Carillon_2018_05_17

LES NON-COUPABLES, UNE PLANCHE DE SALUT

ARTS

On reconnait Guy Rouleau, Gilles Bélanger, Jérémie Rozon, Jean Cuillerier, Jacques Gour, France Dinelle, Alain Fraser, Sylvain Joanisse, Ronald Handfield, Manon Rouleau, Yvon Desjardins, André Tessier. Absents : Tristan Joanette, Vincent Desjardins, Benoît Lalonde, Félix Desroches. —photo Frédéric Hountondji

de La dernière pendaison , qu’elle peut désormais réciter sur le bout des doigts, comme un chapelet. Au début, elle était responsable des costumes des comédiens, de leur maquillage et des décors. Sa plus grande fierté aujourd’hui, c’est d’appartenir à une famille. « J’ai commencé il y a près de 30 ans. On est comme une petite famille, il y a une belle atmosphère, c’est pour ça que d’année en année on revient », a-t-elle réalisé, visiblement heureuse. Sur scène, l’ancien conseiller municipal de Hawkesbury, Alain Fraser, dirigera le procès. Titulaire d’une maîtrise en criminologie, il sera le juge Patrick Kerwin, personnage qu’il représente depuis quatre ans. Pour lui aussi, c’est l’engagement communautaire qui prévaut. « C’est un rôle fort intéressant qui vient compléter la gamme d’implications communautaires que j’ai eue dans le passé. C’est un bénévolat fort intéressant et ce que j’aime énormément est que l’argent est retourné dans la communauté de Prescott et Russell, à des organismes à but non lucratif. C’est ça qui fait qu’on est intéressé à continuer à jouer, parce que les gens reconnaissent le bien-fondé de la pièce au niveau de son implication communautaire », a concédé M. Fraser. Jean Cuillerier joue deux rôles, celui de Léo Bergeron, retrouvé mort sous la batteuse, et celui de gardien de prison. Ses tâches lui permettent bien des fantaisies : « J’aime dire que je vais prendre ma revanche sur les gars qui m’ont tué. C’est moi qui suis Léo Bergeron, celui qui s’est fait tuer. C’est le fun . C’est valorisant. On le fait pour une bonne cause en même temps. On s’implique dans la communauté, on ramasse des dons pour différents organismes et on aime aussi le théâtre », a reconnu candidement M. Cuillerier.

FRÉDÉRIC HOUNTONDJI frederic.hountondji@eap.on.ca

Hawkesbury ainsi qu’à la campagne des vêtements de neige », a-t-il assuré. LEMOT D’ORDRE : ENGAGEMENT La prochaine activité de La troupe des Non-coupables aura lieu les 1 er , 2, 8, 9, 15, 16, 22 et 23 juin à 20 h, à l’Ancienne Prison de l’Orignal, o ù ils joueront la pièce La dernière pendaison . France Dinelle incarnera le personnage d’Agathe Ledoux, rôle qu’elle avait tenu voilà plus 20 ans dans la même pièce, lorsque la troupe s’appelait encore Hyradote . « Le rôle, je l’ai joué 25 ans passés. On était quatre dont Guy Rouleau et Gilles Bélanger. Ils nous ont demandé de refaire la pièce, plus de 20 ans après, lors du 175 e anniversaire de la paroisse. Au début, on jouait dans les écoles. On a réussi à mettre une touche d’humour dans une pièce dramatique », s’est félicitée Mme Dinelle, qui répète sa partie de La dernière pendaison depuis maintenant plus de 30 ans. On pouvait ajouter aussi Ricky Bennett et Sylvain Joanisse. Cette longévité dans le théâtre peut laisser croire à la manifestation d’une passion bien ancrée. Chez Mme Dinelle, le désir de soutenir sa communauté vaut plus que l’art qu’elle pratique. « Je le fais surtout pour aider la communauté. Ce n’est pas la passion du théâtre. Je n’ai jamais fait d’autres pièces, donc ce n’est pas la passion du théâtre. Autant que l’aide à la communauté qu’on apporte, on ne gagne pas de salaire. On joue pour le plaisir. Tout l’argent va à la communauté », a-t-elle martelé joyeusement. Quant à Manon Rouleau, elle sera pour la circonstance Madame SansChagrins. Dans l’équipe, elle aussi est loin d’être née de la dernière pluie. Il y a près de trois décennies qu’elle se faufile dans le secret

