Cetim infos n°282 - Mai-Juin 2026

Décryptage

Afin d’aider les industriels nouveaux entrants dans le monde de l’hydrogène, le Projet stratégique sectoriel Hydrogène & Equipements fluidiques s’est penché sur les méthodes d’évaluation de la compatibilité et la qualification des matériaux métalliques et polymères en environnement H 2 . Hydrogène Qualification des matériaux : un point crucial

C omment choisir et qualifier des maté- riaux sensés supporter un environnement hydro- gène ? Quels sont les critères pour déterminer leur compati- bilité avec l’hydrogène ? Quelles propriétés doit-on analyser pour le vérifier ? Avec quelles méthodes ? Si les spé- cialistes du domaine, qui manipulent le dihydrogène depuis des dizaines d’années, peuvent se reposer sur leur expérience, les nouveaux entrants dans ce secteur, notamment les fabricants de composants mécaniques, sont moins sereins au moment de faire leurs choix et de les justi- fier. C’est ce qui a conduit le Projet stratégique sectoriel (PSS) Hydrogène & Equi- pements fluidiques, désormais clôt, à y consacrer un axe à part entière intitulé « Compatibilité matériaux avec le gaz hydro- gène ». Son but : proposer un guide de compatibilité maté- riaux (métalliques et non métalliques) en présence d’hy- drogène gazeux dans diffé- rentes conditions de service issues de cas industriels concrets, afin d’identifier des solutions matériaux perti- nentes. Dans ce cadre, l’un des objectifs était de développer des méthodologies de tests adaptées pour évaluer la com- patibilité des matériaux par rapport à l’environnement mais, aussi, d’analyser les per- formances en service des maté-

riaux utilisés dans la fonction étanchéité de systèmes flui- diques, et de réduire les coûts associés aux essais. Focus sur les métaux Les études se sont scindées en deux : les matériaux métal-

liques et les polymères (et par extension les composites). Pour les métaux, « nous avons d’abord réalisé une importante recherche biblio- graphique sur le sujet », déclare Pierre Osmond, en charge de ce sujet dans l’axe 2

du PSS. Résultat de ces inves- tigations : que l’on parle de résistance mécanique, de résistance à la fatigue ou encore de propagation de fis- sures, « si l’hydrogène dégrade les propriétés des matériaux métalliques, ceux- ci peuvent être largement uti- lisés pour la fabrication de composants mécaniques en contact direct avec l’hydro- gène, sous réserve que leurs propriétés restent suffisantes en environnement d’utilisa- tion », explique Pierre Osmond. En revanche, les aspects normatifs sont peu développés et les méthodes proposées pour évaluer la compatibilité des métaux avec l’hydrogène sont propres à des applications bien défi- nies. « Pour notre projet, nous avons cherché des méthodes génériques pouvant s’appli- quer à un large domaine d’applications », commente Pierre Osmond. Le choix s’est porté sur l’ANSI/CSA CHMC-1 (2014) « Test methods for evaluating mate- rial compatibility in com- pressed hydrogen applica-

Pour la plupart des essais, les équipes ont utilisé des moyens communs dont des machines de traction compression opérant sous 400 bars.

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CETIM INFOS N° 282 I MAI/JUIN 2026

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