Lorsque nous regardons le monde, nous voyons des conflits et des tensions. Et pourtant, les récits de ce numéro montrent que la paix est possible – même au coeur de circonstances difficiles.
SAM ALL NS
Édition 02 Mai 2026
PAIX
Apprendre à vivre la paix Comment la paix est vécue au Cameroun, au cœur de l’insécurité et des conflits.
Le pardon plutôt que la vengeance Dre Elona Prroj, d’Albanie, montre comment le pardon guérit les blessures profondes.
CONTENU
04 Actuel
Photo de couverture Manu Dufner et d’autres participants lors de leur mission au Cambodge – prochain voyage en janvier 2027
Rapports de projet Vanna M.
05 Personnel
Quand l’eau sépare . . . et réunit Martin Baumann
10 Vécu
Entre guerre et espoir Jonathan Schmidt
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11 En francophonie
Accueillir et rester dans l’Esprit de paix Alexandre Weiss
Apprendre à vivre la paix Comment la paix est vécue au Cameroun, au cœur de l’insécurité et des conflits.
12 SAM family
Actualités concernant nos collaborateurs à travers le monde
14 Un bout de vie
Des anti-héros au sauna Chronique de Michi Dufner
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15 La dernière
Le pardon plutôt que la vengeance
Pouls financier Peter Röthlisberger
Dre Elona Prroj, d’Albanie, montre comment le pardon guérit les blessures profondes.
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LA PREMIÈRE
Soyons des artisans de paix
Chère lectrice, cher lecteur,
La paix est un sujet qui nous accompagne partout. Peut-être parce que nous y aspirons, peut-être aussi parce que nous sentons à quel point elle est fragile. Lorsque nous regardons le monde, nous voyons des conflits et des tensions. Et pourtant, les récits de ce numéro montrent que la paix est possible – même au cœur de circonstances difficiles. Au Cameroun, des personnes se sentent responsables les unes des autres et vivent la paix là où elle est particulièrement mise à l’épreuve. En Albanie, après une perte inimaginable, une femme choisit le pardon et brise ainsi un cycle de violence. Aussi différentes que soient ces histoires, elles ont une vérité commune : la paix commence au plus profond de l’être humain. En tant que chrétiens, nous croyons que cette paix est un don. Parce que nous sommes aimés, nous pouvons la recevoir et devenir nous-mêmes des artisans de paix. La paix n’est pas un état idéal pour un jour lointain, mais une attitude pour au- jourd’hui. Cela ne signifie pas que tout devient facile. C’est précisément dans les moments de tension que se révèle ce que signifie vraiment la paix : écouter au lieu de riposter, unir au lieu de diviser, construire des ponts au lieu d’ériger des barrières. Cette invitation s’adresse aussi à nous, en Europe francophone. Souvent, nous ne savons pas ce que les gens portent en eux. C’est pour cela que de petits gestes peuvent avoir un grand impact. La paix n’est pas quelque chose que nous attendons simplement. C’est quelque chose que nous pouvons vivre. Peut-être com- mence-t-elle précisément là où nous osons faire le premier pas.
Sarah Link, Rédaction SAM Allons
Sarah apporte une expé- rience internationale acquise à travers diffé- rents projets humani- taires, notamment en Namibie avec Christ’s Hope International ainsi qu’avec son propre pro- jet Fair Hero au Guate- mala, qui vise à promou- voir le commerce équitable et des perspec- tives durables. Grâce à son parcours en marketing, innovation et gestion de projets, elle allie une pensée straté- gique à une conviction profonde : rencontrer les personnes dans leur globalité et contribuer à un changement durable, toujours avec Dieu au centre de son engage- ment. Au sein de SAM global, elle met cette perspective au service du magazine : elle valorise des histoires porteuses d’espérance, relie des expériences glo- bales à des contextes locaux et montre com- ment la foi peut se vivre concrètement au quotidien.
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Cordialement,
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ACTUEL
Pas comme le monde donne La paix est quelque chose que beaucoup souhaitent. Pourtant, elle semble souvent bien loin. Au Cambodge, je suis confronté à cette tension au quotidien. Les gens vivent dans l’insécurité, la pauvreté et face à des difficul- tés qu’ils ne peuvent pas changer. Souvent, la question se pose : est-ce inéluctable ? La vie doit-elle forcément être ainsi ?
Dans le bouddhisme, l’accent est davantage mis sur l’état intérieur de l’individu. La paix y est souvent consi- dérée comme le fruit de l’autodiscipline : elle s’acquiert par la méditation et en surmontant le désir, la colère et l’ignorance. Lorsque l’individu trouve la paix intérieure, cela se répercute également sur son entourage. Mais la réalité quotidienne au Cambodge pose un défi. Beaucoup de gens ne connaissent que partiellement les enseignements originaux du Bouddha. La souffrance est considérée comme quelque chose d’inévitable, parfois même comme quelque chose que l’on mérite. Cela entraîne des conséquences. La pauvreté, l’injustice ou la corruption sont souvent tolérées parce qu’on pense ne rien pouvoir y changer. Il n’y a pas de vision pour l’avenir. L’espoir d’un possible changement fait souvent défaut.
