ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 11 JUIN 2026
nomique» , souligne le professeur Rachid El Fakir. Si cette configuration du capital a favorisé l’essor de nombreuses filières à l’international, ses effets sur le marché du travail appa- raissent cependant plus contras- tés. Les effets sur la croissance et l’emploi L’activité industrielle génère envi- ron 240 milliards de dirhams de valeur ajoutée et un chiffre d’af- faires à l’export de plus de 398 milliards. Cependant en matière d’emploi, la contribution du sec- teur ne s’élève qu’à 13,6%. La nouvelle enquête sur la main- d’œuvre (EMO2026), conçue conformément aux récentes normes internationales, révèle la domination du secteur des ser- vices dans le paysage de l’emploi national. Selon les données dispo- nibles pour le 1er trimestre 2026, le secteur assure plus de 5 millions d’emplois rémunérés, soit 49,1% du volume total des emplois recen- sés. Il est suivi du secteur de l’agri- culture, sylviculture et pêche, qui emploie 2,54 millions de personnes (24,5%). Le secteur de l’industrie n’arrive qu’à la troisième position avec près d’1,4 millions de per- sonnes (13,6%), suivi du BTP avec 1,3 million (12,7%). Le volume de l’emploi dans le sec- teur industriel enregistre toutefois une progression au fil des années. En 2024, il enregistrait déjà 1,04 mil- lion de personnes contre 995.000 en 2023 (+4,3%). Cependant, «une analyse de l’industrie moderne marocaine révèle une certaine structure axée sur l’intensification en capital et non pas en capital humain. Elle ne crée donc pas autant d'emplois que les secteurs traditionnels comme l’agriculture, l’artisanat ou les services» , sou- ligne le professeur El Fakir. Par ail- leurs, «l'industrialisation du Maroc a toutefois favorisé la création de milliers d'emplois qualifiés et semi-qualifiés, notamment dans les filières de l'automobile, l'aéro- nautique, les services industriels et la logistique. On assiste ainsi à l'émergence d'une nouvelle classe de techniciens, d'ingénieurs et de cadres spécialisés» , poursuit-il. ◆
L’investissement dans le secteur industriel a atteint plus de 89 milliards en 2024, en progres- sion de +198% par rapport à son niveau de 2021.
Industrie Les succès du Maroc et le paradoxe de l’emploi
investisseurs, qu’ils soient natio- naux ou étrangers, dans l’appareil productif marocain. En effet, le capital investi dans le secteur industriel est détenu dans sa majorité par des opé- rateurs nationaux. Les données disponibles font notamment état d’une répartition du capital social industriel entre 70,2% apparte- nant à des opérateurs marocains contre 29,8% pour des opérateurs internationaux. Le capital étranger est principalement réparti entre la France (25,6%), les États-Unis (10,2%), la Chine (8,2%), l’Espagne (8%), l’Allemagne (6,4%), la Corée du Sud (4,8%) et l’Inde (4,1%). L Le Maroc est devenu la première économie industrielle de l’Afrique, une performance qui repose sur un appareil productif en pleine transformation. Un modèle qui renforce la compétitivité du Royaume, mais qui peine à peser sur l’emploi. Par J. M. ’
indice d’industrialisation de l’Afrique (IIA), proposé par la Banque africaine de développe- ment (BAD), a fait du Maroc la première économie industrielle du continent. Le Royaume arrive en tête avec un score de 0,8415 sur un maximum de 1 point possible. Un niveau d’industrialisation atteint grâce à une stratégie industrielle qui s’appuie notamment sur l’at- traction des investissements. Selon les données du baromètre industriel, le secteur est consti- tué d’environ 13.000 entreprises, qui génèrent un chiffre d’affaires de 897,81 milliards de dirhams. L’investissement dans le secteur a atteint plus de 89 milliards de DH en 2024, en progression de +198% par rapport à son niveau de 2021 (30,1 milliards). Un niveau qui témoigne de la dynamique sou- tenue des investissements, mais également de la confiance des
triel demeure majoritairement déte- nu par des opérateurs nationaux. Une configuration qui a permis au Royaume de bénéficier à la fois des apports technologiques, finan- ciers et commerciaux des groupes internationaux tout en conservant une base entrepreneuriale locale importante. «Du Plan émergence en passant par le Pacte national pour l'émergence Industrielle et le Plan d'accélération industrielle et jusqu’à la nouvelle Charte de l'investissement, on voit que le Maroc est arrivé à bien posséder une industrie automobile leader en Afrique, une industrie aéronautique intégrée aux chaînes des valeurs mondiales, un secteur des phos- phates à forte valeur ajoutée, une industrie agroalimentaire déve- loppée, des infrastructures logis- tiques de niveau international, et une montée progressive dans les classements de complexité éco-
Cette structure du capital met en évidence la spécificité du modèle marocain. Les investissements étrangers ont notamment contri- bué à l’essor de filières exporta- trices telles que l’automobile et l’aéronautique, mais le tissu indus-
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