Hors Se<0301>rie 51 Final

C OOPÉRATION

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toujours plus performant, compétitif et créateur de valeur.

F. N. H. : Comment le Maroc et l’Espagne peuvent-ils approfondir leur coopération dans les domaines des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert ? E. O. V. : L’offre Maroc constitue une ini- tiative visant à promouvoir le déve- loppement d’une filière intégrée de production d’hydrogène vert et de ses dérivés. Parmi les projets sélectionnés par le gouvernement marocain dans ce cadre, figurent deux projets associant des entreprises espagnoles. Il s’agit de groupes industriels avec une longue trajectoire énergétique et une expertise de pointe, qui développent des projets similaires en Espagne. Nous espérons que leur savoir-faire va leur permettre de faire avancer leurs projets au Maroc d’une manière rapide, agile et économi- quement viables. D’autre part, les sociétés espagnoles jouent également un rôle majeur dans les secteurs des énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire, contri- buant ainsi au développement des capacités de production nécessaires à la compétitivité énergétique. Cette coo- pération s’inscrit dans la perspective de l’intégration progressive des régle- mentations européennes relatives à la décarbonation des transports et à l’uti- lisation des carburants renouvelables dans les secteurs aérien et maritime. F. N. H. : Le Maroc et l’Espagne partagent une his- toire, un patrimoine et des influences culturelles profondément imbriqués. Dans quelle mesure cette mémoire commune peut-elle aujourd’hui constituer un levier de rapprochement durable entre les deux sociétés ? E. O. V. : L’influence réciproque entre le Maroc et l’Espagne, en matière d’his- toire, de culture et de patrimoine, est sans doute l’une des plus singulières au monde. De la préhistoire à nos jours, aucun des deux pays ne peut se comprendre pleinement sans l’apport de l’autre. L’héritage d’al-Andalus en constitue l’exemple le plus éloquent. Huit siècles d’échanges qui ont façonné nos langues, notre architecture, notre musique et nos arts décoratifs. Cet héri- tage demeure vivant dans des villes comme Tétouan, Chefchaouen, Fès ou Rabat-Salé, profondément marquées par l’installation des familles anda- louses, et il continue de résonner dans

F. N. H. : Les industries culturelles et créatives occupent une place de plus en plus importante dans les économies modernes. Comment l’Espagne mais également l’Union européenne accom- pagnent-elles le Maroc dans le développement de ces secteurs ? E. O. V. : Les industries culturelles et créa- tives (ICC) représentent aujourd’hui un secteur économique à part entière, créateur d’emplois qualifiés et de valeur ajoutée. L’Espagne et l’Union euro- péenne accompagnent leur dévelop- pement au Maroc à travers un éventail de programmes structurants, à savoir Europe Créative, Horizon Europe et, bien entendu, Erasmus+. Le Maroc figure parmi les principaux pays par- tenaires d’Erasmus+ dans le voisinage sud de la Méditerranée, avec des mil- liers de mobilité d’étudiants, d’ensei- gnants et de professionnels, ainsi que de nombreux projets de renforcement des capacités des universités. Ces initiatives favorisent les échanges, la formation des jeunes et des profes- sionnels, le partage de bonnes pratiques et la structuration de filières encore émergentes. Elles renforcent les com- pétences, l’innovation et l’attractivité du secteur culturel marocain, en lien étroit avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication. Je tiens à souligner le rôle décisif des institutions marocaines avec lesquelles nous travaillons, comme la Fondation Hiba, qui accompagne les entreprises culturelles et créatives marocaines et leur ouvre des espaces de projection internationale. L’enjeu pour les années à venir est de consolider une véritable chaîne de valeur créative, à savoir la profession- nalisation des acteurs, accès au finan- cement, protection de la propriété intellectuelle et projection des talents

la musique arabo-andalouse, la nawba et l’al-Ala, comme dans l’art partagé du zellige et de l’azulejo. C’est précisément pour cette raison que le patrimoine partagé constitue le socle de notre relation, même si nos sociétés ne mesurent pas toujours l’ampleur de ce lien. L’Espagne déploie au Maroc son plus vaste dispositif culturel au monde. L’Institut Cervantes y dispose de son plus grand réseau à l’échelle planétaire, avec six centres à Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, Fès, Marrakech et plusieurs antennes. À cela s’ajoutent l’action de la Coopération espagnole et des instruments binationaux, tels que la Fondation des Trois Cultures de la Méditerranée. Tout au long de l’année, et dans différentes villes du Royaume, cette action se traduit par des exposi- tions, des festivals et des conférences qui mettent en valeur cette mémoire commune. La désignation de Tétouan comme capitale méditerranéenne de la culture et du dialogue pour 2026 offre, à cet égard, une occasion privilégiée. Ce patrimoine n’est pas seulement un héritage à préserver, il est un levier d’avenir. En faisant connaître aux nou- velles générations la profondeur de ce passé commun, nous transformons une mémoire partagée en projet partagé. La diplomatie culturelle vient ainsi com- pléter et consolider notre partenariat stratégique, en rapprochant durable- ment nos deux sociétés autour de ce qui les unit depuis des siècles.

Avec plus de 22 milliards d’euros d’échanges commerciaux en 2025, le Maroc

et l’Espagne confirment

la solidité de leur partenariat et la complémentarité de leurs économies.

La transformation industrielle que connaît actuellement l’économie marocaine offre aux entreprises espagnoles de nouvelles et importantes opportunités de coopération.

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 12

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