T OURISME
région sans y séjourner longtemps. Pour créer de la valeur, il faut des circuits lisibles, des hébergements fiables, des guides formés, une signalétique cor- recte, une meilleure promotion et des expériences clairement commerciali- sables. Une destination ne se construit pas seulement avec des paysages, mais avec des produits prêts à être achetés. La connectivité est l’autre sujet. Sans accès aérien plus régulier et sans liai- sons mieux organisées avec Agadir, Laâyoune, Dakhla et les régions voi- sines, Guelmim-Oued Noun restera une destination de passage pour une partie des visiteurs. Le tourisme inté- rieur peut jouer un rôle d’amorçage, mais l’ouverture internationale deman- dera un effort de ciblage plus fin. La région a une carte à jouer, à condi- tion de ne pas se tromper de modèle. Son atout n’est pas la densité. C’est la singularité. Un tourisme plus lent, saharien, côtier et expérientiel peut lui donner une vraie place dans l’offre nationale à l’horizon 2030. Beaucoup de voyageurs connaissent Dakhla pour le kitesurf, Marrakech pour la culture et Agadir pour le bal- néaire. Guelmim-Oued Noun doit encore installer une image simple et mémorisable. Les portes du Sahara, les oasis, le littoral sauvage, la culture hassanie et les routes caravanières peuvent former ce récit, à condition d’être présentés de façon cohérente par les institutions, les opérateurs et les plateformes de voyage. La donnée touristique devra aussi être mieux exploitée. Les chiffres d’arrivées et de nuitées donnent une base, mais ils ne suffisent pas pour piloter la des- tination. Il faut connaître les durées de séjour, les motifs de visite, les dépenses, les circuits empruntés, la satisfaction, les marchés sources et les freins ren- contrés. Une destination émergente a besoin d’informations précises pour éviter les investissements dispersés. Enfin, la région peut s’appuyer sur les Marocains. Le tourisme national peut tester les produits, remplir les héber- gements hors saison et faire connaître la destination par recommandation. Encore faut-il proposer des offres adaptées : prix clairs, circuits courts, hébergements familiaux, animations, sécurité et communication digitale. Le marché intérieur peut être la première marche avant une ouverture interna- tionale plus ambitieuse.
Entre littoral atlantique, oasis, culture saharienne et portes du désert, Guelmim- Oued Noun dispose d’un potentiel touristique encore peu exploité.
Guelmim-Oued Noun reste une destination touristique en construction. Les chiffres le montrent clairement. En 2025, la région a accueilli 36.626 visiteurs dans les établissements d’hébergement classés, pour un peu plus de 60.000 nuitées et un taux d’occupation moyen de 20%. À l’échelle du tourisme marocain, ces volumes sont modestes. Mais ils ne doivent pas masquer le potentiel d’un territoire qui ne ressemble pas aux destinations déjà installées. Une destination encore discrète, mais singulière Guelmim-Oued Noun
A
ujourd’hui, la région ne peut pas rivaliser avec Marrakech, Agadir ou Tanger sur le ter- rain du volume. Elle n’a ni leur capacité hôtelière, ni leur connectivité aérienne, ni leur exposition interna- tionale. Son positionnement doit donc être différent. Guelmim-Oued Noun peut défendre une offre saharienne, littorale, oasienne et culturelle, fondée sur l’expérience plus que sur la masse. Le territoire possède plusieurs points d’appui. Guelmim garde l’image des portes du Sahara. Sidi Ifni offre un lit- toral singulier et une identité archi-
tecturale particulière. Tan-Tan dis- pose d’une dimension saharienne et maritime. Assa-Zag ouvre vers des paysages, des traditions et des circuits plus confidentiels. L’oasis de Tighmert, les plages, les stations thermales, les routes anciennes et la culture hassanie peuvent composer une offre originale. Le CRI régional met en avant des pro- duits en développement comme le glamping, l’astro-tourisme, le cyclo- tourisme, le tourisme rural, culturel et saharien. Ces niches correspondent aux nouvelles attentes d’une partie des voyageurs : moins de foule, plus d’authenticité, plus de nature, plus de sens. Elles conviennent aussi à une région qui n’a pas intérêt à reproduire les modèles de tourisme dense. Le principal défi reste la structuration. Beaucoup de visiteurs traversent la
Le CRI régional met en avant des produits en développement comme le glamping, l’astro-tourisme, le cyclotourisme, le tourisme rural, culturel et saharien.
FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 142
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