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D ÉVELOPPEMENT DURABLE

Six mois après l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’Union européenne, l’heure est au premier bilan pour les industriels marocains. Entre obligations de traçabilité carbone, nouvelles exigences de conformité et risque de surcoût à l’export, les entreprises concernées ont dû accélérer leur adaptation. Les industriels marocains ont-ils vraiment passé le cap ? MACF

décarbonée et de satisfaire les exigences de leurs partenaires et des marchés en la matière» . Il s’agit d’un tournant «qui pourrait être marqué par des difficultés au démarrage, mais qui présenterait d’impor- tantes opportunités pour nos entreprises qui ont la capacité de s’adapter rapide- ment, d’anticiper les tendances du marché et de les intégrer dans leurs stratégies» . Le directeur de l’Imanor ne nie pas que la traçabilité des émissions peut «paraître difficile» , mais les méthodes de calcul normalisées «permettraient de surmon- ter toute difficulté à ce niveau». «Nous nous attendons à une forte demande de la part des entreprises faisant partie des secteurs prioritaires, d’ici la fin de l’année en cours» , estime Abderrahim Taibi. Le Conseil économique social et envi- ronnemental (CESE) préconise la créa- tion d’un fonds national dédié aux PME exportatrices pour couvrir partiellement les coûts des bilans carbone et finan- cer les investissements nécessaires à la décarbonation. Il recommande éga- lement la mise en place d’un système d’échange de quotas carbone au Maroc et le développement de compétences spécialisées dans le calcul des bilans car- bone. Selon les données du CESE, l’im- pact direct du MACF sur les exportations marocaines reste limité à court terme : seulement 3,7% des échanges avec l’UE sont concernés, dont 2,9% pour le secteur des engrais. Imanor agit, quant à lui, sur plusieurs niveaux, comme la vérification et la validation. Comme nous l’explique Abderrahim Taibi, l’organisme a mis en place un « système de vérification et de validation des déclarations des émissions de GES, conformément aux standards internationaux, relatives à ces activités, couvrant bien entendu le MCAF». Ensuite, l’Imanor se prépare pour l’accréditation de son programme de vérification précité afin de faciliter sa reconnaissance «aussi bien dans le cadre du MCAF que pour satisfaire des entreprises marocaines qui pourraient être confrontées à ce type d’exi- gences pour l’accès à d’autres marchés» . Le travail de l’Imanor ne s’arrête pas là, puisque l’institution s’est penchée sur le volet promotion et sensibilisation, grâce à «un module de formation sur la détermi- nation du bilan des GES afin de permettre aux entreprises marocaines intéressées de s’enquérir des techniques nécessaires au calcul de leurs bilans carbone» , conclut Abderrahim Taibi.

epuis le début de l’année, soit le 1 er janvier 2026, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières L’objectif affiché est d’éviter les distor- sions de concurrence entre les industriels européens soumis à une taxe carbone et les producteurs étrangers qui n’y sont pas assujettis. L’Institut marocain de nor- malisation (Imanor) joue un rôle cen- tral dans le MACF, puisqu’il est chargé d’accompagner les industriels marocains dans le calcul et la certification de leurs émissions incorporées. L’organisme est désigné en vertu de la loi 75-24 en tant qu’organisme national de référence pour la vérification des teneurs carbone. En bref, c’est le premier maillon de la D (MACF) de l’Union européenne (UE) est entré en vigueur. Le MACF oblige les exportateurs à déclarer les émissions de carbone incorporées dans leurs produits et à acheter des certificats MACF aux prix du carbone en vigueur dans l’UE.

conformité, avant même la question du coût carbone. Si les industriels marocains ne se mettent pas en conformité, leurs exportations seront soumises à cette nouvelle fisca- lité environnementale dont le montant pourrait atteindre entre 80 et 100 Euros la tonne de CO2. Après plusieurs années de préparation et l’entrée en vigueur progressive du MACF, les industriels marocains concernés, qui sont sensibilisés aux impacts de cette réglementation, «se préparent sérieuse- ment aux échéances de mise en vigueur du MACF à travers le calcul de leurs émis- sions carbone» , explique Abderrahim Taibi, directeur de l’Imanor. D’après lui, certains ont déjà soumis leurs bilans carbone au processus de vérification et plusieurs sont au stade final de détermi- nation de leur bilan carbone. «Elles ont accès aux compétences nécessaires pour relever les défis associés à la mise en œuvre du MCAF», ajoute-t-il. Elles sont outil- lées, avec leurs propres compétences, «comme elles peuvent s’appuyer sur une expertise locale suffisante et variée ou à travers l’acquisition de compétences par le biais de formations, à l’instar de celles proposées par l’Imanor» , précise Tabi. Les secteurs marocains les plus expo- sés au MCAF, dans un premier temps, sont des produits considérés comme ayant l’empreinte carbone la plus élevée, comme le ciment, l’acier, l’électricité, les engrais et l’hydrogène. «Bien entendu, ce mécanisme prévoit de s’élargir au fur et à mesure à d’autres produits en fonction de l’importance de leur empreinte carbone» , ajoute Abderrahim Taibi. Par ailleurs, le responsable estime que les entreprises marocaines sont «en mesure de réussir la transition vers une industrie

Plus de 200.000 tonnes de produits agricoles du Sud sont exportées chaque année vers l’Europe, représentant une valeur de 6,41 milliards de dirhams.

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 144

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