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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 14 MAI 2026
Moyen-Orient
Le risque du grand basculement
De son côté, Donald Trump, fidèle à son style, jette les propositions iraniennes «à la poubelle», affirmant que le cessez-le-feu n’a que «1% de chances» de survivre. Et pourtant, malgré les surenchères verbales, personne ne semble réellement vouloir franchir le point de non-retour. En effet, tous les acteurs agitent la menace d’un embrasement total tout en essayant discrètement d’éviter qu’il ne sur- vienne réellement. Les Etats-Unis veulent maintenir leur domina- tion stratégique sans s’enliser dans une guerre régionale incontrôlable. Israël veut neutraliser la menace iranienne sans provoquer un chaos énergétique mondial qui se retournerait contre ses alliés occidentaux. Les monarchies du Golfe veulent protéger leurs infrastructures tout en évitant d’être transformées en champ de bataille permanent. Quant à l’Iran, il veut démontrer sa capacité de nuisance sans provoquer une des- truction totale de son économie déjà asphyxiée. Et à côté, le Hezbollah promet «l’enfer» à Israël, tout en refusant toute discussion sur son désar- mement. Alors ? Alors le monde s’accommode de cette instabilité qui perdure. En espérant que l’on ne bascule pas brutalement d’une guerre contenue à un embrasement régional généralisé, dont les secousses politiques, sécuritaires et écono- miques dépasseraient largement les frontières du Moyen-Orient. ◆ oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 48 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du Hors-série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ................................................................................... Adresse : ............................................................................................ Ville : ............................. Code Postal : ............................................ Tél : ........................................ Fax : ................................................. E-mail : ............................................................................................. Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc)
de constater qu’Israël, il n’y a pas si long- temps ennemi juré d’une partie du monde arabe, livre aujourd’hui des batteries de défense anti- aérienne aux Emirats. Si les accords d’Abraham avaient ouvert une porte diplomatique, la guerre actuelle est ainsi en train de transformer cette ouverture en véritable alliance sécuritaire régio- nale. Dans cette nouvelle architecture du Moyen- Orient, les anciens tabous tombent donc les uns après les autres. Les intérêts stratégiques remplacent progressivement les vieux slogans idéologiques. Au point que, désormais, plusieurs capitales arabes perçoivent davantage l’Iran et son influence régionale comme le principal fac- teur de déstabilisation, bien plus qu’Israël. Pendant ce temps, à Téhéran, le ton se durcit encore davantage. Dans le cadre des discus- sions en cours pour mettre définitivement fin à la guerre, la proposition iranienne est «à prendre ou à laisser», disent les Gardiens de la révolution. Traduction diplomatique : il n’y aura pas de recul, et certains parlementaires évoquent même ouver- tement un enrichissement d’uranium à 90%.
L a situation au Moyen-Orient est toujours extrê- mement tendue. D’un côté, une diplomatie fébrile tente de maintenir sous perfusion un cessez-le- feu déjà vacillant. De l’autre, les discours mar- tiaux, les démonstrations de force et les tensions autour du détroit d’Ormuz rappellent chaque jour que la région demeure assise sur l’un des foyers géopolitiques les plus inflammables de la planète. Une inflammabilité au demeurant confir- mée par le durcissement de ton du Qatar, qui demande publiquement à l’Iran de ne pas utiliser Ormuz pour «faire chanter» les monarchies du Golfe. Par D. William
Il faut savoir que, pendant longtemps, les pétro- monarchies ont cru pouvoir naviguer entre les tempêtes régionales grâce à la diplomatie, aux milliards de dollars et aux garanties sécuritaires américaines. Mais la guerre déclenchée le 28 février a subitement rappelé que cette région est en réalité une véritable poudrière. Les Emirats arabes unis en savent désormais quelque chose, eux qui ont été frappés par plus de 2.800 missiles et drones iraniens en quarante jours, selon Abou Dhabi. Mais le plus cocasse dans cette guerre est
Malgré les surenchères verbales, personne ne semble réellement vouloir franchir le point de non-retour.
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