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ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 11 JUIN 2026

Industrie «Le Maroc a progressivement construit un écosystème diversifié»

Les résultats sont aujourd’hui visibles. Les exportations maro- caines sont devenues beaucoup plus diversifiées qu’auparavant. Alors que les phosphates et les produits agricoles dominaient his- toriquement les échanges exté- rieurs, l’industrie automobile est devenue le premier secteur exportateur du Royaume avec plus de 140 milliards de dirhams d’exportations annuelles ces der- nières années. L’aéronautique a également connu une progression remarquable, avec plusieurs cen- taines d’entreprises intégrées dans les chaînes de valeur mondiales. Cette diversification a considéra- blement réduit la dépendance de l’économie marocaine à quelques produits traditionnels. Toutefois, cette évolution n’aurait pas été possible sans une pro- fonde modernisation de l’appa- reil productif. Le Maroc dispose aujourd’hui de l’une des plate- formes industrielles les plus com- pétitives du continent africain, appuyée par des infrastructures de rang mondial telles que le port de Tanger Med, dont la capacité dépasse désormais plusieurs mil- lions de conteneurs par an. Cette infrastructure a transformé la posi- tion du Royaume dans le com- merce international en faisant du Maroc une véritable plateforme industrielle et logistique entre l’Eu- rope, l’Afrique et l’Atlantique. F. N. H. : Le Royaume a développé des écosystèmes industriels performants dans l’automobile, l’aéronautique, les énergies renouvelables et les batteries. Dans quelle mesure ces secteurs ont-ils modifié la structure de l’éco- nomie et sa capacité d’ex- portation ? Y. G. F. : Les écosystèmes indus- triels développés dans l’automo- bile, l’aéronautique, les énergies renouvelables et les batteries ont profondément transformé la struc- ture de l’économie marocaine. Ils ont permis au Royaume de passer progressivement d’une économie dominée par des secteurs tradi- tionnels à une économie davantage orientée vers l’industrie manufac- turière, les technologies avancées

Le Maroc se hisse au premier rang de l’Indice de l’industrialisation en Afrique de la BAD, devant l’Afrique du Sud. Cette performance traduit une transformation profonde du modèle productif national, portée par une stratégie industrielle de long terme. Entretien avec Youssef Guerraoui Filali, président du Centre marocain pour la gouvernance et le management (CMGM).

Propos recueillis par Ibtissam Z.

Finances News Hebdo : Le Maroc occupe désormais la première place de l’In- dice de l’industrialisation en Afrique devant l’Afrique du Sud. Cette performance traduit-elle une transforma- tion structurelle profonde de l’économie marocaine, ou s’explique-t-elle davantage par la montée en puissance de quelques secteurs indus- triels stratégiques ? Youssef Guerraoui Filali : Le positionnement du Maroc à la pre- mière place de l’Indice de l’indus- trialisation en Afrique (IIA) constitue avant tout la consécration d’une transformation structurelle enga- gée depuis plus de deux décen- nies. Cette performance ne peut être réduite à la seule réussite de quelques filières industrielles, même si des secteurs comme l’automobile, l’aéronautique, l’élec- tronique ou encore les énergies renouvelables ont joué un rôle moteur. Elle reflète un changement plus profond du modèle productif

national, marqué par une montée en gamme industrielle, une amé- lioration de la compétitivité, un renforcement des infrastructures logistiques et une intégration crois- sante dans les chaînes de valeur mondiales. De ce fait, le Maroc a progressivement construit un éco- système industriel diversifié, sou- tenu par des politiques publiques industrielles, une stabilité institu- tionnelle reconnue et une ouver- ture économique importante. Cette dynamique a permis d’accroître la contribution de l’industrie manu- facturière aux exportations et d’at- tirer des investissements directs étrangers à forte valeur ajoutée. Toutefois, cette transformation doit encore être consolidée à travers le développement de la recherche et de l’innovation nationales, le ren- forcement de l’intégration locale et la montée en compétences du capital humain afin que les retom- bées industrielles profitent davan- tage à l’ensemble du tissu écono- mique et à l’emploi qualifié.

F. N. H. : Cette progres- sion repose notamment sur la modernisation de l’appa- reil productif, la diversifica- tion des exportations et la mise en œuvre de politiques industrielles ambitieuses. Parmi ces leviers, lesquels ont eu l’impact le plus déter- minant sur la montée en puissance du Maroc ? Y. G. F. : À mon sens, le facteur le plus déterminant dans la montée en puissance industrielle du Maroc n’est pas uniquement la moder- nisation de l’appareil productif ou la diversification des exportations, mais avant tout la vision straté- gique de l’État à travers des poli- tiques industrielles cohérentes et de long terme. Les différents plans industriels mis en œuvre depuis le début des années 2000 ont per- mis de structurer des écosystèmes performants, d’attirer des investis- sements internationaux majeurs et de créer un environnement favo- rable à l’industrialisation.

La première place du Maroc dans l’Indice africain de l’industrialisation consacre plus de vingt ans de réformes et de diversification industrielle.

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