Vanna M., Cambodge
Vanna avec un moine bouddhiste – Rencontre entre deux visions du monde au Cambodge.
Le christianisme et le bouddhisme parlent tous deux de paix. Pourtant, on constate de grandes différences dans la manière dont les gens la comprennent et la vivent. La foi chrétienne m’a appris que la paix ne dépend pas des circonstances. Même au cœur des conflits, une paix intérieure peut naître, une paix qui vient de Dieu. Jésus dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde donne. » (Jean 14.27a) Cette paix n’est pas un sentiment superficiel, c’est une relation. Elle grandit là où les gens font confiance à Dieu, se pardonnent mutuellement et choisissent consciem- ment l’amour, même lorsque c’est difficile. En tant que chrétiens, nous sommes invités à ne pas garder cette paix pour nous, mais à la transmettre.
Vanna raconte des histoires de la Bible de manière vivante et transmet l’espoir aux habitants de la région.
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PERSONNEL
Quand l’eau sépare . . . et réunit
Un nouveau puits est en principe un motif de réjouissance ; c’est du moins ce qu’on pourrait croire. Mais parfois, il met au jour tout le contraire. Cette histoire s’est déroulée dans le village de Sapucaia*, situé dans une région très aride du Brésil. L’eau du puits existant ne suffisait plus depuis longtemps pour les quelque 25 familles. Il arrivait parfois qu’il n’y ait pas une goutte pendant plusieurs jours. Beaucoup de gens devaient parcourir de longues distances ou demander de l’eau à d’autres pour pouvoir tout juste faire face à leur quotidien. C’est pourquoi nous avons décidé de forer un nouveau puits. Pendant l’installation de la pompe et des canalisations, Maria* et sa famille nous ont apporté une aide précieuse. Cependant, j’ai remarqué que les autres vil- lageois n’étaient pas venus. Cette question me trottait dans la tête, jusqu’à ce que Franzisca* m’aborde le jour même. Elle a commencé à me raconter une histoire qui remontait à de nombreuses années. À l’époque, un homme politique avait fait construire un puits pour la famille de Maria. Celui-ci fournissait de l’eau en abondance, à tel point qu’ils pouvaient même s’en servir pour se laver. La famille de Francisca, en re- vanche, n’y avait pas accès. Cette situation a donné lieu à bien plus qu’un simple problème pratique. Au fil des ans, la méfiance, la jalousie et les blessures s’étaient accumulées. La question « Pourquoi eux, et pas nous ? » était dans l’air. C’était pré- cisément ce vieux conflit qui refaisait surface. La famille de Francesca craignait que l’his- toire se répète et que l’eau ne soit à nouveau pas partagée avec tout le monde.
Martin Baumann, Présent au Brésil depuis plus de 30 ans
Les premiers visiteurs se régalent de cette délicieuse boisson.
Ce récit m’a donné à réfléchir. Nous avions pourtant clairement indiqué dès le départ que l’eau était destinée à tous et devait être partagée. Afin de clarifier la situation, j’ai demandé à Maria de se joindre à nous, mais les émotions étaient si vives de part et d’autre que la discussion a rapidement dé- généré en une violente dispute. À ce mo- ment-là, j’ai dit à Maria : « N’ajoute pas de l’huile sur le feu. Je t’en prie, tais-toi. » Puis je me suis retiré. Environ deux jours plus tard, j’ai reçu un message vocal de Maria. Elle avait cherché à s’entretenir avec Franzisca. Les deux femmes avaient pris le temps de s’écouter mutuelle- ment et avaient finalement fait la paix. Lorsque nous sommes retournés au village la semaine suivante pour achever l’installa- tion, la situation avait nettement changé. Ce n’étaient plus seulement six familles qui s’in- téressaient au puits, mais les 25. Les malen- tendus avaient été dissipés et il était devenu possible de se pardonner mutuellement. Petit à petit, la confiance s’était rétablie. Nous inaugurerons bientôt ce puits. Au- jourd’hui, notre joie est double : celle de l’eau et celle de la réconciliation. *Ce nom a été changé
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CAMEROUN
Apprendre à vivre la paix Comment définir la paix lorsque les conflits marquent le quotidien ? Ce qui passe au Cameroun montre que la paix ne naît pas des programmes, mais des personnes. Elle se construit à travers des décisions, la formation et des cœurs prêts à assumer des responsabilités. Au Cameroun, notre église partenaire se penche sur la manière dont la paix peut être vécue même dans des circonstances difficiles.
