T OURISME
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ting numérique, la gestion des plateformes de réservation, le référencement en ligne, les outils de réservation directe, le revenu management ou encore la gestion de l’e- réputation. L’objectif serait de permettre aux petits établissements de réduire leur dépendance excessive aux intermédiaires internationaux, tout en améliorant leur visibilité commerciale. Cette transition devra toutefois être financièrement acces- sible afin d’éviter d’accentuer les écarts existants entre les grandes chaînes et les opérateurs indépendants. La deuxième réforme prioritaire porte sur le financement et la rénovation du parc hôtelier de moyenne et petite catégorie. Une partie importante des hôtels maro- cains souffre aujourd’hui du vieillisse- ment des infrastructures, du manque de modernisation et d’une faible efficacité énergétique. Plusieurs établissements ont besoin de restructuration financière après les difficultés accumulées durant les der- nières années. Le développement de fonds dédiés à la rénovation, d’aides à l’efficacité énergétique, de mécanismes de refinan- cement ou encore de crédits à long terme pourrait permettre d’éviter le déclas- sement progressif d’une partie du parc hôtelier national. Cette modernisation est essentielle pour maintenir des standards compétitifs face à une concurrence inter- nationale de plus en plus exigeante. La troisième réforme concerne la régu- lation du marché de l’hébergement tou- ristique. L’objectif n’est pas de freiner les nouvelles formes d’hébergement, ni les plateformes numériques qui font désor- p
mais partie intégrante de l’économie tou- ristique mondiale. En revanche, plusieurs pays touristiques ont progressivement ins- tauré des règles visant à rééquilibrer les conditions de concurrence entre hôtels classés et hébergements commerciali- sés via les plateformes numériques. Des villes comme Barcelone, Lisbonne ou Amsterdam ont renforcé les obligations déclaratives, fiscales et réglementaires applicables aux locations touristiques de courte durée. Le Maroc pourrait s’inspirer de ces expé- riences afin d’assurer une concurrence plus équilibrée en matière de fiscalité, de sécurité, de conformité et de transpa- rence. Le développement du tourisme col- laboratif ne doit pas se faire au détriment des établissements classés qui supportent des obligations réglementaires, sociales et fiscales beaucoup plus importantes. Une meilleure régulation permettrait de pré- server l’équilibre global du secteur tout en garantissant une qualité minimale de l’offre touristique nationale. Enfin, au-delà de ces trois grandes réformes, la question du capital humain restera absolument centrale. Les pays tou- ristiques les plus performants investissent massivement dans la formation conti- nue, la professionnalisation des métiers et l’accompagnement des petites entre- prises touristiques. Les petits hôtels maro- cains auront eux aussi besoin d’un soutien important en matière de gestion, de quali- té de service, de langues, de management et de transformation numérique. C’est à cette condition qu’ils pourront pleine- ment profiter de la dynamique touristique exceptionnelle que connaît actuellement le Maroc et éviter une marginalisation progressive au sein du marché touristique national.
Le véritable défi pour les petits hôtels marocains est de réussir leur propre transformation.
leur propre transformation. L’enjeu porte désormais sur la capacité des établisse- ments à moderniser leur offre, renforcer leur présence digitale, améliorer leur qua- lité de service et développer une identité différenciante dans un marché touristique devenu beaucoup plus concurrentiel, flexible et mondialisé. F. N. H. : Quelles sont les trois réformes prioritaires que vous préconisez pour redresser la situation des petits hôtels au Maroc ? Z. B. : Le redressement durable des petits hôtels au Maroc passera nécessairement par une transformation profonde de leur modèle économique et de leur niveau de compétitivité. À l’heure où le Royaume ambitionne de devenir l’une des grandes destinations touristiques mondiales à l’horizon 2030, la question de la moderni- sation de la petite hôtellerie devient straté- gique. Plusieurs pays touristiques perfor- mants, comme l’Espagne, le Portugal ou encore la Turquie, ont justement réussi à renforcer leurs petites structures hôtelières grâce à des politiques publiques ciblées combinant digitalisation, financement et accompagnement opérationnel. La première réforme prioritaire concerne clairement la transformation digitale des petits hôtels indépendants. Aujourd’hui, la visibilité numérique conditionne direc- tement la capacité d’un établissement à attirer une clientèle internationale. Les voyageurs réservent essentiellement en ligne, comparent instantanément les prix et accordent une importance décisive aux avis clients et à la réputation digitale. Le Maroc gagnerait ainsi à mettre en place un programme national massif de digi- talisation de la petite hôtellerie. Celui-ci pourrait intégrer la formation au marke-
Une partie importante des petits hôtels souffre d’un déficit d’accompagnement technique, commercial et numérique.
FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 70
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