T OURISME
Aéroports Le Maroc prépare le passage au très grand fl ux touristique
Le tourisme national entre dans une phase où l’aéroport devient un véritable outil
de compétitivité. Avec 19,8 millions d’arrivées touristiques en 2025
et un objectif de 26 millions de visiteurs à l’horizon 2030, le Royaume doit absorber davantage de flux, mais surtout mieux les traiter. Le premier contact avec la destination se joue sur le temps d’attente, les formalités, la signalétique, le transport vers la ville et l’impression générale d’organisation.
L
consolider sa vocation de hub interna- tional, notamment entre l’Afrique, l’Eu- rope, le Moyen-Orient et les Amériques. Marrakech devra gérer une fréquenta- tion déjà dense, avec des pics saison- niers marqués. Agadir, de son côté, représente un cas stratégique : la desti- nation a besoin de plus de connexions directes pour renforcer son positionne- ment balnéaire, sportif et nature. Dans les régions du Sud, l’aérien reste parfois le seul moyen de raccourcir vraiment les distances. Le risque serait de raisonner uniquement en mètres carrés et en capacité nominale. Un aéroport peut être agrandi sans deve- nir plus fluide. La qualité du parcours dépend aussi des ressources humaines, du traitement numérique, de la coordi- nation avec la police aux frontières, les douanes, les compagnies, les taxis, les navettes et les opérateurs touristiques. Une arrivée lente ou confuse peut effacer une partie de l’effort promotionnel mené en amont. À l’horizon 2030, la bataille des aéro- ports sera donc double. Il faudra accueil- lir plus de passagers, mais aussi mieux répartir les flux. Pour éviter la surcon- centration sur quelques destinations, les plateformes régionales devront devenir de vrais accélérateurs touristiques. Le
Maroc dispose déjà d’une marque forte. Il lui faut maintenant des portes d’entrée à la hauteur de cette ambition, capables de transformer la croissance du trafic en valeur pour les territoires. Cette montée en puissance suppose aussi une lecture plus fine des clientèles. Le touriste qui arrive pour un city-break à Marrakech n’a pas les mêmes attentes que le voyageur d’affaires à Casablanca, le kitesurfeur à Dakhla, le MRE en période estivale ou le groupe qui entame un cir- cuit vers le Sud. Les aéroports devront donc mieux différencier les parcours : contrôle plus fluide pour les grands pics, information multilingue, services digi- taux, espaces de correspondance, zones de transport clairement organisées et meilleure prise en charge des bagages. La montée des compagnies low-cost ajoute une autre dimension. Elle peut ouvrir des marchés, réduire le coût d’ac- cès à certaines destinations et soutenir les régions encore peu visibles. Mais elle impose aussi une régularité opération- nelle, des créneaux bien gérés et une capacité à absorber des arrivées grou- pées. Le tourisme à bas coût n’est pas un tourisme à faible exigence. Il demande au contraire une organisation solide, car le visiteur compare vite les destinations sur la fluidité, le prix et le temps perdu.
L’aéroport Mohammed V doit
es aéroports marocains ont accueilli 36,3 mil- lions de passagers en 2025 contre 32,7 mil-
consolider sa vocation de hub international, entre l’Afrique, l’Europe, le Moyen- Orient et les Amériques.
lions en 2024. La croissance ne concerne plus seulement les grands hubs. Les plate- formes régionales progressent aussi, por- tées par l’ouverture de nouvelles lignes, la montée des compagnies low-cost et l’élargissement de la demande touris- tique. Cette dynamique est favorable, mais elle met en évidence une contrainte simple : la capacité aéroportuaire doit suivre sans dégrader l’expérience. Le programme «Aéroports 2030» répond à cette équation. L’ambition annoncée est de porter la capacité nationale à envi- ron 80 millions de passagers. Casablanca, Marrakech, Agadir, Tanger, Fès ou encore Rabat sont appelés à jouer un rôle plus important dans la carte touristique du pays. L’enjeu dépasse la Coupe du monde. Les grands événements accé- lèrent les investissements, mais la vraie question concerne l’après : comment faire de ces infrastructures des leviers durables pour le tourisme, l’investisse- ment et la desserte des territoires ? Casablanca restera sans doute le pivot avec l’aéroport Mohammed V qui doit
FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 44
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