T OURISME
La colonne vertébrale touristique sous pression Autoroutes
la perception d’une destination, même lorsque l’offre hôtelière et culturelle est solide. Les autoroutes devront aussi accompagner la montée des territoires émergents. Le développement touris- tique ne peut pas reposer uniquement sur les grandes villes déjà connectées. Les régions de montagne, les oasis, les stations balnéaires secondaires et les destinations sahariennes ont besoin de routes de qualité, de signalétique claire, d’aires de repos adaptées et de services fiables. L’autoroute ouvre la voie, mais elle doit être prolongée par un réseau secondaire entretenu. Le défi environnemental ne peut pas être évacué. Encourager les déplace- ments routiers pose la question de l’empreinte carbone, de la congestion urbaine et de la pression sur certains sites naturels. La route doit donc être pensée avec le rail, les transports col- lectifs, les parkings relais et les navettes touristiques. L’enjeu n’est pas de choisir entre les modes, mais de les articuler. À l’horizon 2030, le Maroc aura besoin d’un réseau autoroutier plus robuste, mais aussi plus intelligent. Le tou- risme se gagne dans les grands pro- jets visibles, mais aussi dans les trajets sans accroc. Entre l’aéroport, l’hôtel, la plage, la médina ou la vallée, la route reste souvent le fil discret de l’expé- rience touristique. Le service autoroutier lui-même devient un élément d’expérience. Aires de repos, propreté, restauration, stations- service, bornes de recharge électrique, information en temps réel et assistance en cas d’incident comptent davantage lorsque les trajets touristiques se mul- tiplient. Pour un visiteur étranger qui découvre le pays en voiture, la qua- lité de ces services peut rassurer ou, au contraire, créer un sentiment d’impro- visation. Le réseau doit donc être pensé comme une infrastructure de voyage, pas seulement comme un couloir de circulation. Le tourisme intérieur renforce cette exigence. Les pics de départs pendant l’été, les vacances scolaires ou les fêtes religieuses concentrent les flux vers Agadir, Marrakech, le Nord, les plages atlantiques et les villes familiales. Une stratégie touristique nationale ne peut pas ignorer ces usages. Le touriste marocain est aussi un client exigeant : il veut des trajets plus sûrs, des temps mieux maîtrisés et des services adaptés aux familles.
Au Maroc, le réseau autoroutier reste essentiel pour relier les grandes destinations, fluidifier les déplacements et accompagner le tourisme intérieur. Ce dernier relie les aéroports aux destinations, les grandes villes aux stations balnéaires, les bassins émetteurs aux régions de montagne, les circuits culturels aux zones de séjour. À l’horizon 2030, son rôle sera encore plus sensible, car la hausse attendue des flux touristiques se traduira aussi par davantage de déplacements internes.
L
e Maroc dispose aujourd’hui d’un réseau autoroutier qui a profondément modifié la mobili- té nationale. L’axe Tanger-Rabat- Casablanca-Marrakech-Agadir a rap- proché les grands pôles économiques et touristiques. Les liaisons vers Fès, Oujda, El Jadida, Safi ou Béni Mellal ont élargi l’accès à d’autres territoires. Cette infrastructure a permis de sécuriser les trajets, réduire les temps de parcours et faciliter le développement des séjours en voiture, très importants pour le tou- risme national. La pression se concentre toutefois sur certains nœuds comme Casablanca qui reste le point critique. La métro- pole absorbe une partie importante des flux du pays : trafic quotidien, trans-
port de marchandises, déplacements professionnels, départs vers Marrakech, Agadir, El Jadida, Rabat ou l’intérieur. La mise en service de l’autoroute Tit Mellil-Berrechid, pour un coût de 2,5 milliards de dirhams, répond à cette logique de désengorgement. Elle per- met de mieux connecter le contour- nement de Casablanca aux axes vers Marrakech et Béni Mellal. Pour le tourisme, ce type de chantier a un impact concret. Un accès plus fluide vers Marrakech ou Agadir améliore l’ex- périence des visiteurs, mais aussi celle des Marocains qui voyagent pendant les vacances, les «ponts» ou les fêtes. Les temps d’attente aux abords des grandes villes, les ralentissements et les zones de congestion peuvent dégrader
À l’approche de 2030, les axes autour de Casablanca, Marrakech, Agadir ou Béni Mellal devront supporter des flux plus importants.
FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 46
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