Depuis des années, le Cameroun est mar- qué par des tensions politiques, des défis économiques et une insécurité croissante. Lors de l’Assemblée générale de l’UEEC (Union des églises évangéliques du Came- roun) qui s’est tenue en février dernier à Kousseri, une idée à la fois simple et stimu- lante a donc été au centre des débats : « Heu- reux les artisans de paix. »
conflits et dont ils assument leurs responsa- bilités les uns envers les autres.
L’année écoulée a une nouvelle fois mis en évidence la fragilité de la situation dans le pays. Après les élections, des troubles ont éclaté, faisant des victimes, détruisant des bâtiments et exacerbant les tensions. Les églises ont elles aussi été directement touchées : des personnes ont perdu la vie, d’autres ont été enlevées ou traumatisées. Dans une telle situation, il aurait été compré- hensible que les églises se retirent. Or, c’est exactement le contraire qui s’est produit. Nombre d’entre elles ont délibérément choi- si de rester. Elles accompagnent les familles qui souffrent des conséquences de la vio- lence, écoutent là où les mots manquent et aident là où les structures étatiques at- teignent leurs limites. Elles deviennent ainsi, pour beaucoup de personnes, un lieu où l’espoir redevient tangible. La paix commence à l’intérieur Au cours de l’Assemblée générale, il a été souligné à maintes reprises que la paix naît d’abord dans le cœur de chaque personne. Quiconque souhaite transmettre la paix doit d’abord en faire l’expérience et apprendre à la préserver. Cela ne signifie pas que les conflits disparaissent, mais que nous les gé- rons différemment. Que nous ne refoulons pas les tensions, mais que nous y faisons face avec honnêteté, respect et une volonté de dialogue.
Au Cameroun, les églises deviennent des lieux d’espoir en accompagnant concrètement les personnes et en incarnant la réconciliation au quotidien.
Mais que signifie être un artisan de paix lorsque les gens sont confrontés à la perte d’êtres aimés, à la peur et à des conditions de vie instables ? Pour l’UEEC, la paix n’est ni un concept théo- rique ni un objectif lointain. C’est une attitude qui se vit au quotidien. Elle se manifeste dans la manière dont les gens se comportent les uns envers les autres, dont ils gèrent les
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CAMEROUN
La formation permet aux jeunes d’acquérir les compétences nécessaires pour assumer des responsa- bilités et agir en tant qu’artisans de la paix au sein de leurs commu- nautés.
Dans ce contexte, l’importance cruciale de la formation est également apparue clairement. La paix ne naît pas par hasard. Elle s’épanouit là où les personnes sont formées, là où elles apprennent à assumer des responsabilités et à gérer les conflits. C’est pourquoi l’église in- vestit de manière ciblée dans des centres de formation, dans la promotion de jeunes lea- ders et dans la formation théologique. La paix ne naît pas par hasard. Elle s’épanouit là où les personnes sont formées, là où elles ap- prennent à assumer des responsa- bilités et à gérer les conflits. Et l’UEEC accorde une grande importance à la formation et à la préparation de ses colla- borateurs avant qu’ils ne soient envoyés ser- vir ailleurs. Ils apprennent à s’enraciner dans leur propre vie avant d’assumer la responsa- bilité d’autrui. Car les artisans de paix ne naissent pas de programmes, mais d’une maturation personnelle, de relations et d’une vie fondée sur la paix. La paix relie les histoires Lorsque l’on examine ces évolutions, il appa- raît clairement qu’elles ne sont pas isolées. Une situation similaire se dessine également dans d’autres contextes. L’article sur l’Albanie décrit comment une femme, après avoir subi une perte douloureuse, choisit la voie du par- don et brise ainsi le cercle vicieux de la vio- lence. En Ukraine, en pleine guerre, les gens vivent de petits moments précieux de paix en compagnie de leur famille et de leurs amis.
Ces histoires sont différentes, mais elles vé- hiculent un message commun : la paix com- mence au plus profond de l’être humain et se manifeste là où elle est vécue. Une invitation qui nous est adressée C’est peut-être précisément cette invitation qui nous est adressée, car la paix n’est pas un sujet qui ne concerne que les autres pays. Elle commence aussi ici, dans notre propre environnement, dans nos relations, dans nos interactions les uns avec les autres et dans la manière dont nous allons vers les autres. En Europe aussi, nous rencontrons chaque jour des personnes aux parcours de vie très différents. Derrière de nombreuses ren- contres se cachent des expériences que nous ne voyons pas. C’est précisément pour cette raison que de petits gestes peuvent avoir un grand impact : une oreille attentive, un in- térêt sincère ou la volonté de laisser de la place à quelqu’un. La paix n’est pas quelque chose qu’il faut simplement attendre. C’est quelque chose que nous contribuons à façonner. Elle grandit là où nous nous laissons toucher, là où nous nous impliquons intérieurement et où nous sommes prêts à assumer nos responsabilités. Peut-être commence-t-elle précisément là où nous cessons de détourner le regard et où nous commençons à nous laisser toucher.
