Hors Se<0301>rie 51 Final

T OURISME

Oasis de Drâa-Tafilalet Sauver un patrimoine vital face au stress hydrique

Des dunes de Merzouga aux palmeraies de la vallée du Drâa, les oasis constituent l’un des principaux atouts touristiques du sud-est marocain. Mais ces écosystèmes fragiles subissent de plein fouet les effets du changement climatique.

se sont imposées comme l’une des prin- cipales destinations du tourisme saha- rien, tandis qu’Ouarzazate continue de renforcer son positionnement grâce à son patrimoine cinématographique et culturel. La dégradation des oasis ne constitue donc pas seulement une menace envi- ronnementale. Elle représente égale- ment un risque pour l’attractivité touris- tique de toute la région. Face à ces défis, plusieurs programmes de sauvegarde et de développement ont été déployés au cours des dernières années. Les investissements portent notamment sur l’amélioration de l’irri- gation, la réhabilitation des infrastruc- tures hydrauliques et la préservation des palmeraies. La modernisation des réseaux d’irrigation permet de réduire les pertes d’eau et d’améliorer l’effica- cité des usages agricoles. Pour de nombreux acteurs locaux, le tourisme peut devenir un outil de pro- tection plutôt qu’une source supplé- mentaire de pression sur les ressources. Le développement de l’écotourisme, du tourisme culturel et des circuits axés sur la découverte des oasis offre des pers- pectives intéressantes. À l’horizon 2030, la sauvegarde des oasis apparaît comme l’un des grands défis de Drâa-Tafilalet. Au-delà de la question environnemen- tale, il s’agit de préserver un patrimoine naturel, culturel et touristique unique. Car protéger les oasis, c’est aussi pro- téger l’identité même d’une région dont l’attractivité repose largement sur l’équilibre fragile entre l’eau, la terre et le désert.

L

microclimat qui permet le développe- ment d’autres cultures et protège les sols contre l’érosion et l’avancée du désert. Or, plusieurs oasis connaissent aujourd’hui une dégradation progres- sive de leur environnement. La baisse des précipitations, l’augmentation des températures et la diminution des res- sources en eau affectent directement leur équilibre. À cela s’ajoutent des phé- nomènes d’ensablement, de salinisa- tion des sols et de recul du couvert végétal observés dans certaines zones. Le tourisme dépend directement de la préservation des oasis Dans la région de Drâa-Tafilalet, le tou- risme repose en grande partie sur la valorisation des paysages naturels et du patrimoine culturel. Les oasis consti- tuent souvent le point de départ des circuits touristiques reliant Ouarzazate, Tinghir, Erfoud, Merzouga ou encore Zagora. Les visiteurs viennent y décou- vrir des paysages uniques, mais égale- ment un mode de vie, une architecture et un patrimoine façonnés depuis des siècles autour de la gestion de l’eau. La région abrite également plusieurs sites emblématiques du tourisme maro- cain. Le ksar d’Aït Ben Haddou, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, attire chaque année des visiteurs du monde entier. Les dunes de Merzouga

es oasis occupent une place particulière dans l’imaginaire tou- ristique marocain. Elles incarnent le

contraste saisissant entre désert et végé- tation, entre aridité et présence de l’eau. Chaque année, des milliers de visiteurs empruntent les routes de Drâa-Tafilalet pour découvrir les palmeraies, les ksour, les kasbahs et les paysages sahariens qui font la renommée de la région. Mais derrière ces cartes postales se cache une réalité plus préoccupante. Les oasis marocaines figurent aujourd’hui parmi les écosystèmes les plus exposés aux effets du changement climatique. Dans une région où les ressources hydriques sont déjà limitées, la succession des épisodes de sécheresse accentue les pressions sur des territoires particuliè- rement vulnérables.

Un patrimoine exceptionnel sous pression

Les zones oasiennes couvrent près de 15% du territoire national et abritent environ deux millions d’habitants. Elles jouent un rôle économique, social et environnemental essentiel dans plu- sieurs provinces du sud et du sud-est du Royaume. Au cœur de cet écosystème, se trouve le palmier dattier. Véritable colonne vertébrale de l’oasis, il crée un

Les palmeraies de Drâa-Tafilalet constituent l’un des symboles du tourisme saharien marocain.

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