Hors Se<0301>rie 51 Final

T OURISME

Dakhla – Casablanca - Rabat

Le Maroc crée des champions touristiques en dehors de Marrakech

Casablanca-Settat rattrape Marrakech, Dakhla émerge comme nouvelle destination, Rabat s’impose. La géographie de l’investissement touristique marocain se redessine. Avec 50 milliards de dirhams à mobiliser jusqu’en 2030 et 700 projets en cours représentant 26.000 lits additionnels, le Maroc ne concentre plus ses efforts touristiques sur deux ou trois villes. Entretien avec Imad Barrakad, président de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT).

ristiques et d’animation. L’enjeu est de faire émerger de nouveaux pro- jets à travers l’ensemble des régions du Royaume, afin d’enrichir l’offre touristique nationale, de renforcer l’attractivité des destinations et de mieux répartir les flux touristiques sur le territoire. Dans cette dynamique, la SMIT joue un rôle de catalyseur et de facilita- teur. Notre mission est de structurer une offre d’investissement attractive, de transformer le potentiel touris- tique des territoires en opportunités concrètes, de favoriser les partena- riats public-privé et d’accompagner les investisseurs tout au long du cycle de vie de leurs projets. Le Maroc dispose aujourd’hui de tous les fondamentaux pour poursuivre sa trajectoire de croissance : une vision claire, une demande touristique sou- tenue, un cadre d’investissement compétitif et des perspectives uniques liées aux grands événements interna- tionaux. F. N. H. : Vous avez détaillé à Berlin un porte- feuille de plus de 700 projets hôteliers, repré- sentant environ 26.000 lits additionnels et 34 MMDH en cours. Quelle est la part de ces projets qui a déjà obtenu un financement confirmé, et quelle part reste encore à l’état de lettre d’intention ? I. B. : Le portefeuille à ce jour regroupe effectivement plus de 700 projets à différents stades de maturité. Certains disposent déjà d’un financement sécurisé et sont en phase de réalisa- tion, tandis que d’autres poursuivent leur processus d’origination. L’un des enseignements les plus inté- ressants de ces dernières années est la diversification progressive de la géographie de l’investissement tou- ristique au Maroc. Si Casablanca- Settat (32%) et Marrakech-Safi (30%) demeurent les principales locomo- tives de l’investissement touristique,

Finances News Hebdo : Sur la période 2026-2030, le Maroc prévoit de mobiliser près de 50 MMDH d’investissements touristiques. A quoi res- semble aujourd’hui la ventilation entre capitaux publics, privés nationaux et étrangers ? Imad Barrakad : Derrière les 50 mil- liards de dirhams (MMDH) d’inves- tissements touristiques attendus à l’horizon 2030, le moteur principal demeure le secteur privé. Les opéra- teurs nationaux devraient assurer près des deux tiers de l’effort d’investisse- ment, complétés par une contribution croissante des investisseurs interna- tionaux attirés par la dynamique du Royaume et l’échéance du Mondial 2030. L’intervention publique, bien

que minoritaire en volume, reste déterminante en jouant un rôle de catalyseur à travers le foncier, les mécanismes d’incitation et les grands programmes de mise à niveau, géné- rant un puissant effet de levier sur l’investissement privé. Le flux annuel d’investissement tou- ristique est passé d’environ 7 MMDH en 2019 à près de 9 MMDH en 2025, avec des engagements estimés à 10 MMDH en 2030, témoignant des efforts de promotion des investisse- ments, de la confiance durable des opérateurs et de l’attractivité du mar- ché touristique marocain. En outre, le Maroc connaît une véri- table montée en gamme de son offre touristique. Sur les cinq dernières années, le parc hôtelier national a pro- gressé de plus de 14%, avec une struc- ture particulièrement équilibrée : 25% d’établissements classés 3 étoiles, 18% de 4 étoiles et 16% de 5 étoiles et luxe. Au total, les segments haut de gamme représentent désormais plus de 53% du parc hôtelier classé. Cette évolution traduit la volonté du Royaume de répondre à une demande internationale de plus en plus exi- geante, tout en renforçant sa compé- titivité sur les marchés à forte valeur ajoutée. Parallèlement, l’offre fami- liale poursuit son développement et représente près de 30% du parc, tan- dis que l’offre rurale atteint 12%, illus- trant la diversification croissante de l’expérience touristique marocaine. Il est essentiel de poursuivre les efforts de promotion des investissements, notamment pour le développement d’établissements d’hébergement tou-

…/…

Made with FlippingBook flipbook maker