Texte de base de Pst. Salomon Hamadina, résumé par Sarah Link
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ALBANIE
La paix est un choix Chez SAM global, nous travaillons pour la paix dans nos pays d’engagement. Dans le cadre du pro- gramme « des sociétés pacifiques et inclusives pour un développement durable », nous luttons par exemple contre les mutilations génitales féminines (Guinée, voir le dernier numéro du SAM Allons), nous venons en aide à des veuves qui ont perdu leur mari dans des attaques terroristes (Cameroun) ou nous menons des actions de sensibilisation contre la traite des êtres humains (Cambodge). Mais que signifie la paix lorsque sa propre vie est marquée par la violence ? Dre Elona Prroj vient d’un pays où la vendetta est une tradition. Elle connaît cette réalité de très près. Après la mort violente de son mari, elle a pris une décision qui a tout changé : une décision contre la vengeance et pour le pardon.
Source : Dre Elona Prroj
Le pardon plutôt que la vengeance
La paix est un mot qui semble souvent bien loin- tain, surtout lorsque la vie est marquée par une perte profonde. Pour moi, la paix n’est pas simple ment un état, mais elle est devenue un choix quotidien, un chemin que je parcours pas à pas et un témoignage de la puissance transforma- trice de Dieu dans ma vie.
Chacun d’entre eux aurait pu devenir une cible. Mon mari a vécu quatre ans dans cette situation, limité dans son quotidien, mais porté par une profonde confiance en Dieu. Puis il a pris une décision qui a tout changé : il ne voulait plus vivre caché, mais servir Dieu de manière visible et ouverte. Il avait confiance que sa vie était entre les mains de Dieu. En tant qu’épouse, je vivais à cette époque avec deux grandes craintes. Je crai- gnais pour sa vie, mais j’avais aussi peur de le freiner dans sa vocation. Finalement, j’ai pris ma décision : je resterais à ses côtés, quelle que soit la direction que prendrait ce chemin. Briser le cercle vicieux Une année plus tard, l’inconcevable s’est produit : mon mari a été tué. En un instant, mon monde s’est effondré. Plus rien n’était comme avant. La douleur était insurmon- table et tout en moi réclamait justice. Mon entourage s’attendait lui aussi à ce que je m’engage dans cette voie. Dans notre culture, il aurait été normal de réclamer vengeance. Mais au milieu de cette douleur, je me suis
Je viens d’Albanie, un pays où tradition, honneur et histoire sont étroitement liés. Dans le nord en particulier, le problème de la vendetta marque encore de nombreuses familles. Elles vivent dans la peur, l’isole- ment et un cycle de violence qui se perpétue de génération en génération. Pendant long- temps, c’était pour moi quelque chose que je connaissais de nom, mais je n’aurais ja- mais pensé que cela ferait un jour partie de ma propre vie. Avec mon mari, je dirigeais l'église « Word of Christ » à Shkodër. À cause d’un crime commis par un parent, 25 hommes de ma famille vivaient sous une menace constante.
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ALBANIE
souvenue des paroles de Jésus : « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persé- cutent. » Ces paroles, que j’avais si souvent entendues et transmises moi-même, sont soudainement devenues un défi personnel. Elles n’étaient plus une théorie, mais une décision que je devais prendre. J’ai commencé à comprendre que la vengeance ne ramènerait pas mon mari. Elle n’aurait fait que transmettre la douleur à une autre famille. J’ai commencé à comprendre que la ven- geance ne ramènerait pas mon mari. Elle n’aurait fait que transmettre la douleur à une autre famille, à une autre femme, à une nouvelle génération. Le cycle de la violence se serait poursuivi, comme il le fait depuis des siècles. Une décision consciente de pardonner Le pardon en revanche, m’a ouvert une autre voie, pour briser ce cercle vicieux. Ce n’était pas un chemin facile. C’était un processus qui a pris du temps et qui m’a sans cesse mise à l’épreuve. Il y avait des jours où les souvenirs refaisaient surface et où la dou- leur redevenait palpable. Mais à chaque fois, j’ai pris la décision de lâcher prise et de faire confiance à Dieu. J’ai appris que le pardon n’est pas un sentiment. C’est une décision consciente qui a souvent un prix élevé. Par- donner ne signifie pas nier l’injustice ou mi- nimiser la perte. Cela signifie faire confiance à Dieu, croire qu’Il est juste, même quand je ne comprends pas.