Seulement voilà, l’expertise médicale légale révèle des blessures dont certaines auraient été provoquées par une fourche. Raoul SansChagrins est alors accusé d’avoir achevé la victime avec sa fourche, d’où le procès en 1932 à la Prison de L’Orignal. BÉNÉFICES À LA COMMUNAUTÉ L’oeuvre de M. Rouleau, qui avait été lui-même traducteur-interprète pendant 35 ans dans les palais de justice de l’Est ontarien, revient non seulement sur un fait réel, mais se joue aussi là où s’est déroulé le procès, c’est-à-dire à l’Ancienne prison de L’Orignal. Voilà donc huit ans que la troupe des Non-coupables s’y produit et remet les bénéfices de ses spectacles à la communauté de Prescott-Russell. Rien qu’en 2017, elle a versé plus de 50 000 $ aux organismes de bienfaisance de la région. C’est un système bien rodé, qui a été mis en place par des bénévoles décidés à aider leur communauté. Lorsqu’ils ont un évènement, le comité de l’Ancienne Prison de L’Orignal s’occupe de la vente des billets et de monter la scène. Les comédiens se concentrent sur la pièce à produire, sa qualité et sa présentation au public. Guy Rouleau déclare que les dons que génèrent leurs activités sont gérés de façon transparente. « Quand tu paies ton billet 20 dollars, la partie qui revient à la troupe s’en va pour la Banque alimentaire de L’Orignal, par exemple. Il faut que je prouve que cet argent a été remis à la Banque alimentaire de L’Orignal. C’est pour ça que l’on affiche tous les dons que l’on a faits. Cette année, on a acheté des colliers d’assistance personnelle aux personnes âgées. On va également donner des montants importants aux banques alimentaires de L’Orignal et de

Dans la troupe des Non-coupables de L’Orignal, le théâtre ne permet pas seulement aux uns de vivre leur passion et aux autres de s’émouvoir ou de se réjouir devant de belles prestations. Il est aussi et surtout l’art de contribuer au bien-être social en aidant financièrement les organismes communautaires à lutter contre la pauvreté. L’idée de faire du théâtre, un moyen d’améliorer les conditions de vie des plus défavorisés de Prescott-Russell, a germé au sein de la troupe des Non-coupables en 2010, dans la foulée du 175 e anniversaire de l’église Saint-Jean-Baptiste de L’Orignal. « Ça a commencé en 2010, lorsque Louise Bédard m’a approché parce que l’on célébrait le 175 e anniversaire de la paroisse et que l’on voulait proposer un projet culturel qui émanait de chez nous. Je demeure ici, à L’Orignal, et j’ai dit : ‘Pourquoi pas la pièce La dernière pendaison ’ ? J’ai téléphoné à mon ami Gilles Bélanger et j’ai commencé àmonter La dernière pendaison en 2010 », a rappelé Guy Rouleau. L’homme avait été un des principaux acteurs des troupes de théâtre Le Cercle Gascon dans les années 1980, et d’ Hyradote . Sa pièce parle de deux agriculteurs qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts durant la période de la grande dépression en 1930. Ils engagent un jeune homme, du nomde Léo Bergeron, qui décède lors d’un accident de travail sur la ferme d’un des accusés. Il est retrouvé sous une batteuse, le ventre perforé. On allègue qu’il a perdu le contrôle des chevaux et ces derniers sont passés sur lui.

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