Hors Se<0301>rie 51 Final

T OURISME

Porté par la libéralisation du ciel, l’essor des compagnies low-cost et la montée en puissance de Royal Air Maroc, le transport aérien est devenu un moteur de la stratégie touristique du Royaume. E Le Maroc prend de l’altitude Transport aérien

nations. L’objectif est de porter le trafic annuel à plus de 31 millions de passa- gers et d’accompagner les ambitions du Maroc, qui vise 26 millions de touristes à l’horizon 2030. Cette stratégie répond à une logique dif- férente de celle des transporteurs à bas coûts. Alors que ces derniers privilégient essentiellement les liaisons point à point entre les villes européennes et les des- tinations marocaines, Royal Air Maroc développe un modèle de hub centré sur Casablanca. La compagnie mise sur les correspondances afin de relier l’Europe, l’Afrique, l’Amérique du Nord et, à terme, de nouveaux marchés intercontinentaux. L’Afrique constitue le principal axe de cette stratégie. Forte de l’un des réseaux les plus denses du continent, la RAM entend renforcer ses fréquences, ouvrir de nouvelles lignes et consolider la posi- tion de Casablanca comme principale porte d’entrée aérienne vers l’Afrique. Parallèlement, la compagnie poursuit le renforcement de son réseau transat- lantique. Les liaisons vers New York, Washington, Montréal ou Toronto jouent déjà un rôle majeur dans les échanges avec la diaspora marocaine et la clientèle nord-américaine. De nouvelles destina- tions devraient progressivement complé- ter ce dispositif afin d’élargir encore le rayonnement international du Maroc. Cette montée en puissance s’accom- pagne d’importants investissements. Le renouvellement de la flotte avec de nou- veaux Boeing 737 MAX et Boeing 787 Dreamliner doit permettre d’améliorer les performances opérationnelles et d’of- frir un meilleur niveau de confort aux passagers. Le développement de Royal Air Maroc est également indissociable de celui des infrastructures aéroportuaires. Les programmes d’extension engagés par l’Office national des aéroports visent à adapter les capacités d’accueil à une croissance soutenue du trafic. Au final, le paysage aérien marocain repose désor- mais sur deux modèles complémentaires. Les compagnies low-cost assurent l’es- sentiel des flux touristiques européens en offrant une accessibilité sans précédent à la destination. Royal Air Maroc, de son côté, structure les liaisons intercontinen- tales, développe la fonction de hub de Casablanca et accompagne le position- nement stratégique du Royaume sur les grandes routes aériennes internationales. Cette complémentarité constitue aujourd’hui l’un des principaux atouts de la politique touristique marocaine.

Le développement de la connectivité aérienne constitue l’un des axes majeurs de la feuille de route touristique 2023- 2026. Les résultats témoignent de cette montée en puissance. En 2025, l’offre aérienne vers le Maroc a progressé d’environ 12%, dépassant les 12 millions de sièges programmés. Dans le même temps, les aéroports marocains ont accueilli plus de 36 millions de passa- gers, un niveau historique qui confirme l’attractivité croissante du Royaume et son positionnement comme plateforme régionale. Royal Air Maroc, pilier stratégique Cette expansion ne repose toutefois pas uniquement sur les compagnies low- cost. Si celles-ci ont largement contribué à démocratiser l’accès au Maroc, Royal Air Maroc demeure un pilier de la straté- gie nationale de développement aérien. Son rôle dépasse aujourd’hui celui d’un simple transporteur national. La compa- gnie est appelée à devenir un instrument de la politique économique, touristique et diplomatique du Royaume. Le contrat-programme signé avec l’Etat pour la période 2023-2037 marque à cet égard un changement majeur. Il prévoit un développement sans précédent de la compagnie. La flotte passera d’une cin- quantaine d’appareils à 200 avions, tandis que le réseau sera étendu à 143 desti-

n moins de vingt ans, le Maroc a profondément transformé sa connectivité internationale, fai- sant du ciel un levier de compé- titivité, de diversification des marchés et d’aménagement du territoire. Le véritable tournant intervient en 2006 avec la signature de l’accord Open Sky entre le Maroc et l’Union européenne. Cette libéralisation met fin au monopole de fait dont bénéficiait jusque-là la com- pagnie nationale et ouvre le marché à une concurrence internationale beau- coup plus intense. Les effets ne tardent pas à se faire sentir. Les compagnies à bas coûts multiplient progressivement les dessertes vers le Royaume, démocratisant l’accès à la destination grâce à une offre abondante et des tarifs particulièrement compétitifs. Ryanair, Transavia, easyJet, Volotea, Wizz Air ou encore Air Arabia Maroc deviennent progressivement des acteurs majeurs du paysage aérien national. Les prix baissent, les fréquences augmentent et de nombreuses villes marocaines sont désormais reliées directement à plusieurs dizaines d’aéroports européens. Cette évolution modifie profondément les habitudes de voyage et contribue à l’essor des courts séjours, tout en élargissant la clientèle internationale du Royaume. Depuis la sortie de la pandémie, cette dynamique s’est encore accélérée.

Dans le cadre du contrat-programme signé avec l’Etat, la RAM va porter sa flotte d’une cinquantaine d’appareils à 200 à l’horizon 2037.

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 36

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