détruit des vies, non seulement physique- ment, mais aussi émotionnellement et spiri- tuellement. Les enfants grandissent dans la peur, car leurs pères ne peuvent pas quitter la maison. Les mères sont en proie à une in- quiétude constante pour leur famille. Beau- coup de personnes vivent prisonnières entre la tradition, la douleur et le désir d’une autre vie, en particulier dans les pays où nous me- nons nos projets. Dans ce contexte, la paix n’est pas une idée abstraite, c’est un besoin profond. Et pour- tant, la paix véritable ne commence pas à l’extérieur, mais dans le cœur de chaque per- sonne. C’est précisément là que nous es- sayons d’intervenir dans notre travail. Toutes les histoires ne se terminent pas par une ré- conciliation totale, mais chaque pas vers le pardon est un pas vers plus de paix.
La tour de la vengeance (à droite), située à Theth dans les Alpes alba- naises, servait autrefois de refuge aux hommes menacés par la vendetta.
Dre Elona dit : « Pour moi, la paix ne veut pas dire que tout va bien ou qu’il n’y a plus de conflits. La paix signifie que l’espoir trouve sa place, que les gens trouvent le courage d’agir autrement et qu’ils commencent à croire que le changement est possible. »
Mon histoire n’est pas une histoire de force, c’est une histoire de grâce. Jésus est devenu
S’engager pour ceux et celles qui vivent la même chose
mon soutien à une époque où tout vacillait. Il m’a montré que même dans la douleur la plus profonde, la guérison est possible et que la lumière peut percer là où tout semble sombre.
Aujourd’hui, cette expérience me permet de venir en aide à d’autres personnes. Avec la fondation « No Blood Feud – Yes to Life » (non à la vendetta, oui à la vie), nous accom- pagnons des familles qui souffrent des conséquences des vendettas. Nous consta- tons chaque jour à quel point la violence
Texte : Dre Elona Prroj, www.nobloodfeud.com, prrojelona@gmail.com
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VÉCU
Entre guerre et espoir
Ces jours-ci, il est difficile de ne pas voir la guerre. Elle ne se manifeste pas seulement à travers les images de villes détruites, mais aussi dans les mots, les tensions et la ma- nière dont les gens se côtoient. Elle a de nombreux visages, et tous laissent des traces. Au cours des derniers mois, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes pour qui la guerre n’est pas un simple titre de journal, mais une réalité. Des rencontres qui ne me quittent plus. L’une d’entre elles est Nastia, une musi- cienne de Kiev. Une phrase qu’elle a dite m’est restée en tête : « Je suis prête à mou- rir. » Non pas parce qu’elle était prononcée à voix haute, mais parce que Nastia semblait si calme et épuisée. Pendant des semaines, elle et beaucoup d’autres ont vécu sans élec- tricité, sans eau et sans chauffage, par des températures glaciales et dans la crainte constante de nouvelles attaques. De telles histoires pourraient provenir de nombreuses régions du monde. Elles nous laissent souvent sans voix. Et pourtant, il y a aussi des moments différents. Il y a quelques semaines, nous avons organi- sé avec Central Arts à Zurich un concert pour la paix. Plus de 300 personnes se tenaient sur scène, plus de 3 000 dans le public. Le temps d’une soirée, un espace s’est créé qui contras- tait fortement avec l’actualité : l’espoir y était palpable.
Au centre se trouvaient trois femmes dont les histoires nous ont marqués.
Elona, originaire d’Albanie, a pardonné au meurtrier de son mari. Un geste difficile- ment imaginable et qui montre pourtant que le changement est possible. Lydia, originaire du Liban, vit dans un envi- ronnement où les fronts changent rapide- ment. Elle nous a appris à ne pas cataloguer les gens trop hâtivement, mais à les aborder avec ouverture d’esprit. Et Nastia nous rappelle que la paix com- mence souvent en nous. Non pas comme une fuite de la réalité, mais comme un contrepoids discret à celle-ci.
Jonathan Schmidt dirige Central Arts Inter- national, un mouve- ment créatif à la croisée de l’art et de la foi. En tant que musicien et ini- tiateur de divers pro jets artistiques, il s’enga ge pour que l’espoir, la foi et les questions de so- ciété puissent être vé- cus à travers la musique et les formes d’expres- sion créatives.
Plus de 300 artistes ont participé à un concert pour la paix à Zurich. (Source : Central Arts)
Ces rencontres ont changé quelque chose en moi. Je réalise à quel point il est important de supporter les tensions sans s’effondrer et de se laisser toucher sans perdre espoir. Les arts jouent ici un rôle particulier. La mu- sique, les mots et les images créent des es- paces où les gens peuvent se rencontrer au- trement, des espaces où un premier pas pourrait peut-être naître. La paix ne commence pas seulement là où les conflits disparaissent. Elle commence là où les gens décident de réagir différem- ment : en écoutant, en faisant preuve d’em- pathie, en cheminant ensemble.
