée et suffi- samment homogène pour gouverner sans passer son temps à compter ses dépu- tés. Le renouvellement exige, lui, que la victoire du PAM produise quelque chose de

perceptible, à savoir une méthode, des priorités, des hommes et des femmes nouveaux, mais surtout une inflexion politique identifiable. C’est tout le paradoxe de la situation. Plus la coali- tion sera large, plus elle sera confortable au Parlement. Mais plus elle sera large, plus elle risque de diluer l’identité du gouvernement. Et la politique marocaine connaît bien cette maladie : les gouvernements où presque tout le monde gouverne finissent parfois par produire une opposition introuvable et une responsabilité politique difficile à attribuer. Lorsque les choses vont bien, cha- cun revendique le résultat. Lorsqu’elles vont mal, les res- ponsabilités deviennent sou- dain collectives, donc introu- vables. Le choix des alliés dira donc beaucoup du gou- vernement qui se prépare. L’Istiqlal paraît difficile à contourner. Son poids élec- toral, son implantation ter-

ritoriale et son expérience gouvernementale en font un partenaire naturel. Le RNI demeure également une force parlementaire importante. Mais son intégration dans la future majorité poserait nécessairement la question de la continuité avec le gou- vernement précédent. A l’inverse, chercher une configuration plus originale pourrait donner davantage de personnalité au nouvel exé- cutif, mais au prix de négo- ciations plus complexes et probablement d’une cohésion plus fragile.

Plus qu’une coalition électorale

Il faut rappeler, tant s’en faut, que le Maroc n’a pas besoin d’une coalition uniquement capable de franchir le seuil des 198 députés, mais d’un gouvernement capable d’af- fronter une accumulation de dossiers. Pouvoir d’achat, emploi, réforme des retraites, santé,

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