C ONJONCTURE
Politique monétaire BAM mise sur une croissance de 5,2% en 2026
La Banque centrale maintient son taux directeur à 2,25%, tout en affichant sa confiance dans la capacité de l’économie marocaine à préserver une inflation maîtrisée et à consolider sa croissance.
Par ailleurs, le principal facteur de fra- gilité demeure le choc énergétique. Avec un prix moyen du Brent attendu à 92,3 dollars le baril cette année contre 68,1 dollars en 2025, la facture énergé- tique du Maroc grimperait de 26% pour atteindre 135 milliards de dirhams. Cette hausse, combinée à l’augmenta- tion des importations de biens d’équi- pement, entraînerait un élargissement du déficit du compte courant à 4% du PIB en 2026, avant une légère améliora- tion en 2027. En contrepartie, plusieurs moteurs des recettes extérieures continueraient de bien se comporter. Les exportations automobiles poursuivraient leur pro- gression pour atteindre 190,8 milliards de dirhams en 2027, tandis que les ventes de phosphate et de ses dérivés bénéficieraient de la fermeté des prix internationaux. Les recettes touristiques conserveraient leur dynamique, pas- sant de 138,6 milliards de dirhams en 2025 à 161,1 milliards en 2027, alors que les transferts des Marocains résidant à l’étranger devraient approcher les 130 milliards de dirhams. Les réserves offi- cielles de change continueraient ainsi de se renforcer pour atteindre 542 mil- liards de dirhams, soit l’équivalent de plus de six mois d’importations de biens et services. Sur le plan budgétaire enfin, Bank Al-Maghrib relève une progression de 8% des recettes ordinaires au cours des cinq premiers mois de l’année, mais aussi une hausse plus rapide des dépenses publiques, notamment sous l’effet des charges de fonctionnement et du coût de la dette. Malgré l’ouverture de 20 milliards de dirhams de crédits supplémentaires par le gouvernement, le déficit budgétaire devrait néanmoins se réduire progressivement pour s’éta- blir à 3,4% du PIB en 2026, puis 3,3% en 2027. Dans ce contexte, la Banque centrale considère que le maintien du taux direc- teur à 2,25% offre le meilleur équilibre entre soutien à l’activité économique et préservation de la stabilité des prix, tout en se réservant la possibilité d’ajuster sa politique monétaire en fonction de l’évolution de la conjoncture.
L
en glissement annuel au mois de mai, alimentant une poussée de l’inflation importée. Pour autant, Bank Al-Maghrib ne pré- voit pas de dérapage durable des prix. Après avoir évolué autour de 0,8% au cours des deux dernières années, l’in- flation atteindrait 1,5% en moyenne en 2026, avant de s’établir à 2,1% en 2027. Quant à l’inflation sous-jacente, elle resterait exceptionnellement faible cette année, à 0,2%, avant de remonter à 2,9% l’année suivante avec la dispa- rition des effets favorables observés sur certains produits alimentaires, notam- ment l’huile d’olive, et le renforcement des pressions inflationnistes importées. Les anticipations des opérateurs finan- ciers restent, elles aussi, relativement bien ancrées, à 2,2% sur les horizons de huit et douze trimestres. L’agriculture en locomotive Sur le front de l’activité économique, les perspectives demeurent favorables. Après une progression estimée à 4,9% en 2025, la croissance nationale devrait atteindre 5,2% en 2026, avant de revenir à 3,1% en 2027, sous l’effet d’un retour à une campagne agricole plus proche de la moyenne. Cette performance repose d’abord sur une excellente saison agri- cole, avec une récolte céréalière estimée à 90 millions de quintaux, permettant à la valeur ajoutée du secteur de bon- dir de 16% cette année. En parallèle, les activités non agricoles s’établiraient autour de 4,2% en 2026 et en 2027, après 4,5% en 2025. Les conditions monétaires accompa- gneraient cette reprise. Le crédit ban- caire au secteur non financier accélé- rerait à 6,8% en 2026 contre 4,8% un an auparavant, porté par le regain de l’investissement et de l’activité éco- nomique. Le besoin de liquidité des banques continuerait néanmoins de se creuser, conséquence notamment de la progression de la circulation fiduciaire.
e Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) a décidé de mainte- nir son taux directeur à 2,25%, privilégiant le statu quo dans
un contexte international marqué par une montée des risques géopolitiques et un regain des tensions inflationnistes. Si le conflit au Moyen-Orient renchérit les coûts de l’énergie et perturbe les chaînes d’approvisionnement mondiales, la Banque centrale estime que l’inflation au Maroc restera compatible avec son objectif de stabilité des prix, tandis que la croissance économique devrait pour- suivre son redressement. Cette com- binaison d’une inflation maîtrisée et d’une activité en amélioration justifie, selon BAM, le maintien de l’orientation actuelle de la politique monétaire. L’institution monétaire souligne toute- fois que l’environnement économique demeure entouré d’une forte incerti- tude. La récente désescalade entre les Etats-Unis et l’Iran pourrait contribuer à une normalisation progressive du trans- port maritime, mais les effets du conflit continuent de peser sur l’économie mondiale. Au Maroc, ces tensions se traduisent déjà par une augmentation sensible de la facture énergétique et des prix des carburants, en hausse de 27,6%
Le déficit budgétaire
devrait se réduire progressivement pour s’établir à 3,4% du PIB en 2026.
FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 6
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