PACEM – Un projet pour la paix Le projet « PACEM » de Central Arts a été suivi par une équipe de tournage. Le documentaire ainsi qu’un album musical accompagné de partitions pour chœur sortiront en octobre 2026 et invitent à aborder le thème de la paix de manière créative.
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EN FRANCOPHONIE
Accueillir et rester dans l’Esprit de paix
Même au sein des communautés chrétien nes, on constate parfois que la paix peut se transformer en discorde – parfois insidieuse- ment, presque sans qu’on s’en aperçoive. Cela commence lorsque les gens prennent des décisions qui ne sont plus motivées par l’amour, la confiance ou l’humilité. L’or- gueil, les blessures, l’irréconciliabilité ou le manque de communication peuvent peser sur les relations. En apparence, tout semble stable, mais intérieurement, l’agitation grandit. La paix n’est en effet pas un état qui se maintient de lui-même. Elle a besoin d’être entretenue, d’attention et de la volon- té de se laisser examiner par Dieu. Le psalmiste exprime honnêtement cette lutte devant Dieu : « Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ; examine-moi et connais mes pensées. Vois si je suis sur une mauvaise voie, et conduis-moi sur la voie éternelle. » (Psaume 139.23–24) Ce verset montre que la paix commence dans le cœur – et qu’elle ne demeure que si nous nous ouvrons sans cesse à Dieu. La foi n’est pas seulement une expérience ponc- tuelle, mais un chemin que l’on parcourt consciemment. La paix que Dieu nous offre est puissante, mais elle ne reste vivante que si nous demeurons en Sa présence, si nous nous laissons corriger et si nous osons faire des pas vers la réconciliation. Des pas vers la paix Nous avons pu constater en Guinée à quoi peuvent ressembler de tels pas. Pendant longtemps, les tensions et les malentendus s’étaient accumulés au sein de notre église partenaire. Les fossés s’étaient creusés, la confiance s’était brisée. La situation semblait
dans l’impasse. Mais Dieu a fait naître quelque chose de nouveau. Les gens se sont à nouveau assis autour d’une table, se sont écoutés, ont exprimé leurs sentiments et ont demandé pardon. Notre collaborateur Ous- mane a pu accompagner ce processus et a vu la confiance renaître pas à pas. Le fait qu’une voie de réconciliation se soit ouverte au sein de la plus grande église protestante évangélique de Guinée a un impact bien au-delà de la communauté. Cela montre que la paix est un don de Dieu – mais qu’elle né- cessite également notre collaboration active. Là où les gens sont prêts à se remettre en question, à assumer leurs responsabilités et à faire des pas les uns vers les autres, la paix peut renaître.
Alexandre Weiss, Responsable SAM global France et pasteur d'une église à Delle
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SAM FAMILY
SAM global
Actualités concernant nos collaborateurs à travers le monde
Suisse
Changement au sein de gather4
créativité dans l’écriture et l’image, ainsi que son humour, nous man- queront.
En quittant SAM global, Michi et moi, Annina, quittons également l’équipe de gather4. Pour ceux qui ne connaissent pas encore notre communauté : gather4 est un groupe de personnes de tous âges qui se retrouve régulièrement le week-end et reste en contact entre les rencontres. Ensemble, nous vivons en communauté, partageons notre foi et nous soutenons mutuellement au quotidien. Nous sommes tous animés par la question de savoir où Dieu nous appelle. Michi et moi avons vécu ce temps passé ensemble comme très pré- cieux. Nos familles ont elles aussi pu découvrir à maintes reprises à quel point une véritable vie en commu- nauté peut être fortifiante : chemi- ner ensemble, apprendre les uns des autres, vivre une profondeur spiri- tuelle, mettre la main à la pâte, rire et profiter de la vie. Nous nous sommes investis avec joie.
Christa Hangartner, co-responsable des finances, a décidé qu’après quatre ans et demi passés chez SAM global, il était temps pour elle de faire autre chose, de relever de nouveaux défis. Christa a enrichi SAM global et en particulier le dé- partement financier, grâce à son ex- pertise et à sa personnalité rafraî- chissante. Ses contributions ont également été très appréciées au sein de la direction. La réflexion stratégique de Christa, son assiduité bienveillante, son talent pour résu- mer les discussions en allant à l’es- sentiel et son rire joyeux nous man- queront.
