Hors Se<0301>rie 51 Final

T OURISME

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ceux classés 1, 2 et 3 étoiles. Dans plusieurs destinations touristiques, cette situation se traduit par une pression économique per- sistante qui affecte durablement la viabilité et la stabilité de nombreux établissements. Cette situation est d’autant plus préoccu- pante que ces hôtels constituent une com- posante essentielle du tissu touristique national. Présents dans les centres-villes, les médinas, les destinations historiques ou les zones touristiques secondaires, ils jouent un rôle important dans l’animation économique locale, l’emploi et la diversifi- cation de l’offre d’hébergement. Pourtant, une partie importante de ces structures fonctionne aujourd’hui avec des équilibres financiers extrêmement fragiles, souvent dépendants d’une activité saisonnière et de niveaux de rentabilité limités. La crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 a fortement aggravé cette situa- tion. Durant les périodes de fermeture et de ralentissement des voyages interna- tionaux, de nombreux petits hôtels ont accumulé des dettes importantes pour faire face aux charges fixes, aux salaires et aux remboursements bancaires. Plusieurs professionnels du secteur ont alerté ces dernières années sur des risques réels de cessations d’activité, tandis que certains établissements ont connu des difficultés de trésorerie suffisamment importantes pour provoquer des coupures temporaires d’eau ou d’électricité. Malgré la reprise du tourisme international, de nombreux petits établissements hôteliers peinent encore à retrouver un équilibre finan- cier durable, en raison notamment de la hausse des coûts énergétiques, de l’in- flation générale, de l’augmentation des charges sociales et des besoins croissants de rénovation, qui continuent de peser for-

où le marketing digital, la gestion des plate- formes de réservation, le référencement en ligne, la gestion des avis clients et le yield management constituent désormais des leviers indispensables de compétitivité. Et ce, au moment où de nombreux petits hôtels indépendants ne disposent pas des compétences spécialisées ni des moyens financiers nécessaires pour engager effi- cacement cette transition. Dans ce cadre, la situation de l’hôtellerie économique au Maroc apparaît davantage comme une crise structurelle que conjoncturelle, dans la mesure où malgré les performances his- toriques du tourisme national, les béné- fices de cette croissance restent concen- trés sur les établissements capables de se moderniser et de monter en gamme. Tandis que les hôtels économiques conti- nuent de faire face à une faible valorisation de leur offre, à des marges réduites et à des contraintes durables limitant leur capacité à tirer pleinement parti de la dynamique touristique actuelle. F. N. H. : Quelle est l’ampleur réelle du phénomène ? Z. B. : L’ampleur des difficultés rencontrées par les petits hôtels au Maroc dépasse le cadre de fragilités isolées pour s’inscrire dans une réalité plus structurelle et large- ment répandue. En l’absence de données officielles détaillées par catégorie hôte- lière, plusieurs indicateurs et tendances du marché suggèrent néanmoins une vul- nérabilité significative d’une partie impor- tante des établissements indépendants de petite et moyenne capacité, en particulier

Une part importante des petits hôtels indépendants, notamment ceux classés 1, 2 et 3 étoiles, continue

de gamme poursuit une trajectoire éga- lement positive avec les hôtels 4 étoiles, enregistrant un taux d’occupation de 61% (+5%), une recette moyenne de 894 dirhams (+11%) et un RevPAR de 549 dirhams (+17%). Et ce, avec des perfor- mances particulièrement élevées dans certaines destinations comme Agadir où le taux d’occupation atteint 89%, confirmant ainsi la dynamique de reprise et la capacité de ce segment à capter une demande tou- ristique en croissance. La situation des petits hôtels économiques reste nettement plus fragile, malgré une amélioration apparente des indicateurs, avec un taux d’occupation en hausse de 16% pour atteindre 52% et un RevPAR en progression de 24% à 267 dirhams. Tandis que la recette moyenne par chambre demeure limitée à 508 dirhams (+7%), ce qui traduit une dynamique fondée davan- tage sur l’augmentation des volumes que sur la valorisation des prix. Cette tendance est particulièrement visible à Casablanca, où le taux d’occupation atteint 56% (+24%) et le RevPAR progresse de 30%, sans que la recette moyenne ne dépasse 474 dirhams, alors que dans d’autres zones les performances stagnent, avec une rentabi- lité faible. Cette situation s’explique prin- cipalement par une sous-capitalisation structurelle limitant les capacités d’inves- tissement, de modernisation et d’adap- tation aux standards internationaux. Ce qui laisse une partie importante de ces établissements avec des infrastructures et des niveaux de service qui ne répondent plus pleinement aux attentes actuelles des voyageurs. À ces contraintes s’ajoutent les enjeux liés au capital humain et à la transformation numérique du secteur, dans un contexte

de rencontrer des difficultés structurelles persistantes.

Le véritable enjeu pour les prochaines années sera de rendre Cap Hospitality plus inclusif et davantage adapté aux réalités de la petite hôtellerie marocaine.

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FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 66

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