Michi Dufner, responsable de la communication, de la sensibilisa- tion et de la mobilisation, quittera SAM global fin juin, car, pour di- verses raisons, ses fonctions ne lui convenaient pas tout à fait. Nous avons appris à le connaître comme un collaborateur motivé et dyna- mique au sein de la direction, en tant que chef de l’équipe de commu- nication et en tant que mobilisateur actif. Michi s’est investi corps et âme dans le travail de SAM global. Son expertise dans divers domaines, son réseau, sa passion pour Jésus et les jeunes, ainsi que sa bonne humeur nous manqueront beaucoup. Il n’est pas facile pour nous de laisser partir ces trois précieux collabora- teurs. Nous les remercions chaleu- reusement pour leur grand engage- ment et leur souhaitons de tout cœur bonne chance et la bénédic- tion de Dieu pour leur avenir profes- sionnel et personnel.
Annina Del Grande, qui travaille pour nos réseaux sociaux, a égale- ment décidé de quitter SAM global, car elle doit réduire son temps de travail pour des raisons person- nelles et de santé. Avec sa bonne humeur, Annina a apporté un vent de fraîcheur au service des réseaux sociaux de SAM global et au dépar- tement de la communication. Sa
Nous sommes d’autant plus recon- naissants que gather4 reste entre de bonnes mains. L’équipe actuelle, composée de Raphael et Jürg Pfister, est rejointe par Joy Jattos. Elle
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SAM FAMILY
travaille depuis cette année au ser- vice comptable de SAM global et ap- porte un vent de fraîcheur à l’équipe grâce à sa bonne humeur et à ses études de théologie en parallèle de son travail.
s’est consacrée à de nombreuses tâches en Angola. En tant qu’ensei- gnante, elle était d’abord chargée de l’éducation des enfants de nos collaborateurs. Mais très vite, elle a dû s’occuper de la comptabilité et de l’administration, que ce soit dans le cadre de la lutte contre la lèpre ou à l’hôpital de Kalukembe. Elle s’en est acquittée avec beaucoup de compétence et de sérieux. Elle s’est passionnée également pour la langue locale, l’umbundu, rédi- geant notamment un manuel de grammaire. Après son retour en Suisse, elle s’est occupée de ses parents à Brienz et a continué à travailler à temps partiel pour SAM global jusqu’à sa retraite, prin- cipalement dans la comptabilité des projets en Angola. Une femme nous a quittés, qui, par sa précision et sa fidélité, a beaucoup œuvré dans et pour le royaume de Dieu.
Séjours au pays
Anna B. 12.4. – 19.6. Laurent & Miri I. 27.5. – 14.7. Sandro & Amélie M. 3.6. – 3.9. Peter & Cornelia F. 8.7. – 8.9. Emanuel & Renate W. 01.07. – 27.09.
Naissance
Le 11 février 2026, Jael Joy, fille de Röbi et Nicole Steiner, a pointé le bout de son nez ! Nous sommes heu- reux pour cette famille qui compte désormais quatre membres et leur souhaitons la bénédiction de Dieu !
Décès
Après une vie bien remplie, Hanni Nyffenegger s’est éteinte le 29 mars 2026, à l’âge de 92 ans. De sep- tembre 1959 à juillet 1988, Hanni
Nous avons besoin de toi ! Tu veux écrire l’histoire avec Dieu et avoir un impact concret ? Tu veux mettre tes dons à profit et découvrir ta vocation ? Alors nous trouverons la bonne place pour ta passion.
Événements Semaine de vacances 11– 18.07.26 Fête de SAM global
22.08.26 à St-Légier
Mission 26 Aarau
26.09.26
Mission en Guinée
05 –22.11.26
Tu trouveras toutes les infor- mations sur nos missions sur fr.sam-global.org /einsatz
Praise Camp 27.12.26 – 01.01.27 Mission au Cambodge 16.01– 31.01.27
Scanne le code QR
Informations sur les événements fr.sam-global.org/events
UN BOUT DE VIE
Des anti-héros au sauna
Lors d’un week-end entre hommes auquel j’ai été invité, une chose apparaît clairement : la paix commence souvent là où les gens font preuve d’authenticité. En ouvrant la Bible, dans les discussions et même au sauna, un espace peut s’ouvrir pour aborder des sujets dont les hommes parlent rarement et pour découvrir que la paix ne dépend pas de circonstances idéales. Comme intervenant, j’ai eu l’occasion de réfléchir avec une centaine d’hommes à l’histoire du fils prodigue tirée de Luc 15. De nombreux pères et fils ont été profondément touchés. Nous connaissons tous les tensions au sein de nos familles, mais nous parlons rarement de ce
Michi Dufner, Responsable de la communication, sensibilisation et mobilisation
qui se cache derrière : le sentiment d’être seul, de devoir tout porter soi-même et la tendance à compenser la douleur intérieure par des choses qui nous font plus de mal que de bien.
Ce week-end-là, un père m’a raconté comment son fils de 16 ans avait pris la voiture familiale en cachette et avait fait un signe de défi à la police, et comment il avait réagi en tant que père. Un autre homme m’a confié en larmes qu’il venait de recevoir son préavis de licenciement et qu’à presque soixante ans, il craignait de ne plus trouver de nouvel emploi. Un autre encore a évo- qué le fait qu’il n’avait plus de relations intimes avec sa femme depuis des années et comment il essayait tant bien que mal de rester en équilibre sur la corde raide, pour éviter le divorce. Ce sont des histoires qui parlent de profonds désirs ! Certains ressortent clairement : le désir de paix, de tranquillité et de voir les choses « bien se passer ». Mais qu’est-ce qui crée cette paix ? Est-ce réaliste ? Devons-nous apprendre à accepter les circonstances plutôt que de les chasser par la prière, de les écarter par la discussion ou même de les ignorer ? L’un des hommes m’a dit quel que chose de très pertinent alors que nous étions assis ensemble dans le sauna : « Michi, tu sais pourquoi ce week-end me fait tant de bien ? On ne se raconte pas d’histoires de héros où on brille, mais on se raconte nos ‹ histoires d’anti-héros ›, et ça libère, parce que ça montre que tout
le monde est dans le même cas. » C’est précisé- ment là que nous pouvons apprendre à instaurer la paix malgré les circonstances. Waouh ! Plus tard, j’ai repris cette affirmation dans l’histoire du fils prodigue et je l’ai expliquée ainsi : « Nous avons le droit d’être des fils prodigues. C’est la seule manière de recon-
naître l’amour, l’acceptation et la disponibilité du Père, qui court à la rencontre de Son fils, comme un cadeau que nous ne pourrions JAMAIS méri- ter. » La paix est un cadeau qui attend d’être reçu…
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SAM ALLONS 2 | 2026
LA DERNIÈRE
Pouls financier au 31.03.2026
Au cours des trois premiers mois de l’an- née en cours, nous avons reçu des dons d’un montant de 550 000 CHF. Les entrées sont donc actuellement inférieures d’environ 15 % (soit environ 100 000 CHF) à la moyenne des années précédentes. Nous nous situons à un niveau similaire à celui du premier trimestre 2025, après avoir clôturé l’année dernière avec un déficit de 400 000 CHF. Grâce aux réserves que nous avons pu consti- tuer dans plusieurs fonds au cours des an- nées précédentes, une telle perte est suppor- table. Dans le même temps, nous nous sentons poussés à continuer à aller de l’avant avec courage, même dans la situation ac- tuelle. Cela inclut des projets tels que la construction d’écoles en Guinée ou les initia- tives fit2work en Asie, qui sont encore en phase de développement et qui ne sont jusqu’à présent soutenus que par de petits cercles de donateurs. Notre objectif reste de trouver en Europe des personnes, des organisations et des églises qui partagent notre vision, s’engagent et nous aident, pour pouvoir continuer à être
un acteur fiable pour nos partenaires locaux à l’avenir.
C’est précisément dans ce contexte de ten- sions entre des questions financières actuelles et de nouvelles opportunités que nous tour- nons délibérément notre regard vers Dieu, de qui tout vient. Nous sommes reconnais- sants pour Sa direction et tout autant pour votre précieux soutien par la prière, votre temps et vos contributions financières.
Peter Röthlisberger, Co-responsable finances
Dons et legs 2026
Objectif Entrées
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Alors que nous étions tous les quatre en ligne, à réflé- chir à la thématique de ce numéro, mon regard s’est posé sur le verset ci-dessus dans le bureau de mon père, où je télétravaillais exceptionnellement. Impri- mé sur une petite carte blanche, il était accroché au mur, discret et à moitié caché derrière un cristal de roche. C’est le seul verset qui se trouve dans ce bu- reau. Si nous n’avions pas déjà choisi le thème de la paix, je ne lui aurais sans doute pas prêté attention. Mais là, je l’ai pris entre mes doigts pour le montrer aux autres. Quelque chose dans ce verset m’a ému. Pourquoi ne l’avais-je jamais remarqué auparavant ? Il était sûrement là depuis mon enfance, attendant . . . attendant ce moment. Le moment où il me toucherait. Peu après la réunion, je me suis rendu compte que
c’était exactement ce dont j’avais besoin. Il y a actuel- lement des choses qui me touchent profondément : trois personnes proches traversent des phases diffi- ciles dans leur vie. Chacune doit, à sa manière, « faire le ménage ». Ce processus me bouleverse moi aussi. Qu’il est bon que la Parole de Dieu s’adresse à moi au bon moment. Merci, Père céleste ! Merci de penser à moi, même si parfois je Te perds de vue et que je me laisse alors plus facilement déstabiliser ! Reprends donc les rênes et apprends-moi à faire place à Ta paix.
Je te souhaite de ressentir un peu de la paix qui ré- sonne dans ces récits.
Robert Steiner
fr.sam-global.org
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